À surveiller dans le budget de Québec

«On ne sait pas comment on va payer... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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«On ne sait pas comment on va payer la dette de la ville», avait déclaré Régis Labeaume lors du dépôt du budget 2014. Nous saurons lundi s'il a trouvé la réponse pour l'année fiscale à venir.

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(Québec) L'administration Labeaume déposera lundi son budget 2015, assorti d'un programme triennal d'immobilisation (PTI).

Québec revient ainsi à une pratique antérieure aux fusions lorsque budget et PTI étaient présentés simultanément. La ville pense pouvoir y gagner en efficacité. On évitera les répétitions et la mobilisation de fonctionnaires (et de journalistes) pour deux exercices de communication distincts.

Il y a peu de surprises à attendre de ce budget.

Le prix du pétrole tire actuellement vers le bas les prévisions d'inflation pour 2015, ce qui fait que la hausse moyenne des taxes ne devrait pas dépasser 2 %. Un peu plus si on ajoute les contributions aux dettes des anciennes villes et le «rattrapage fiscal» pour harmoniser les taux sur le territoire.

Reste le partage du fardeau fiscal entre les résidences et les entreprises. Ces dernières années, on a entendu davantage de protestations des milieux d'affaires que des citoyens. Ce sera à surveiller.

Autrement, je ne vois pas de grande surprise, mais j'aurai à l'oeil les éléments suivants :

1 L'impact de la loi 3 sur la facture des retraites

Il est encore tôt pour statuer sur les économies précises que pourra générer la Loi sur les déficits des retraites adoptée la semaine dernière.

Cela dépendra des négociations sur les déficits passés, des méthodes de calcul et des nouvelles évaluations actuarielles attendues d'un jour à l'autre.

La Loi 3 permettrait notamment de suspendre l'indexation des pensions des retraités jusqu'à ce que les régimes retrouvent la santé financière.

Montréal n'a pas attendu d'avoir tous les chiffres et a déjà anticipé des économies de 49 M$ en 2015.

À Québec, la facture des retraites a grimpé de 12 M$ en 2014 pour atteindre 120,3 M$, soit 9 % du budget des dépenses. La ville pourra-t-elle renverser la vapeur?

2 Le contrôle des dépenses

Montréal vient de réussir le tour de force de réduire ses dépenses en 2015, du jamais vu depuis 30 ans. La baisse est en soi modeste, correspondant à - 0,3 %, mais énorme quand on sait que les dépenses ont augmenté de 3,7 % par an depuis les fusions.

L'administration Labeaume pourra-t-elle à son tour franchir le seuil psychologique d'une baisse des dépenses?

Les maires des deux villes font des paris amicaux sur les résultats du football universitaire. Peut-être auront-ils l'idée d'en faire aussi sur la fluctuation de leurs dépenses.

Depuis cinq ans, le rythme des augmentations de dépenses a ralenti à Québec. La hausse avait été de 6,8 % en 2010; elle n'était plus que de 1,6 % en 2014, soit à peu près l'inflation.

3 Les services

L'administration Labeaume a longtemps dit qu'elle pouvait réduire ses dépenses sans toucher aux services aux citoyens. Ce n'est plus vrai.

Depuis cette année, la cueillette des ordures l'hiver a été espacée aux deux semaines dans plusieurs arrondissements et le sera éventuellement partout.

D'autres services pourraient subir le même sort, car la pression augmente sur les villes. Québec sera par exemple privée de 20 M$ de transferts en 2015, conséquence du pacte fiscal provisoire.

C'est peu sur un budget de 1,3 milliard $, mais ce n'est quand même pas insignifiant.

4 La dette

En théorie, la dette de Québec est maîtrisée et devrait commencer à diminuer à partir de 2016.

Cette dette atteint actuellement 1,7 milliard $, sans compter les déficits actuariels de 600 M$. Cela inclut la dette des organismes liés comme le RTC.

Plus de 18 % du budget de Québec est allé cette année au service de la dette. J'ai vu bien pire dans certaines villes avant les fusions. Parfois jusqu'à 33 % du budget.

On n'aurait donc pas à s'inquiéter de la dette municipale. S'il n'était de cette petite phrase échappée par le maire Labeaume lors du budget 2014 : «On ne sait pas comment on va payer la dette de la ville.» C'est un peu ennuyeux, en effet. Peut-être le saura-t-il mieux cette année. À suivre lundi.

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