«Think Big» à Labeaumeville

Le maire Régis Labeaume a déjà assuré que la... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Le maire Régis Labeaume a déjà assuré que la ville de Québec était «incontournable» pour la Ligue nationale de hockey.

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(Québec) Régis Labeaume n'est pas du genre à mettre le feu. Il fournit seulement les allumettes, le petit bois et le bidon d'essence.

Prenez l'éventuel retour des Nordiques, par exemple. 

En mars 2011, le maire assurait que la ville de Québec était «incontournable» pour la Ligue nationale de hockey. En octobre 2013, il avait le feeling que le club serait bientôt de retour. L'automne dernier, il faisait même visiter les vestiaires de l'amphithéâtre en s'exclamant, tel le parfait petit cireur de chaussures du commissaire Gary Bettman : «On est vraiment NHL Full Proof!» 

Mais n'allez surtout pas croire que Régis Labeaume promettait quoi que ce soit. Ça, non!

À bien y penser, les déclarations de M. le maire ressemblent aux garanties bidon des appareils électroménagers bon marché. Il y a presque toujours une petite phrase, en caractères minuscules, qui contredit le reste.

Mais n'allez pas répéter cela à M. Labeaume. Il vous accuserait de petitesse. Ou pire, il vous cataloguerait parmi l'opposition, un mot de 10 lettres qui produit sur lui le même effet que la pleine lune sur les loups-garous.

En résumé, Régis Labeaume n'a jamais promis le retour des Nordiques. Pas plus qu'il n'a promis un TGV ou un tramway.

Avec lui, dès qu'une balloune se dégonfle, une autre apparaît aussitôt. C'est magique. Avez-vous encore en mémoire l'époque où il voulait cacher la laideur du complexe G derrière des tours «artistiques»? 

Le lundi, le maire rêve d'un transport en commun du XXIIIe siècle. Le vendredi, il veut élargir les autoroutes, comme en 1970. Le matin, il place le centre-ville dans Sainte-Foy. Le soir, il le ramène à Québec.

Des fois, en entendant M. le maire se contredire à gogo, on finit par se poser des drôles de questions. Du genre : «Il se prend pour Marcel Aubut, ou quoi?»

Mais trêve de perfidies. Oublions un peu les Nordiques.

Car ces jours-ci, M. Labeaume s'est trouvé un autre hochet. Son nouveau péché mignon, ce sont les gratte-ciel en forme de phare. Même qu'il en rêve un peu partout.

Docteur, est-ce grave?

En 2009, la Ville s'extasiait pour un projet de tour de 33 étages, dans le secteur D'Estimauville. Le maire voulait qu'elle soit coiffée d'une oeuvre d'art symbolisant un phare. En 2012, Québec annonçait la construction d'un «futur phare de la technoculture de 16 étages», dans le quartier Saint-Roch. Et je vous laisse deviner le nom du projet d'hôtel-appart de 33 étages, à côté de l'amphithéâtre, dévoilé en mai 2014. C'est pourtant simple : «Le phare à l'entrée du centre-ville».

Mais tous ces projets ne constituaient que des hors-d'oeuvre, en comparaison du Phare de Québec, la tour de 65 étages, dont on vient d'annoncer la construction, à la tête des ponts.  

D'emblée, la vidéo de présentation du tout dernier phare vaut son pesant d'or. 

Faut-il insister sur le fond musical aussi subtil qu'un concert de casserolles donné par un trio de gorilles sourds? À moins que vous ne préfériez les appels tonitruants à la fierté et à la grandeur régionales? On jurerait que les créateurs tentent de séduire une tribu rongée par un complexe d'infériorité. Il est même question «d'assouvir nos désirs de grandeur». Rien de moins. 

À la fin, emporté par tant de grandiloquence, on a presque envie de partir à la conquête du Nouveau-Brunswick ou du Maine.

***

Non, les promesses de Régis Labeaume ne sont pas toujours évidentes.

À charge pour les bonnes gens de Labeaumeville de s'adapter à ses volte-face et à ses changements d'humeur aussi imprévisibles que le nombre de plombages dans la bouche d'un crocodile sacré centenaire. 

Aujourd'hui, le maire se pâme pour un projet de tour de 65 étages à la tête des ponts, dans Sainte-Foy. 

Il y a deux ans, c'était le contraire. «[...] On ne décidera pas la ville en fonction de la volonté des promoteurs», déclarait-il au Soleil, le 15 janvier 2013. «On va décider la ville en fonction des gens qui habitent dans la ville. Alors le zonage, c'est 13 ou 15 étages, et ça ne bougera pas.»

Le mot de la fin est emprunté à Charles Darwin, qui disait : «Le mathématicien est un aveugle cherchant dans une chambre totalement obscure un chat noir qui n'existe pas.»

À ne pas confondre avec Régis Labeaume, le maire qui cherche dans une chambre totalement obscure un chat noir qui n'existe pas et qui s'écrie soudain : «Je l'ai!»

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