Parole de sage

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(Québec) «Si on pouvait réussir à améliorer la productivité de notre secteur public au sens large, y compris nos hôpitaux et nos universités, et à diminuer la bureaucratie, on pourrait engendrer des économies substantielles.»

Petit concours: qui donc tient de tels propos? François Legault, Gaétan Barrette, Martin Coiteux ou Philippe Couillard?

Réponse : aucun des quatre. C'est Louis Bernard, ancien grand commis de l'État depuis Jean Lesage jusqu'à Bernard Landry, souverainiste convaincu, et candidat à la direction du Parti québécois en 2005. La citation vient d'un livre publié chez Boréal à partir d'entretiens menés par l'historien Michel Sarra-Bournet.

L'intérêt des propos de Bernard tient au fait qu'ils s'inscrivent dans un contexte «d'austérité» ou de «rigueur budgétaire», où deux courants de pensée s'affrontent: ceux qui estiment que l'État peut faire plus avec moins, et ceux qui soutiennent que l'on risque d'appauvrir les services publics et les régions dans la démarche vers l'équilibre budgétaire.

Or selon Louis Bernard, il est faux de dire que les grandes missions de l'État comme la santé ou l'éducation souffrent de sous-financement. «Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation. Je ne pense pas que cela soit d'abord un problème de financement. Nous dépensons autant que d'autres pour notre système hospitalier, compte tenu de nos structures de salaires. Non, je crois que c'est une question d'organisation du travail.»

Louis Bernard reconnaît qu'il y a certains secteurs qui bénéficieraient d'un plus grand financement. Les ressources de première ligne, par exemple. Mais il estime qu'on devrait pouvoir le faire par des réallocations dans les budgets.

À ceux qui demandent des hausses d'impôts, il répond que la marge de manoeuvre est limitée. «Nous devrions être capables de gérer notre société avec le niveau de fiscalité actuel.»

Est-ce à dire qu'on a atteint les limites de l'État-providence? Non, répond Bernard, mais à la condition d'y aller selon nos moyens. «Heureusement, nous nous approchons du contrôle de notre situation budgétaire en étant en position d'équilibre, voire de surplus. Espérons que nous pourrons même, avec le temps, diminuer le poids de la dette. Peut-être pourrons-nous alors réaliser certaines choses qui nous sont impossibles à l'heure actuelle.»

Ces propos ne signifient pas que Bernard appuie les méthodes du gouvernement Couillard. Mais venant d'un tel expert, souverainiste par surcroît, ils feront les délices de Martin Coiteux dans ses répliques à l'Assemblée nationale.

Et la souveraineté?

Ce livre ne serait pas complet sans un regard sur la souveraineté. Bernard constate que le Parti québécois (PQ) a toujours été partagé entre son programme de gouvernement et son programme de souveraineté. Avec comme résultat que le PQ est devenu un «parti de gouvernement» qui y consacre tellement d'efforts «qu'il en reste peu pour la souveraineté».

Selon lui, le PQ «devrait devenir un parti souverainiste, point à la ligne, ni de gauche ni de droite». Dans les circonstances, dit-il, «il faut être patients. Mieux vaut attendre que le Québec soit vraiment mûr pour la souveraineté que d'essayer, parce qu'on panique à cause de la situation du français ou de quoi que ce soit d'autre, de provoquer une souveraineté qui ne serait pas suffisamment mûrie».

Faut-il en conclure que Martine Ouellet et Pierre Karl Péladeau ont raison de mettre la souveraineté à l'avant-plan? Peut-être. Mais sont-ils trop pressés? En vieux sage qu'il est, Bernard ne commente pas... pour le moment!

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