Deux cols bleus et sept diamants

En descendant dans les égouts pour effectuer leur...

Agrandir

En descendant dans les égouts pour effectuer leur travail, les cols bleus Ghislain Morency et Nelson Proulx voient une multitude d'objets généralement sans valeur. C'était jusqu'à ce qu'ils trouvent une bague en or sertie de sept diamants. Comble de chance, ils ont retrouvé rapidement la propriétaire du précieux bijou.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Fin octobre, il faisait presque noir, Nelson Proulx et Ghislain Morency s'apprêtaient à descendre la grosse buse pour vider l'égout.

Ghislain a vu quelque chose qui brillait. 

«C'était juste au début de notre quart de travail, le troisième trou d'homme. J'ai vu un anneau en or, je pensais que c'était un porte-clés. J'ai pris la grosse cuillère, je l'ai descendue et j'ai réussi à le faire embarquer dessus. Quand je l'ai remontée, c'est là qu'on a vu que c'était une bague.»

Nelson n'en croyait pas ses yeux. «Ce n'était pas n'importe quelle bague, une belle bague, avec sept diamants. Et celui du milieu était pas mal gros.»

Pause.

À ce moment précis, on se demande tous à quoi ils ont pensé en voyant le bijou. On se pose aussi la question : qu'est-ce qu'on aurait fait à leur place? À vue de nez, cette bague vaut probablement très cher. Au fond du trou, elle était perdue à jamais. Personne ne sait que vous venez de la retrouver.

On reprend.

Nelson et son collègue ont levé les yeux, ils ont regardé autour. «On s'est dit que ça venait peut-être d'une maison pas loin, on est allés frapper à quatre ou cinq maisons, chacun de notre côté. On demandait d'abord si les gens avaient perdu quelque chose. Il y a une femme qui a répondu "peut-être"...»

Bien essayé.

«À la quatrième maison, quand j'ai demandé à la madame si elle avait perdu quelque chose, elle m'a dit "une bague..." Elle s'est retournée et a dit à ses enfants : "Je pense que je vais brailler!" Je lui ai demandé de me décrire la bague, elle m'a dit qu'il y avait sept diamants dessus.»

Nelson a crié : «Ghislain, hé, viens ici!»

Ghislain est arrivé en courant avec une guenille chiffonnée dans la main, avec la bague dans la guenille. «Juste d'y voir la face, ça valait la peine, ça a fait notre soirée. Elle pleurait presque, elle était vraiment contente. Elle l'avait perdue depuis trois mois, elle était sûre qu'elle ne la retrouverait jamais.»

Nelson n'en revient pas encore. «Elle a été chanceuse en maudit qu'elle s'accroche juste en dessous du trou d'homme, qu'on la voie...»

Et qu'ils la lui ramènent. «Ce qui n'est pas à nous autres n'est pas à nous autres. Moi pis mon chum, on est comme ça. On n'a eu aucune hésitation, on s'est regardés, pis on s'est dit qu'on ferait quatre, cinq portes, pour voir. On ne voulait pas trop faire de maisons non plus, on est payés pour travailler, pas pour se promener...»

Ils ont été chanceux dans leur chance.

Ils ont appelé leur patron pour lui raconter l'histoire, le patron est débarqué aussitôt pour aller voir la dame, pour prendre une photo de ses deux gars avec elle, la bague au doigt. Propre. «Quand on lui a remis la guenille, on lui a dit de bien laver sa bague. Elle avait passé pas mal de temps dans les égouts...»

La dame s'était fait cambrioler au début de l'année, les voleurs avaient dévalisé son coffre à bijoux. Avec le remboursement des assurances, elle s'est acheté une bague, une seule, elle avait toujours rêvé d'avoir une bague en diamants. Le rêve n'a pas duré très longtemps, elle a échappé sa bague dans la toilette.

«La madame était tellement contente, raconte Ghislain. Elle nous disait : "Qu'est-ce que je peux faire? Qu'est-ce que je peux faire?" On lui a dit : "Rien, madame, c'est beau. On est contents que vous ayez retrouvé votre bague, c'est tout."» Ils se sont remis au boulot, il restait encore des égouts à vider.

Le lendemain, Nelson et son collègue ont rencontré leur grand patron. «Il était fier de nous. Il nous a dit qu'on avait bien fait de frapper aux portes. Il nous a dit que c'était tout un adon qu'on regarde dans le trou. D'habitude, on descend la buse sans regarder et on siphonne. La bague aurait été siphonnée.»

Et, quand ils regardent au fond, ils ne voient absolument rien qui vaille. Être écureur, ce n'est pas une ruée vers l'or. «On voit plein de choses, des bobettes en masse, des strings, des cheveux, des roches, du sable, énumère Nelson. Mais, une bague, ou quelque chose qui a de la valeur, c'était la première fois.»

On pourrait résumer l'histoire comme ça : deux cols bleus qui avaient les yeux, et le coeur, à la bonne place.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer