Le malaise PKP se répand

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(Québec) Le malaise au Parti québécois (PQ) concernant l'attention médiatique accordée à Pierre Karl Péladeau a atteint certains journalistes de Québecor à l'annonce d'un reportage sur «La semaine gourmande de Pierre Karl Péladeau», qui sera publié demain dans le Journal de Québec et le Journal de Montréal.

Le reportage, signé Thierry Daraize et prévu pour le cahier Casa des journaux, a été publicisé dans les éditions de Québec et de Montréal jeudi, ainsi qu'aux bulletins de nouvelles de Pierre Bruneau et de Pierre Jobin, mercredi à 18h.

«Est-ce qu'on va faire des reportages sur l'alimentation de tous les candidats?» m'a lancé un journaliste ulcéré, sous le sceau de l'anonymat.

L'attention accordée à M. Péladeau par les médias est surveillée plus attentivement par ses adversaires à la direction du PQ, depuis que le réseau LCN a diffusé intégralement son discours de lancement à Saint-Jérôme. Aucun autre candidat n'a obtenu un tel traitement de la part du réseau, ce qui a amené l'un d'entre eux à s'interroger sur la valeur d'une heure en direct sur les ondes de LCN. Les aspirants à la succession de Pauline Marois n'ont pas le droit de dépenser plus de 400000 $, mais la couverture médiatique exceptionnelle accordée à M. Péladeau ne constitue pas une dépense de campagne. Même chose pour la publicité de mercredi et de jeudi, dans ses journaux et à TVA, annonçant sa «semaine gourmande».

Jean-François Lisée n'a pas eu une telle chance quand il a lancé son livre Le journal de Lisée en novembre. Le bureau du Directeur général des élections avait alors confirmé au Soleil que les coûts de production, de distribution et de promotion de l'ouvrage devraient être comptabilisés si le livre visait à mousser la candidature de l'auteur. M. Péladeau ne sera pas soumis à la même contrainte concernant la publicité que lui accordent les médias de Québecor, même si cette publicité contribue à mousser sa candidature. La raison tient au fait qu'il s'agit de publicité touchant une couverture médiatique sur laquelle il n'a, en principe, aucune autorité, même si elle est le fait de ses entreprises de presse.

Ce malaise autour de la couverture médiatique accordée au candidat PKP s'ajoute à la controverse entourant sa décision de faire de la politique. Le débat avait porté jusqu'à maintenant sur la situation délicate dans laquelle son élection plaçait ses journalistes et chroniqueurs politiques. Il se répand maintenant à la politique éditoriale et publicitaire de son empire dans la course à la succession de Pauline Marois. Le même questionnement sera plus intense à l'approche des élections de 2018, s'il devient chef du PQ. À l'exception de Jean-François Lisée, ses collègues députés qui postulent la direction du Parti québécois doivent y aller avec des gants blancs. En campagne électorale, les autres partis politiques ne seront pas aussi timides.

Le malaise au sein du PQ et chez certains journalistes de Québecor est un beau cas pour Florian Sauvageau et le Centre d'études sur les médias de l'Université Laval, à qui le gouvernement a demandé d'étudier les conséquences sur la liberté de presse, de la présence en politique d'un magnat des médias. En entrevue au Devoir à la mi-novembre, M. Sauvageau a rappelé avoir toujours dit que «si un jour l'un ou l'autre [Gesca et Québecor] décidait de mettre sa machine médiatique au service d'une idée ou d'un parti, on aurait un problème. On y est. On est face à ce problème».

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