Le massacre de la Saint-Valentin

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(Las Vegas) Las Vegas, ville du vice et des mariages à 250 $ dans une chapelle d'Elvis, ne fait pas dans le romantisme fleur bleue.

Pour la fête des amoureux en fin de semaine, elle s'est offert des portes ouvertes au Musée de la mafia. Au menu, deux artefacts uniques: les mitraillettes du massacre de la Saint-Valentin.

La veille, le Musée avait tenu une collecte de sang. D'autres villes trouveraient le clin d'oeil de mauvais goût. Pas Las Vegas.

Le 14 février 1929, la bande d'Al Capone avait piégé une bande rivale dans une rue de Chicago. La fusillade avait fait sept morts. On retrouvait déjà au musée de Las Vegas les briques originales d'un immeuble de cette rue, avec les trous de balle.

Pour marquer son troisième anniversaire, le musée a fait venir les deux seules mitraillettes dont la preuve scientifique est faite qu'elles ont servi au massacre de la Saint-Valentin.

Il y avait foule, samedi, pour les voir au Musée national de la lutte au crime organisé, plus communément appelé Musée de la mafia (Mob Museum).

Ce musée loge dans le bâtiment historique de l'ancien palais de justice du centre-ville de Las Vegas.

C'est dans ce même immeuble que le sénateur Estes Kefauver a tenu en 1950 des audiences publiques sur le crime organisé. Sa tournée de 14 villes américaines fut la plus grande enquête jamais menée sur ce sujet.

De nombreux gangsters y avaient comparu, presque tous invoquant le cinquième amendement pour éviter de répondre.

Signe du fair-play du musée, la date anniversaire du début des audiences Kefauver fut aussi soulignée l'automne dernier par des portes ouvertes.

Pour l'anecdote, c'est dans ce palais de justice que l'ex-maire Oscar Goodman, mari de la mairesse actuelle, a représenté des membres de la mafia lorsqu'il était avocat de la défense.

M. Goodman fut par la suite un des instigateurs du musée et siège toujours à son CA.

***

Le «Mob Museum» a reçu des dizaines de prix et de distinctions pour sa qualité et son design.

On y retrouve des documents et photos d'époque, des archives vidéo, des pièces à conviction et des artefacts, des galeries de portraits de gangsters et de policiers, des aires interactives, des extraits de séries et de films inspirés par le crime organisé: Le Parrain, Gangster américain, Les incorruptibles, etc.

L'ex-agent du FBI Joseph Dominick Pistone, qui a inspiré le film Donnie Brasco, y a sa place. Pistone avait infiltré le clan Bonanno, à New York, à la fin des années 70.

Sa tête est toujours mise à prix, ce qui a forcé des mesures de sécurité particulières lorsque M. Pistone a témoigné à la commission Charbonneau en septembre 2012.

***

À travers l'histoire du crime, c'est aussi l'histoire de Las Vegas qu'on découvre. Celle de casinos contrôlés par la mafia, de la prostitution, de la vente d'alcool prohibée, etc. En trois ans, plus de 700 000 visiteurs y ont défilé.

Si vous passez par Vegas et finissez par vous lasser du vacarme des machines à sous et des décors faux de la Strip; du dédale inintelligible de ses hôtels géants et de ses intersections hostiles aux piétons; du manque de diversité de la Strip, qui concentre les usages au lieu de favoriser la mixité, comme dans les villes modernes soucieuses de développement durable.

Si vous en avez assez d'être harcelés sur les trottoirs de la Strip par des vendeurs de prostitution qui massacrent l'amour le jour de la Saint-Valentin (et tous les autres), je vous suggère un détour par le Musée de la mafia, lieu de mémoire de l'ambitieux et ambigu combat du bien contre le mal.

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