Journal du maire Labeaume en 2050

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(Québec) 3 février

Aujourd'hui, j'ai dû répéter aux journalistes que je n'envisage pas de quitter la mairie, même si j'aurai bientôt 94 ans, l'âge officiel de la retraite.

Qu'est-ce qu'ils croient, ces idiots? Que je suis le seul à vieillir? Même le Carnaval a pris le virage «aîné», après avoir réalisé que le froid nuisait à l'achalandage. Désormais, les parades de nuit ont lieu l'été, pour plus de confort.

Comme disait l'autre: je serai maire jusqu'à ma mort. Après, je ferai autre chose. Sénateur, peut-être?

18 mars

Par hasard, je suis tombé sur le résumé d'un colloque sur la ville de l'avenir, qui se déroulait à l'Université Laval, le 10 mars 2015. Il était question de freiner l'étalement urbain. De densifier les quartiers centraux. Bla-bla-bla.

Trente-cinq ans plus tard, on ne sait même plus où se trouve le centre-ville de Québec. Et l'agglomération continue de s'étendre comme une tache d'huile.

Cent ans que ça dure. Et on voulait que j'inverse la tendance? Autant s'opposer au mouvement des marées!

Il n'y a qu'une chose que les Québécois aiment davantage que la banlieue, c'est de râler sur la température.

Hier, j'ai entendu un humoriste dont j'oublie le nom.

«J'ai bien profité de l'été, l'an dernier, à Québec, disait-il. Si je me souviens bien, c'était un mardi.»

20 mars

Vers 1950, le seul embouteillage connu, c'était celui des boissons gazeuses. Aujourd'hui, nos routes sont plus congestionnées qu'un enfant très enrhumé qui refuse de se moucher.

Immobilisé sur l'autoroute

Marcel-Aubut, j'ai soudain été effleuré par un doute, ce qui m'arrive très rarement.

Aurions-nous pu faire plus pour les automobilistes, qui constituent les trois quarts de l'électorat?

Dès 2014-2015, nous avons largué le tramway. Nous avons élargi les autoroutes. Nous avons refusé de nouvelles voies réservées. Nous avons reporté l'autobus rapide. Nous avons aussi contenu le développement des pistes cyclables.

Oui, que faire de plus? Augmenter la vitesse des piétons?

Tiens, cela m'inspire un slogan électoral : «Sur la route du succès, il n'y a jamais d'embouteillage.»

22 août

De temps en temps, je parle du retour des Nordiques.

Ça marche toujours. Mais l'an dernier, la Ligue nationale nous a porté un coup terrible, avec l'octroi de franchises à Mexico et Honolulu.

Une humiliation. Une vraie.

Pourtant, la vie continue. Notre amphithéâtre, surnommé le «détecteur de fumée», aura bientôt 35 ans. Il faut le remettre aux normes de la LNH. Du coup, ça me permet de répéter que si une équipe veut déménager, nous sommes prêts. 

Sûr que cela suffira à réenflammer la Nordique Nation. 

Finalement, Clotaire avait peut-être raison. Québec est une paranoïaque qui souffre d'un com-plexe d'infériorité.

Elle craint que personne d'important ne lui en veuille...

24 septembre

Vous connaissez l'histoire de la grenouille plongée dans une casserole?

Si on chauffe l'eau très doucement, elle ne s'aperçoit de rien. Jusqu'à ce qu'elle soit bouillie.

Le trafic, c'est pareil. 

Au début, tu ne t'aperçois pas trop. Et puis un jour, tu réalises que tu passes la moitié de ta vie dans ton char.

Il y a quelques années,on croyait que l'arrivée des automobiles intelligentes allait tout changer. À présent, même ces merveilles qui roulent sans conducteur n'arrivent plus à s'en sortir.

Tu te rends compte que la situation est critique le jour où même ton automobile intelligente fait une crise de rage au volant. Hier, j'ai entendu la mienne qui marmonnait : «Le stationnement est si rare qu'il vaudrait mieux s'acheter une voiture déjà stationnée.»

30 décembre

Après 12 victoires consécutives, je déborde encore de projets.

Je rêve d'une tour de 95 étages, pour mes 95 ans. Enfin un legs à ma hauteur, qui ne serait pas dépassé de sitôt. Sauf que j'ai joué à fond la carte de l'orgueil régional, en 2015, pour mon Phare de 65 étages. Pourrais-je refaire le coup?

Parfois, on me demande pourquoi je n'ai pas recruté un dauphin? Ou une équipe à ma mesure?

Je me sens alors comme Frank Lane, le directeur général des Brewers de Milwaukee, en 1972. Pendant des mois, on lui avait demandé pourquoi il n'échangeait pas de joueurs, pour améliorer son équipe de misère.

Il avait fini par répondre : «Nous ne voulons pas affaiblir le reste de la ligue.»

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