La DPJ au banc des accusés

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Dans la grande région de Québec, 300 familles d'accueil hébergent 500 enfants. Au cours de l'année, 39 familles ont mis fin à leur contrat. Il y a eu 11 enquêtes concernant des allégations, une seule a mené à la résiliation du contrat.

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(Québec) Pour la première fois au Québec, une famille d'accueil poursuit la Direction de la protection de la jeunesse.

La requête a été déposée à la Cour supérieure fin octobre, elle oppose un couple au Centre jeunesse de Québec, qui a résilié leur contrat de famille d'accueil. Le couple hébergeait deux adolescentes à temps plein, une autre à temps partiel. Une des filles a été concernée par un signalement à la DPJ, qui a demandé à la police de traiter le dossier. La police n'a pas retenu la plainte.

Dans un système de justice, il n'y a pas matière à procès.

À la DPJ, oui. 

Le couple reproche à la DPJ de ne pas lui avoir donné l'heure juste, de ne pas lui avoir dit ce qui lui était reproché, de ne pas l'avoir rencontré au cours de l'enquête interne. Ils ont été avisés par lettre, six mois plus tard, que leur contrat était résilié: «la sécurité, le bien-être de l'enfant et/ou ses intérêts n'étaient pas respectés ou étaient en danger».

Merci, bonsoir. 

L'homme et la femme ont commencé à être une famille d'accueil en 2000, on leur a confié une petite fille de huit ans. En 2008, ils ont accueilli à temps partiel une fille de 12 ans, puis l'année suivante ont pris la charge d'une autre ado de 12 ans. Ils ont eu plus de misère avec celle-là. 

C'est elle qui a été concernée par le signalement.

Remarquez, la femme en a vu d'autres, elle travaille depuis plus de 20 ans comme travailleuse sociale. À la DPJ.

Je ne m'étendrai pas sur la version des faits du couple, étant donné qu'on n'a pas celle de la DPJ. On n'a jamais la version de la DPJ. 

La femme du couple ne critique pas les critères sévères pour sélectionner les familles d'accueil, elle est la première à savoir combien il est important pour des enfants poqués de ne pas être plus poqués encore.

Ce que le couple déplore, c'est qu'on ne lui ait pas donné la chance de s'expliquer, qu'on ne lui ait donné aucune chance en fait. 

La dame aimerait comprendre. «Ils ne m'ont jamais demandé mon opinion, ils m'ont traitée comme une criminelle. Ils ont décidé et la décision est irrévocable. Ce qui me frappe surtout, c'est que la DPJ est incapable de reconnaître ses erreurs.»

Ce n'est pas parce qu'on fait pour le mieux qu'on fait pour le bien.

À la DPJ, Frédéric Aublet, chef de service auprès des familles d'accueil de Québec, explique qu'«on fait nous-mêmes enquête. On consulte la famille, des personnes extérieures à la famille et on arrive à nos conclusions. Lorsque nous mettons fin à un contrat, ce n'est pas pour des motifs futiles, c'est parce que l'intérêt des enfants n'est plus servi. Nous avons une méthode bien instaurée, c'est très transparent.»

Dans la grande région de Québec, 300 familles d'accueil hébergent 500 enfants. En 2014, 39 familles ont mis fin à leur contrat. Il y a eu 11 enquêtes, une seule a mené à la résiliation du contrat.

Directrice de la DPJ à Québec, Dominique Jobin, insiste sur le témoignage de l'enfant. «On se concentre sur le récit crédible de l'enfant. La police, elle va sur le droit criminel, nous, on a des règles de preuves différentes. Il arrive très souvent que les policiers se retirent parce qu'il n'y a pas assez de preuve, ou parce qu'ils considèrent que la petite victime est trop fragilisée pour passer à travers le processus judiciaire.»

Et les manipulateurs? «On a des techniques pour les détecter, on a des grilles d'analyse pour soutenir leur crédibilité.»

Vous ne vous trompez jamais? «Je ne veux pas avoir l'air de la personne qui ne se trompe jamais, mais le processus est tellement serré... On a un protocole, on demande l'avis de professionnels, on fait le tour de la question. Quand on résilie un contrat, c'est pour une raison majeure.»

La décision est irréversible.

«On ne peut pas être à rabais avec les familles d'accueil. Les enfants qu'on leur confie sont vulnérables. On ne peut pas les placer dans des familles à risques et risquer d'empirer la situation. On est conscients que ce sont des personnes qui ont leur quotidien, leurs responsabilités à gérer, mais si on estime qu'ils représentent un risque qu'on n'est pas prêts à gérer, on met fin au contrat.»

À tout prendre, la DPJ aime mieux se faire accuser d'avoir été trop pointilleux que pas assez.

Ce sera maintenant à un juge de trancher.

***

NDLR: ce texte a été modifié après la mise en ligne

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