L'année noire du PQ... était-ce inévitable?

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Pauline Marois quittant la scène après sa défaite, le 17 avril 2014.

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(Québec) Le retour au pouvoir des libéraux a été l'un des points forts de l'actualité en 2014, mais c'est la défaite du gouvernement de Pauline Marois qui a le plus marqué cette année politique. Une première femme à la tête du gouvernement du Québec, une équipe jeune, talentueuse, chargée d'ambitions et de projets, ce gouvernement avait des atouts importants pour faire sa place dans l'histoire. Mais d'erreur en erreur, les péquistes ont repris le chemin de l'opposition. Aurait-il pu en être autrement? La défaite du gouvernement minoritaire de Pauline Marois aurait-elle pu être évitée? La souveraineté, personnifiée par l'arrivée de Pierre Karl Péladeau en politique, a-t-elle donné le coup fatal à une campagne électorale déjà difficile? Les avis sont partagés sur le sujet, même au sein du PQ.

«On l'a échappé...», répondent spontanément les chefs de file du Parti québécois, lorsqu'on leur demande si le gouvernement Marois aurait pu survivre. Selon eux, la défaite n'est pas imputable à la cause souverainiste du parti.

Le débat est important : les candidats à la succession de Mme Marois devront se définir par rapport au processus à suivre la prochaine fois. La question est d'autant plus pertinente que le meneur dans les sondages, Pierre Karl Péladeau, a déjà clairement établi que son principal objectif, en se lançant en politique, est de faire la souveraineté. Le PQ se dirige-t-il vers un autre échec électoral avec le même projet?

Bédard : On a négligé l'équipe!

Pour Stéphane Bédard, le leader intérimaire du parti, l'une des erreurs de parcours a été d'avoir «mal mesuré l'idée que ce que les gens voulaient, c'est que l'on gouverne, tout simplement, malgré les difficultés que comportait le fait d'être minoritaire».

L'autre erreur, selon M. Bédard, est d'avoir négligé l'équipe pendant la campagne électorale. Il s'agit là, dit-il, de sa plus grande frustration. «La grande réussite de Mme Marois, ça a été de réunir autant de gens de qualité autour d'elle. Mais on ne l'a pas montré.»

Pourtant, ajoute Stéphane Bédard, on sait depuis longtemps à quel point les campagnes électorales se font toujours sur les chefs. Comme on le savait, «on aurait dû faire preuve de créativité là-dedans, et même d'innovation, parce qu'on avait la meilleure équipe». Selon lui, les choses auraient été différentes si le gouvernement Marois s'était laissé battre en chambre sur son budget, au lieu de déclencher lui-même les élections. «En déclenchant, il a fallu s'expliquer. Moi, j'ai dû expliquer ça jusqu'à la dernière journée de la campagne. Je n'en revenais pas.»

Maltais : le référendum!

Pour Agnès Maltais, ce n'est pas la souveraineté qui a coulé le gouvernement, c'est de ne pas avoir été prêt à répondre aux questions sur la tenue d'un référendum. «C'est une évidence», explique-t-elle. Elle rappelle que le gouvernement avait promis, en février, un livre blanc sur l'avenir du Québec, annonçant une vaste consultation auprès de la population. «Mais on n'en a pas parlé, alors qu'on aurait pu rassurer les gens», fait-elle valoir.

Mme Maltais estime par ailleurs que le gouvernement de Mme Marois «aurait pu être un peu moins pressé dans la gouvernance. Mais on voulait redresser des choses, on était affamés».

Si Stéphane Bédard et Agnès Maltais donnent peu d'importance au débat sur la souveraineté dans la défaite du PQ, les opinions sont moins nuancées chez les militants.

Le mot tabou 

«On a sous-estimé Couillard, mais le mot qui l'a fait gagner, c'est le référendum, explique un militant de longue date. Tout ce qu'il avait à faire, c'était de prononcer ce mot.» Selon ce même interlocuteur, qui tient pour acquise la victoire de Pierre Karl Péladeau au leadership, son défi «sera de faire oublier le comment et d'expliquer pourquoi la souveraineté est nécessaire. Mme Marois, dit-il, a fait l'erreur de répondre aux questions sur la technique. Péladeau doit convaincre les péquistes d'arrêter de parler du comment», c'est-à-dire d'une éventuelle démarche référendaire.

Et le facteur Péladeau, dans la défaite électorale?  «S'il avait joué uniquement sur sa crédibilité économique, il n'y aurait pas eu de problème.»

Selon ce militant, la discipline va s'installer au sein du PQ, sous la gouverne de Péladeau. «Avec lui, les insatisfaits vont le savoir assez vite.»

Les libéraux observent avec intérêt la mise en place de la machine PKP au sein du PQ. Selon l'un des principaux organisateurs de Philippe Couillard, ce n'est pas la charte de la laïcité qui a tué le gouvernement Marois, c'est le poing en l'air de Pierre Karl Péladeau. «Les images frappent l'imaginaire. À partir de ce moment-là, toute la discipline a sauté au sein du PQ. Ça nous a pris deux ou trois jours pour voir qu'ils étaient en chute libre. Ça a été l'événement marquant de la campagne, et non pas le débat des chefs.»

Selon ce même interlocuteur, la campagne électorale de 2014 avait été précédée d'une série de gestes qui ont créé de l'incertitude au sein de la population. «Sous un gouvernement minoritaire, le comportement du leader est tellement important. C'est lui qui donne le ton. Il doit démontrer beaucoup de rigueur et savoir convaincre les gens de sa capacité de gérer. À la place, Mme Marois a multiplié les erreurs.»

Pierre Karl Péladeau fera-t-il mieux s'il dirige le PQ? «Sa stratégie actuelle est très risquée, estime ce même organisateur libéral. Il prend une position très dure sur la souveraineté pour gagner le leadership, mais une fois élu, sa position ne tiendra plus. Pour les militants péquistes, la souveraineté demeure possible, mais pas pour le reste de la population. Ça fait 30 ans qu'on a ce débat», conclut-il.

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