À la recherche du temps perdu

Catherine Paquin est en constant mouvement. Son petit... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Catherine Paquin est en constant mouvement. Son petit dernier, Arthur, la suit partout où elle va, sauf lorsqu'elle s'aventure sur le fleuve. Lorsqu'elle s'entraîne sur son rameur, à la maison, Arthur est là, à ses côtés.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Si vous avez l'impression de manquer de temps, ne lisez pas ce qui suit.

Catherine Paquin a cinq enfants, une petite compagnie, elle fait de la compétition en canot à glace depuis 18 ans, s'entraîne deux fois par semaine.

Elle a toujours hâte à l'hiver.

J'ai communiqué avec elle un dimanche soir, elle m'a donné rendez-vous le lendemain matin dans un café près de chez elle. Elle est arrivée à l'heure avec son petit dernier, Arthur a six mois, il la suit partout où elle va. Sauf dans le canot, sur le fleuve.

À 37 ans, Catherine a résolu l'énigme du temps qui manque. «Ma priorité, c'est le canot. J'ai mis tout le reste sur la glace, sauf ça. Il faut se garder un coin à nous, c'est important. Le mien, c'est ça.» Celui de son chum aussi.

«On organise notre vie en conséquence.»

À la maison comme ailleurs, ça roule au quart de tour. Le matin, Aurélie et Isaac, neuf et huit ans, prennent l'autobus pour l'école, Catherine va reconduire à la garderie Siméon et Léonard, quatre ans et deux ans et demi. Est-ce qu'ils en veulent un sixième? «Pas pour le moment, on prend ça au fur et à mesure...»

Enceinte d'Arthur, elle se cherchait un boulot. Avocate de formation, elle ne savait pas si elle voulait retourner travailler dans ce domaine-là. Elle a rencontré le curé de la paroisse Saint-Thomas-d'Aquin, il lui a acheté un canot à glace. Bingo. Ça lui a donné les sous pour lancer sa compagnie.

Elle a acheté 10 machines à ramer, les a installées au sous-sol de l'église. Elle entraîne les rameurs de la ville, de plus en plus nombreux. Elle mène cette barque toute seule. «Je n'aurais pas le temps de faire des réunions, de demander à quelqu'un s'il est d'accord ou pas. Il faut décider, se mettre en action.»

Allez hop, pas de temps à perdre.

Elle a ouvert Rame Québec en mars, a accouché en juin. «Je suis allée au centre le vendredi midi, j'ai accouché le soir. Je me suis fait remplacer le dimanche pour un cours et j'ai recommencé au début de la semaine», avec Arthur à ses côtés. Son congé de maternité a duré 72 heures.

Son cinquième accouchement a duré 20 minutes. «Je savais à quoi m'en tenir. J'arrive, c'est prêt, ça se passe et je suis prête à repartir.» Elle sait qu'elle a de la chance, quand même, d'accoucher comme une chatte, et de retomber sur ses pattes tout de suite après. «Je suis faite comme ça!»

Elle a toujours bougé, toujours couru, déjà toute petite quand elle essayait de suivre ses deux grands frères.

On dirait qu'elle a percé le secret du mouvement perpétuel.

Elle vous répondrait qu'il n'y a pas de secret. Il y a des priorités. En plus de la famille, du centre de rame, de l'entraînement pour les courses, elle est directrice générale de l'Association des coureurs en canot à glace du Québec. «Et je viens de me lancer dans un autre projet, ça s'appelle Rame ton fleuve, c'est pour développer l'aviron. On veut grossir ça. L'aviron de mer, c'est pour moi la plus belle embarcation, et on a le fleuve juste à côté pour en profiter!»

Elle veut aussi recommencer à courir des 10 km.

«Je ne me garde pas beaucoup de temps pour moi, mais ça m'arrive de prendre une petite pause, pour ralentir un peu, pour réajuster la cadence. Je ne te dirai pas que ça me tente toujours de me lever le matin, mais je sais que je vais être contente après. Ce que j'ai à faire, il faut que je le fasse, donc je le fais.»

Son chum, élément capital de l'équation, pousse à la roue. Ils mènent leur famille comme leur canot, en équipe. Ils ont de l'aide aussi, leurs mères sont toujours prêtes à leur donner un coup de main.

Ils ont inscrit les plus grands à des cours de violon, «ça leur donne une discipline, un encadrement. C'est tellement une bonne méthode que je l'applique à la maison pour le reste». Tous les repas se prennent en famille, autour de la grande table, «c'est notre point de rencontre».

Les enfants se couchent à 20h, Arthur se réveille pour boire entre 4h et 5h. Catherine l'allaite, elle l'a fait pour tous ses enfants, elle se lève autour de 5h, arrive parfois à faire une grassouillette matinée, jusqu'à 7h30. Elle et son chum ne sortent pas, ils passent du temps ensemble quand les enfants font dodo.

L'été, ils partent en vacances pendant plus d'un mois, en Gaspésie avec la marmaille. Et le nécessaire de camping.

Leurs enfants emboîtent le pas, presque toujours. Je vous ai un peu menti tantôt, elle est arrivée un peu en retard à notre rendez-vous. «Tu sais, quand les enfants décident que ça ne leur tente pas...»

Je sais, et j'en ai juste deux.

Entre mars et septembre, tous les mercredis de 6h à 7h, elle est sur le fleuve avec les six autres filles de son équipe, pour s'entraîner en attendant l'hiver. L'hiver, elle est sur l'eau pratiquement toutes les fins de semaine.

Catherine adore l'hiver, elle était contente lundi, quand la neige est tombée.

Elle aime encore plus le froid. «Il faut qu'il fasse froid pour que le fleuve gèle, pour que ça donne de la glace vive, que ça fasse un bon relief.»

Un long fleuve tranquille, ce n'est pas pour elle.

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