Une poigne de fer dans un sourire de velours

Christian Paradis, 49 ans, a oeuvré aux incendies de... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Christian Paradis, 49 ans, a oeuvré aux incendies de Montréal pendant 28 ans. Il rencontrait la presse pour la première fois mercredi, cinq semaines après son arrivée à Québec comme chef des pompiers.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) L'entrée en scène d'un nouveau chef fait enfin espérer une amélioration des relations de travail chez les pompiers de Québec.

Christian Paradis, 49 ans, a oeuvré aux incendies de Montréal pendant 28 ans. Il débarque à Québec en toute connaissance de cause.

«Il n'y a pas grand-chose que je ne savais pas», dit-il. La mauvaise image, les griefs qui s'empilent, le cul-de-sac des négociations, les relations tendues avec la mairie.

Recruté par un chasseur de tête, il a fait ses devoirs, a lu les journaux, la convention, les décisions de tribunaux; a parcouru les six rapports successifs décrivant le climat de travail difficile.

D'autres auraient pris peur. M. Paradis y a vu des «fenêtres d'opportunités» et un défi de gestion. Le mot est un peu cliché, mais on en mesure ici toute la portée. 

Le nouveau chef pense pouvoir faire une «différence» par son «style et [son] approche». Il rencontrait la presse pour la première fois mercredi, cinq semaines après son arrivée.

Sourire engageant et ton assuré, l'homme est bien préparé. Il dégage une confiance et une force de leadership qui a fait défaut à son prédécesseur.

M. Paradis annonce un virage vers la rigueur dans les prises de décision et de l'ouverture dans les relations humaines. 

«J'aime être challengé», dit-il. Il voudra cependant un argumentaire solide et n'hésitera pas à poser des questions et à renvoyer ses collaborateurs à leurs devoirs. 

Il n'imposera pas le modèle de Montréal. «Ce qui est propre à Québec va rester propre à Québec.» Il prévient cependant que «s'il y a des changements à faire, on va les faire». Il a perçu que certains se sentent bousculés, mais n'a pas senti (encore) de résistance.

***

Christian Paradis a le «mérite» d'avoir fait carrière aux incendies, une condition «sine qua non» pour être «accepté» par les pompiers de Québec. 

Les premiers contacts avec le syndicat sont encourageants. Le chef dit vouloir rétablir des «ponts de communication», et que les messages passent «de la direction jusqu'en caserne et des casernes à la direction».  

Il veut que tous se sentent «impliqués» dans l'organisation. Personne ne peut s'accomplir et avoir du plaisir au travail dans un mauvais climat ou quand on sent que le regard des citoyens devient différent.

Il voit le syndicat comme un «partenaire» dont il est prêt à entendre les préoccupations. «Je suis très agréable, très poli et très respectueux des gens qui n'ont pas le même point de vue que moi», dit-il. Il y a cependant des «façons de l'exprimer» et des tribunes pour le faire.

***

Voilà qui tranche avec le discours dominant des dernières années. 

Devant un syndicat perçu comme rigide et résistant, l'administration Labeaume avait choisi la méthode forte.

L'embauche du directeur adjoint Robert Laperle, un civil au style abrasif, a envenimé les choses. 

Le fond du baril a été atteint au printemps 2013 lors d'un pénible plénier à l'hôtel de ville où les pompiers ont été littéralement lynchés sur la place publique.

M. Laperle ne fut pas le seul responsable du mauvais climat. Il a dû composer avec des têtes fortes, une culture inflexible et de la méfiance. On a cependant pu mesurer les limites d'une approche à la dure. M. Paradis ne veut pas commenter les déclarations du maire qui «est totalement libre de dire ce qu'il veut». Il ne jugera pas non plus les acteurs et les gestes posés et refuse de regarder dans la «lunette arrière». 

On peut lire entre ses lignes. «Je n'apprécie pas de traiter des relations de travail sur la place publique; ça envenime le débat; ça ne fait pas en sorte qu'on peut comprendre la position de l'autre.» 

Il souhaite maintenant donner «la chance à tout le monde de travailler en collaboration et de se faire connaître sous un autre jour si c'est nécessaire.» Cela ne l'a pas empêché de commander une nouvelle étude sur le climat de travail.  

***

Le nouveau chef prévoit s'asseoir aux tables de négociation au début 2015 et y rester «tant qu'il aura le sentiment de pouvoir faire une différence» et que le climat y sera «favorable». 

Pour le reste, il garde le cap sur le schéma de couverture de risque et n'envisage pas de toucher au niveau de services ou aux temps de réponse.

Il a commencé à faire sentir sa présence sur le terrain. Lors de la fuite de gaz à l'Enfant-Jésus, par exemple. Il a apprécié le travail de ses pompiers, mais a estimé que ceux-ci étaient rendus au maximum de ce qu'ils savaient faire. Il a demandé pour la suite des spécialistes de l'Alberta.

Sa décision a d'abord fait sourciller, mais il a pris le temps de s'expliquer.

On n'a pas entendu de pompiers se plaindre (en public) qu'on ne leur faisait pas assez confiance. Un premier signe peut-être que des choses sont en train de bouger.

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