Faire du Québec un pays!

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(Québec) L'arrivée de Pierre Karl Péladeau dans la course à la direction du PQ assure le parti d'un intérêt médiatique qu'on n'a pas vu depuis longtemps pour ce genre d'événement. C'est normal, étant donné sa personnalité, sa notoriété, mais surtout à cause de son engagement de «sortir des sentiers battus», comme il l'a dit en fin de semaine, pour faire du Québec un pays.

Ce qui est surprenant toutefois, c'est de voir 18 anciens députés péquistes, dont six ex-ministres, publier une lettre ouverte pour donner leur appui à M. Péladeau, sur la ligne de départ. Quelle était l'urgence d'une telle intervention?

On peut comprendre que certains députés actuels aient déjà pris position. Certains le font pour s'assurer d'une bonne place dans un éventuel Conseil des ministres, d'autres le font par loyauté ou par amitié.

Mais en quoi les anciens députés et ministres font-ils oeuvre utile en se prononçant si tôt dans la course, sans même connaître les opinions de leur poulain? Une telle prise de position à cette étape est méprisante pour les autres candidats à qui on envoie une fin de non-recevoir, sans même les entendre.

Les Jean-François Lisée, Bernard Drainville, Martine Ouellet et Alexandre Cloutier sont déjà connus, mais rien ne les empêche de nous surprendre, maintenant qu'ils sont libérés des positions officielles du caucus ou du parti.

J'ai toujours en mémoire l'empressement des libéraux fédéraux à se ranger derrière John Turner après le départ de Pierre Trudeau. Et celui des conservateurs à se précipiter dans le camp de Kim Campbell, après le départ de Brian Mulroney. Tous voulaient être dans le club gagnant. Tous ont perdu leur pari.

Ce n'est pas dire que Pierre Karl Péladeau décevra. Mais à part son engagement pour la souveraineté, on ne connaît rien du virage qu'il veut faire prendre au PQ. Son discours de dimanche a été accueilli avec enthousiasme, mais il ne nous a rien appris. Il veut créer la richesse, il veut que nous soyons maîtres chez nous, il veut bâtir une grande coalition pour reconstruire le pays. Il propose de «nous investir sur le chantier planétaire de l'écologie», il veut convaincre les immigrants de se joindre à la cause souverainiste, moderniser l'État, imprimer de la rigueur dans la gestion de l'État, électrifier les transports, appuyer l'éducation, la culture...»

Trouvez-moi un Québécois qui, à l'exception de la souveraineté, ne sera pas d'accord avec ces beaux projets! Mais encore faut-il savoir comment y parvenir. M. Péladeau sera mis au défi de s'expliquer pendant les débats de la course à la direction du parti, mais on ne connaît pas encore ses solutions, s'il en a...

Malgré tout, d'anciens députés et ministres d'expérience comme Guy Chevrette, Mathias Rioux, Yves Duhaime et Jean-Pierre Jolivet lui donnent leur bénédiction, probablement sans même lui avoir parlé.

En religion, c'est ce qu'on appelle un acte de foi. Dans le commerce, c'est un chèque en blanc. En politique, c'est un vote à l'aveugle.

***

La police

J'ai eu plusieurs réactions à mon texte de lundi concernant le traitement de faveur accordé aux policiers de la Sûreté du Québec dans le contrat de travail en cours. On me rappelle que le journaliste Mathieu Boivin du FM93 a démontré, en septembre, que ces policiers sont les seuls au pays à ne pas contribuer à l'assurance emploi.

«J'ai été prof au secondaire pendant 36 ans, m'écrit un lecteur de Québec, Richard Martineau. J'avais la fameuse sécurité d'emploi; mes collègues et moi, on payait tous et toutes des primes d'assurance emploi...»

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