Le virus qui rend idiot

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(Québec) Ces jours derniers, une sonde a réussi à se poser sur une comète. L'Inde a créé un ministère du Yoga. Et des compagnies ont lancé la nourriture pour chien sans gluten.

Mais la grande nouvelle, c'était que la bêtise semblait sur le point de livrer ses secrets.

Ne me regardez avec les yeux de celui qui aperçoit une douzaine de gros hannetons noyés dans le fond du punch aux fruits, après en avoir bu les trois quarts.

On ne vous a pas raconté la découverte du virus ATCV-1, qui diminuerait les capacités mentales chez l'être humain?

Oui, un virus qui rend idiot. Très répandu, en plus. Soudain, tout devenait clair. Tout s'expliquait. À commencer par les questions débiles que posent les touristes.

- Aux États-Unis, avant la descente d'une rivière en rafting : «Est-ce que le trajet est une boucle, qui nous ramène au point de départ?»

- En Norvège : «Combien y a-t-il de fjords dans un dollar?»

- En Australie : «Est-ce que c'est la même Lune que chez nous?»

- En Grèce : «Pourquoi les Grecs construisaient-ils autant de ruines?»

***

Hélas. Juste au moment où vous commenciez à croire, on explique que les effets du virus sont moins spectaculaires que prévu.

Catastrophe. Un instant plus tôt, tout s'éclairait. Maintenant, vous êtes celui qui se cramponne au pinceau, pendant qu'on lui enlève l'échelle...

Vous froncez les sourcils en apprenant qu'une chaîne suédoise vient de lancer Le Dictateur, une télé-réalité dans laquelle des jeunes subissent le joug d'une simili dictature. Vous riez jaune en lisant que l'émission a choisi un participant qui ne cache pas ses sympathies néonazies.

Tout ça pour le bon plaisir des téléspectateurs, évidemment.

Qui sait? Le projet s'inspire peut-être du tourisme extrême proposé par des anciens pays du bloc de l'Est? En Lithuanie, par exemple, dans l'ancienne prison soviétique de Karosta, rien n'est ménagé pour assurer l'inconfort de la clientèle.

Les gardiens sont aussi rigolos que des pitbulls à qui l'on vient d'aiguiser les dents, à froid. Les cellules empestent le moisi. La puanteur des toilettes retourne les estomacs fragiles. Pour 40 $, on vous garantit un réveil en pleine nuit, pour subir un interrogatoire. Parfois, un coup de feu retentit, pour simuler l'exécution d'un détenu... euh, pardon, d'un client.

À côté de cela, même les courses de tracteurs et les tournois de mini-putt avec déguisement obligatoire en dindon passent pour des activités incroyablement chevaleresques.

***

Brave virus ATCV-1. Au fond, lui seul pouvait expliquer pourquoi une moitié du monde essaye d'en finir avec les dictatures, pendant que l'autre les considère comme une forme de loisir.

Ça ressemble à quoi, l'arbitraire d'une vraie dictature? Au hasard, une histoire entendue lors d'une soirée haïtienne, il y a trois ou quatre ans.

«Un jeune homme est arrêté sans raison par les tontons macoutes. Après l'avoir battu, ces derniers le jettent en prison.

Il se retrouve dans une cellule avec plusieurs criminels endurcis, mais l'ambiance est plutôt bonne. Les prisonniers s'entraident. Ils lui prêtent des cigarettes, une couverture.

Parfois, on lui demande : «Et toi, pourquoi es-tu ici?»

Mais le jeune homme n'ose pas avouer qu'il a été emprisonné pour rien. Il s'en sort en disant, avec un air mystérieux : «Ce que j'ai fait est si grave que je ne peux même pas le raconter.»

À son grand soulagement, les autres n'insistent pas.

Le temps passe. À intervalles réguliers, les gardiens s'emparent d'un détenu pour le battre sauvagement. Une sorte de routine.

Au bout d'un an, le jeune homme est emmené devant trois juges.

Le premier lui demande ce qu'il a fait.

- Rien, répond le jeune homme.

Le juge se met en colère. S'il se trouve en prison, c'est qu'il a sûrement commis un crime.

Un autre juge remarque son visage tuméfié. Il veut des explications. Le jeune homme hésite. S'il affirme que les gardiens l'ont battu, on le traitera de menteur. Mais comme le juge insiste, il doit dire quelque chose. N'importe quoi.

- J'ai le visage couvert de bleus parce qu'un gardien m'a un peu caressé.

Le juge trouve l'explication très drôle. Il se met à rire, à rire, à rire, sans pouvoir s'arrêter.

Et puis à la fin, comme le prisonnier l'a mis de bonne humeur, il ordonne la chose la plus improbable qui soit. Il le fait remettre en liberté!»

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