Un iris nommé Jean Béliveau

Jean Béliveau a visité l'un des jardins de...

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Jean Béliveau a visité l'un des jardins de Gisèle Lebrun pour la première fois en 1988. L'ex-capitaine du Canadien était présent en 2001 (photo), lorsqu'elle a inauguré son troisième jardin.

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(Québec) Je m'étais promis de ne pas écrire sur Jean Béliveau, je n'avais rien à en dire, tout avait été dit.

Eh bien non.

Sur sa terre de Saint-Roch-des-Aulnaies, Gisèle Lebrun, elle, a une fascinante histoire à raconter. Je ne la connaissais pas, c'est une dame, Georgette Couture, qui m'a appelée, «hé, madame, connaissez-vous les jardins de Gisèle?»

«Il y a des milliers de fleurs.» C'est bien.

«Elle fait ça toute seule, à la pelle et à la truelle.» Formidable.

«Elle a 70 ans.» Impressionnant.

«Et elle a fabriqué un iris pour Jean Béliveau.» Ah oui?

L'histoire commence en 1988, Jean Béliveau fait partie d'un petit groupe à qui Gisèle fait visiter ses jardins. Elle s'arrête devant les iris, il y en a des dizaines, elle les présente par leur petit nom latin.

Un homme l'interrompt. «Ben là, ma chère dame, je pense que vous êtes en train de nous en passer une petite vite, toutes ces fleurs-là sont pareilles...» Jean Béliveau ne laisse pas le temps à Gisèle de répliquer. «Cher monsieur, si vous écoutiez attentivement, vous sauriez que chaque fleur est différente.»

Le monsieur a pris son trou.

À la fin de la visite, Jean Béliveau est allé voir Gisèle, ils ont discuté botanique, elle lui a confié qu'elle aimerait bien aménager un troisième jardin. Elle a pointé le terrain en face avec son doigt, un champ en friche. Avant de partir, Jean Béliveau lui a dit cette phrase : «Il faut poursuivre ses rêves.»

Gisèle a inauguré le jardin en 2001, Béliveau était là.

Gisèle avait une autre surprise pour l'ancien capitaine du Canadien. «J'ai hybridé un iris pour lui. Un iris bleu pâle parce que c'était un joueur pacifique, il ne jetait jamais les gants. Les épaules de l'iris sont jaunes, c'est la couleur de l'espoir, et ses barbes sont bleues, la couleur de ses yeux.»

Il a été homologué en 2006 à l'American Iris Society.

Jean Béliveau est retourné deux fois aux jardins de Gisèle, en 2004 et en 2006, ils ont entretenu une amitié pendant des années. «Il m'envoyait une carte de Noël jusqu'en 2004. Après ça, jusqu'en 2012, il m'appelait. Quand il passait dans le coin, il me donnait un coup de fil, j'allais faire un tour.»

Ils se sont croisés une dernière fois en 2012, à Rivière-du-Loup. «Je l'ai trouvé changé. Très changé. C'était après ses AVC. Il y avait beaucoup de monde, je ne suis pas restée longtemps. Je lui ai serré la main et je suis repartie.» Il l'a appelée une ultime fois à Noël, pour lui dire qu'il ne l'appellerait plus.

D'aussi loin qu'elle se rappelle, Gisèle a toujours rêvé d'avoir un jardin rempli de fleurs. Elle se souvient d'un printemps, elle était toute petite, sur le chemin du retour de l'école. «Sur le bord de la rivière, il y avait un tapis bleu d'iris versicolore! Je trouvais ça tellement beau que j'ai traversé la clôture du voisin pour en cueillir.»

Elle a passé un mauvais quart d'heure.

C'est peut-être là qu'elle s'est dit qu'un jour elle aurait son propre jardin avec autant de fleurs qu'elle veut dedans. Elle a donné ses premiers coups de pioche en 1967, quelques années après son mariage. «J'ai tout fait ça à la main. J'ai tamisé le sol, j'ai préparé le terrain. J'ai usé quatre pelles rondes!»

À travers ça, elle a élevé un enfant. «J'ai toujours emmené mon fils au jardin. C'était un bébé pas chialeux, il était heureux dehors.»

Chaque été, elle plante 4000 annuelles, qu'elle fait d'abord germer dans sa maison. En plus des quelque 500 variétés d'iris et des dizaines d'arbres. Elle entretient trois jardins, qui couvrent plus grand qu'un terrain de football canadien. De la Saint-Jean à la fête du Travail, elle fait une visite guidée tous les jours, à 13h30.

Elle demande 10 $, ça couvre ses frais.

Son mari, lui, «il répare les machines que je brise et il tond le gazon sur les grandes superficies. Il dit aux gens où se stationner».

L'hiver, elle cuisine et elle bricole. Elle vient de terminer 330 petits oiseaux en styromousse, elle en remettra un à chaque personne qui visitera son jardin l'été prochain. Elle fait ça chaque année. Elle commencera bientôt les quelque 150 cadeaux qu'elle remet chaque année aux mères et aux pères de son village.

Elle regarde rarement le hockey, jamais en saison régulière, parfois pendant les séries éliminatoires, si le Canadien est dans la course. «Quand le Canadien n'est pas là, je n'ai aucun intérêt. Le hockey a tellement perdu de qualité.»

Depuis quand? «Après le départ de Jean Béliveau, ça a changé. Maintenant, il y a trop de batailles. Le plus beau hockey, c'était la série du siècle avec l'Union soviétique. C'était du bon hockey, ça patinait, ça allait à la rondelle.»

En 1972, tiens, l'année où Béliveau a été admis au Temple de la renommée.

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