La prière de l'imam Chaoui

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(Québec) Philippe Couillard déplore le fait qu'il n'y ait pas de place à la nuance dans les débats comme celui touchant la laïcité ou la neutralité de l'État, la lutte contre l'extrémisme, la radicalisation et le terrorisme. Le premier ministre a donné cette semaine l'exemple d'un catholique intégriste qui irait à la messe deux fois par jour et qui porterait le cilice pendant la fin de semaine. «Tant que cette pratique ne met pas en jeu les droits des autres, la sécurité des autres, les principes de société fondamentaux comme l'égalité hommes-femmes, cette pratique-là, à ce que je sache, personne ne songe à l'interdire.»

Le premier ministre en appelle donc à faire «une distinction très nette entre la question de l'intégrisme de pratique religieuse qui glisse au-delà de nos droits, de nos libertés, de nos valeurs et qui, là, devient de l'extrémisme qui peut mener parfois, malheureusement, à la violence».

Sur le plan de la sémantique, M. Couillard a raison. Mais comme on le voit dans le cas de l'imam Hamza Chaoui, il n'est pas toujours facile de faire la part des choses. L'imam tient un discours intégriste qui glisse clairement au-delà de nos droits, de nos libertés, de nos valeurs. Mais démontre-t-il de l'extrémisme qui peut mener à la violence? Ce n'est pas clair.

S'il n'y a pas de place à la nuance dans ce genre de débat, c'est peut-être parce qu'il n'y en a pas... Voilà pourquoi le gouvernement a l'obligation d'établir des règles. Sans quoi, ce sera toujours du cas par cas, comme il faudra le faire avec Chaoui.

Ne pas vendre la peau de l'ours

«Notre principal adversaire, c'est le cynisme de la population, qui ne nous croit plus», a déclaré François Legault cette semaine. C'est vrai. On ne croit plus les politiciens, même quand ils disent la vérité. 

Mardi, le premier ministre Couillard a déclaré que cette session serait celle «du retour à l'équilibre budgétaire après six déficits successifs». À moins de deux mois du dépôt du prochain budget, il a les données nécessaires en main pour afficher un tel optimisme. Mais avant d'applaudir, il faut savoir que c'est à la fin de l'exercice budgétaire, au printemps 2016, que l'on saura si l'objectif a véritablement été atteint. Et même s'il est atteint, il serait naïf de croire que le gouvernement aura ensuite les moyens de réinvestir dans les missions de l'État qui écopent des coupes budgétaires cette année.

Ce qu'a fait le premier ministre, mardi, c'est de tenter d'insuffler de l'espoir chez les Québécois. C'est normal. Mais pour atteindre son objectif, le gouvernement devra se montrer à la hauteur et combattre le cynisme dont parle François Legault.

Ce que l'on attend des élus, ce n'est pas seulement d'équilibrer les finances, mais plus encore, de gouverner avec transparence et compétence.

À court terme, le premier défi du gouvernement Couillard sera de parvenir à un accord pour le renouvellement des conventions collectives des employés de l'État. À lui seul, le gel salarial de deux ans demandé aux fonctionnaires illustre à quel point l'équilibre budgétaire promis à compter de 2015 n'est pas la fin de l'austérité. Philippe Couillard se montre confiant, mais il ne faudrait pas vendre la peau de l'ours, avant de l'avoir... attrapé.

Charbonneau

La commission Charbonneau demande un délai de sept mois. Il me semble que trois ou quatre mois de plus, ce serait un compromis acceptable. Trois mois, ça tombe en juillet... pas très bon du côté des communications, sauf pour un gouvernement qui veut enterrer le rapport. Je suggère donc quatre mois.

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