Par la bouche de ses canons

Le 16 octobre 1690, l'amiral Phips et sa... (Illustration fournie par le Musée de la civilisation)

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Le 16 octobre 1690, l'amiral Phips et sa flotte étaient défaits devant Québec. Les Fêtes de la Nouvelle-France, faute de budget, ont dû renoncer à souligner le 325e anniversaire de la bataille.

Illustration fournie par le Musée de la civilisation

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(Québec) Le 16 octobre 1690, l'amiral Phips pointe devant Québec avec une flotte de 32 navires.

Il envoie un émissaire pour rencontrer Frontenac. Celui-ci sera conduit au Château Saint-Louis, mais on le fera d'abord promener dans les rues de la ville, les yeux bandés, à travers la clameur de la foule.

On veut ainsi masquer l'infériorité numérique des Français. Un bel exemple de guerre psychologique.

Phips donne à Québec une heure pour se rendre et son émissaire tire une montre de sa poche pour montrer son sérieux.

Homme fier et bouillant, Frontenac est outré et voudrait pendre sur-le-champ l'émissaire anglais. L'archevêque Mgr de Laval le convaincra de se calmer. 

À l'émissaire qui veut une réponse écrite, Frontenac répond ce que vous savez : «Je n'ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons et de mes mousquets.»

La bataille s'engage le surlendemain et durera trois jours. 

Un tir français atteindra le mât du drapeau anglais qui tombe à l'eau. Les hommes de Frontenac iront le récupérer en canot dans la mitraille des mousquets anglais.  

Avant de se retirer, Phips tente de débarquer à Pointe-Lévy, mais sera repoussé. 

L'opération de Phips avait été financée par des bonds en pariant sur le butin espéré de la prise de Québec. Elle sera un échec financier et militaire. 

Cette bataille de 1690 est restée dans l'ombre de celle des Plaines en 1759, mais elle nourrit les spéculations sur la survie du français en Amérique, si Québec était tombée ce jour-là.   

Les Fêtes de la Nouvelle-France souhaitaient en souligner le 325e anniversaire cet été par une grande reconstitution sur terre et sur le fleuve.

Le dg Stéphan Parent a dû y renoncer, faute de budget pour se payer des grands voiliers.

Il mise désormais sur 2017 en espérant profiter de l'argent des fêtes des 150 ans du Canada et de la présence annoncée de grands voiliers.

Je comprends la stratégie de M. Parent, aller chercher l'argent là où il est.

J'ai cependant été agacé à l'idée que cette bataille soit récupérée dans les célébrations d'un acte fondateur du Canada survenu deux siècles plus tard.

M. Parent assure ne «pas avoir eu de call des conservateurs» et que «la question politique ne nous appartient pas». 

Si 2017 sert uniquement à commémorer le 150e du Canada, la Nouvelle-France n'a pas sa place, croit-il. Mais si 2017 veut célébrer le Canada, alors oui. «Il faut de l'histoire et du contexte.»

L'ennui, c'est qu'on ne sait plus trop ce que le Canada de Stephen Harper veut célébrer en 2017.

Va pour les 150 ans de la Constitution et les conférences qui y ont mené, dont celle de Québec en 1864.

Mais le reste laisse perplexe. Le site Web des fêtes de 2017 aligne les commémorations préliminaires et contemporaines : 

- les 50 ans du drapeau; les 200 ans de la naissance de John A. Macdonald, les 175 de celle de Wilfrid Laurier; le centenaire du droit de vote des femmes; des anniversaires de batailles des deux grandes guerres, dont le centenaire de celles de Vimy et de Passchendaele; les 125 ans de la Coupe Stanley et les 100 ans de la Ligue nationale de hockey.

***

Y a-t-il une place dans ce fatras des fiertés canadiennes pour la bataille de Québec 1690?

J'étais curieux d'entendre l'historien Denis Vaugeois. Libre penseur et sensible au sens des choses, il avait reproché le manque d'histoire dans les Fêtes du 400e.  

J'aurais dû me douter de sa réponse. 

«Pas de problème avec l'étiquette du 150e», dit-il.  Il croit même que c'est une «bonne idée».

Cette bataille est «un matériau intéressant; on a besoin de garder conscience de l'histoire; il faut expliquer l'importance du français». En d'autres mots, saisir chaque occasion pour raconter l'histoire.

Je veux bien. 

Ce que j'ai lu et relu sur cette bataille ces jours-ci m'a donné le goût d'en apprendre davantage. 

Je persiste à trouver que ce serait étirer beaucoup l'élastique du 150e que d'y placer la bataille de 1690, mais si c'est le prix à payer, alors soit.

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