Et si elle eut été musulmane...

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(Québec) Indépendamment de la controverse politique sur la fouille à nu d'une élève de 15 ans à Québec, comment aurait-on traité cette histoire s'il s'était agi d'une élève musulmane voilée? Une élève qui aurait refusé la fouille pour des raisons religieuses... et qui aurait obtenu gain de cause! Je vous parie que nos gérants d'estrade auraient crié au meurtre, qu'ils auraient dénoncé cet accommodement raisonnable et qu'ils auraient réclamé que l'on déshabille la malheureuse.

Je vous parie aussi que les députés de l'opposition auraient sauté sur l'occasion pour faire porter le blâme à Philippe Couillard et lui reprocher son retard à établir des balises pour encadrer les demandes d'accommodements.

Si je vous lance sur cette hypothèse, c'est pour illustrer à quel point l'actualité nous lance parfois dans toutes les directions, indépendamment du mérite de la chose, indépendamment aussi des lois et des chartes qui nous gouvernent.

Loin de moi l'idée de justifier ou de critiquer cette fouille sur une élève dans une école secondaire de la commission scolaire de la Capitale. Je n'en connais pas suffisamment les détails. Il me semble qu'il relève du gros bon sens que les parents soient prévenus par la direction d'une école avant de procéder à une «fouille à nu» de leur enfant, mais je n'irai pas plus loin pour le moment. Je mets toutefois des guillemets sur les mots «fouille à nu», parce qu'on assiste actuellement à un charriage collectif sur le sujet. Une vraie fouille à nu, en prison par exemple, ça ne se limite pas à une fouille des vêtements. Or le débat politique et journalistique actuel donne l'impression qu'on a fait vivre le traumatisme des femmes d'Unité 9 à une élève de 15 ans. 

Le bon docteur Bolduc, qui n'en rate jamais une, a plongé une fois de plus dans le piège des déclarations maladroites en affirmant que la fouille à nu était acceptable si elle était menée de façon respectueuse. Sa déclaration a fait les manchettes en Europe et même en Turquie! 

Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi certains politiciens sont tellement empressés de répondre aux questions sur des sujets délicats. Mais je constate que leur empressement les amène parfois à réagir avant même de mesurer adéquatement les considérations légales et politiques des questions soulevées.

Quoi qu'il en soit, la tournure prise par cette controverse dans le contexte du débat sur l'intégrisme devrait nous amener à un petit examen de conscience : nous sommes beaucoup plus soucieux du respect de nos droits lorsqu'il s'agit de «nous», les soi-disant «pure laine», que lorsqu'il s'agit des droits des autres... Ce qui m'amène à dire qu'il ne sera pas simple de rédiger les balises réclamées par l'opposition pour aider les municipalités et les commissions scolaires à réagir aux demandes d'accommodements.

Dans le vestiaire

On entend bien des choses dans les vestiaires des centres sportifs... Ce matin, l'ami Bob (nom fictif) nous a fait son édito de la semaine en prenant sa douche :  il est scandalisé de voir l'Université du Québec s'inquiéter des effets de la hausse des droits de scolarité pour les étudiants français. «Si certaines universités n'ont pas assez d'étudiants pour justifier leur existence, qu'on les ferme», a lancé Bob. Sans lui donner totalement raison, il n'a pas tort en disant qu'il est ridicule de prétexter la survie de nos universités en région, pour justifier la générosité des droits de scolarité demandés aux étudiants français chez nous. Mettons que comme argument, ce n'est pas génial.

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