Communications 101 au PLQ

Philippe Couillard a rappelé à l'ordre mardi ses ministres... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Philippe Couillard a rappelé à l'ordre mardi ses ministres qui se sont barré les pieds avec des déclarations maladroites ou erronées au cours des dernières semaines.

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(Québec) La compétence et le dévouement ne sont pas suffisants pour réussir en politique. Le meilleur politicien au monde n'ira nulle part s'il est incapable de communiquer efficacement. D'où le rappel à l'ordre lancé mardi par Philippe Couillard à ses ministres qui se sont barré les pieds avec des déclarations maladroites ou erronées au cours des dernières semaines. D'où également cette interdiction aux ministres de parler aux journalistes en début de journée.

Les critiques ont crié à la harperisation des communications. Nous n'en sommes pas là, et Philippe Couillard a raison de faire valoir à quel point il est disponible pour les médias. Alors que Jean Charest nous envoyait promener gentiment avec une bonne blague, Couillard met tout le temps et toutes les nuances nécessaires pour répondre à nos questions. Il lui est arrivé de faire des déclarations controversées. Malgré cela, il n'a pas trahi la promesse faite à la presse parlementaire de demeurer disponible pour les médias.

On constate néanmoins que les incidents des dernières semaines et les déclarations des Yves Bolduc, Robert Poëti et Kathleen Weil ont causé la panique au bureau du premier ministre. Le gouvernement serait-il en train de subir le même sort que Pauline Marois, qui a pris ses distances des médias après quelques accidents de parcours? Ce serait une erreur.

On l'a vu vendredi à la conférence de presse suivant la nomination de François Blais à l'Éducation, il est possible de répondre aux questions des journalistes quand on connaît ses dossiers, qu'on a fait les recherches qui s'imposent sur les sujets délicats, et qu'on ne s'aventure pas sur les questions hypothétiques. Quand Kathleen Weil a commenté l'embauche possible d'un intégriste dans son bureau, elle répondait à une question hypothétique. Quand Yves Bolduc a parlé des fouilles à nu, il a utilisé une ligne de presse autorisée par le bureau du premier ministre, mais sur une question qui commandait plus de réflexion. Quant à Robert Poëti, il s'est laissé entraîner sur un sujet qui ne relevait pas de sa compétence.

Les élus ont non seulement le droit mais également le devoir de prendre le temps de s'informer et de réfléchir avant de commenter l'actualité. François Blais, le nouveau ministre de l'Éducation, a eu droit à deux questions délicates vendredi matin: croit-il que les universités sont sous-financées et entend-il rompre son lien d'emploi avec l'Université Laval pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts? Deux questions auxquelles il a répondu en y mettant les nuances et les précisions nécessaires pour éviter de se mettre les pieds dans les plats. Il n'est pas à l'abri d'erreurs. Mais il a démontré, tout comme dans son ancien mandat, qu'il peut commenter des dossiers controversés sans s'égarer dans des propos maladroits.

Les communications comptent parmi les outils les plus importants d'un gouvernement. Communiquer efficacement, c'est savoir expliquer ses objectifs et justifier les moyens utilisés pour y parvenir. Le bureau de Philippe Couillard n'avait pas besoin de se couvrir de ridicule en interdisant à tous les ministres de parler aux journalistes à l'entrée du caucus. Il aurait suffi de leur faire comprendre qu'ils n'avaient pas besoin de céder aux pressions et aux besoins de l'information continue et des médias sociaux. Un gouvernement transparent n'a pas besoin de «nourrir la bête» à toute heure de la journée. La transparence, c'est dire la vérité et donner l'heure juste. On ne rend pas service à l'information en disant n'importe quoi et en corrigeant le tir deux heures plus tard.

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