PKP: «rien que du patinage»

«Les gens me posent des questions: êtes-vous d'accord... (Photo Collaboration spéciale, Charles Laberge)

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«Les gens me posent des questions: êtes-vous d'accord avec Pierre Karl? Je ne peux même pas le savoir, il ne dit rien», estime Martine Ouellet.

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(Québec) Martine Ouellet est la seule femme à postuler la direction du Parti québécois, mais elle n'y va pas comme figurante. Elle ne fait pas dans la dentelle lorsqu'il s'agit de commenter la campagne de Pierre Karl Péladeau, le favori des parieurs.

«Les gens me posent des questions: êtes-vous d'accord avec Pierre Karl? Je ne peux même pas le savoir, il ne dit rien», explique la députée de Vachon qui a lancé dimanche sa campagne au leadership.

Martine Ouellet se veut plus «claire, transparente et sans détour» que ses adversaires. Elle s'engage à tenir un référendum au cours d'un prochain mandat. Quant à la position de Péladeau, elle déclare qu'à «part le poing levé et de dire qu'il veut l'indépendance, on ne sait rien d'autre».

Selon elle, c'est une attitude contre-productive: «Réaliser l'indépendance, ce n'est pas le travail d'un seul individu, c'est un mouvement qu'il faut créer. Et pour que les gens embarquent, il faut qu'ils sachent où ils s'en vont.»

Elle fait le même constat sur le syndicalisme. La semaine dernière, Péladeau a été interrogé sur sa position de 2010 dénonçant la formule Rand et l'exemption d'impôt pour les prestations de grève. Il a répondu qu'il était à l'époque dans une situation différente. «Sa réponse, c'était du patinage, c'était rien que du patinage, estime Martine Ouellet. On demande aux politiciens d'être francs, d'être directs, et ce qu'on a en face de nous, c'est du patinage à la grandeur.»

Le prétexte de l'inexpérience

La candidate s'oppose à l'argument de ceux qui prétextent le manque d'expérience de Péladeau en politique pour justifier son comportement. «Quand on embauche le pdg d'une entreprise, est-ce que l'inexpérience fait partie des avantages de l'embauche? Pas du tout. Là on embauche un chef ou une chef de parti. On ne peut pas plaider l'inexpérience. Moi, j'ai une grande expérience en négociation, ça, les gens le savent peu, mais j'ai négocié dans les plus gros contrats d'Hydro-Québec, des dizaines de milliards de dollars sur plusieurs années.»

Selon elle, il n'appartient pas seulement aux candidats à la direction du PQ de forcer Péladeau à montrer son jeu. «On peut bien essayer, et j'ai bien vu Alexandre et Bernard essayer, mais il n'a rien dit de plus, dit-elle. Il y a un travail à faire de la part des journalistes, pas seulement des candidats.» Elle reconnaît que le fait que Péladeau soit propriétaire d'une grande entreprise de presse «puisse en gêner certains». Elle estime que cela est «problématique» et que ce n'est pas sain: «Les journalistes ont un travail à faire, peu importe ce qui est à couvrir», insiste-t-elle.

Attention au «star-system»

Martine Ouellet met les péquistes en garde contre le «star-system» qui caractérise la campagne de Péladeau, selon elle. «On veut avoir un ou une chef au PQ qui est capable de faire face à la musique, de présenter ses arguments et sa vision. Parce que la course à la chefferie, c'est une pratique pour la suite des choses.»

Elle insiste pour dire qu'elle est dans la course pour gagner, et elle s'oppose à l'argument que l'échec de Pauline Marois, la première femme à la direction du PQ, puisse nuire à sa campagne. «Effectivement, le 7 avril, on a eu toute une leçon. Mais des hommes qui ont connu des échecs, il y en a eu plusieurs aussi. C'est drôle qu'on ne les nomme pas ceux-là. Parce que c'est une femme, on porte ça en exergue, je trouve que c'est un peu injuste.»

La candidate met les médias en garde contre les sondages qui prédisent une victoire facile de Pierre Karl Péladeau à la direction du PQ. «Ces sondages portaient principalement sur la notoriété. C'est sûr qu'il est très connu parce qu'il vient d'une famille qui a créé des symboles au Québec, très connu parce qu'il est le conjoint de... Je pense qu'il y a de ça dans la perception actuelle. C'est ce que j'appelle le star-system.»

Martine Ouellet insiste sur l'urgence de réunir les souverainistes: «Il faut que le Parti québécois arrête de diviser, de soustraire. Il faut qu'il commence à additionner. C'est assez clair avec les résultats du 7 avril, il faut réunir large. Et moi, j'ai cette capacité-là de pouvoir travailler avec des gens de l'ensemble du groupe souverainiste et indépendantiste, avec des gens de tous les milieux.»

Comment préparer le référendum qu'elle promet au premier mandat? «Il faut s'assumer. M. Parizeau était de l'école du "je suis souverainiste avant, pendant et après la campagne électorale". Sa démarche a toujours été très claire, et il nous a amenés à la presque victoire. Les fédéralistes ont triché, mais il a gagné le pouvoir et on a presque réussi à avoir un pays.»

Sur les autres enjeux, dont celui de la laïcité et de l'intégrisme, elle dévoilera sa position dans les prochaines semaines, mais elle estime qu'il aurait été possible de régler la question de la charte avec la CAQ.

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