Au tour des garderies

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(Québec) De nombreux sondages l'ont révélé, les gens ne croient plus les politiciens. C'est le problème auquel est confronté le gouvernement Couillard dans sa démarche pour revenir à l'équilibre budgétaire, qui vient d'atterrir dans les garderies et le monde municipal.

De façon générale, les Québécois reconnaissent que le gouvernement doit mettre fin à ses déficits annuels. À l'exception de Québec solidaire, tous les partis politiques tiennent un discours à peu près similaire sur l'objectif visé. Même le porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger, s'est dit sensible à l'impasse budgétaire, lundi, à l'occasion de la manifestation contre les changements aux régimes de retraite des employés municipaux. Ce sont les moyens utilisés qui font controverse. Et c'est là où le déficit de crédibilité des politiciens est le plus important.

Mercredi, le chef par intérim du Parti québécois, Stéphane Bédard, a accusé le gouvernement de «sous-traiter» une hausse de taxes de 300 millions $ aux municipalités, en les privant de ce montant dans le nouveau pacte fiscal conclu avec les maires. La question est légitime : c'est le rôle de l'opposition de critiquer le gouvernement sur les conséquences de ses politiques. Mais là où il y a déficit de crédibilité, c'est quand M. Bédard crie au cynisme ou à la trahison. C'est lui qui était président du Conseil du trésor et responsable des cordons de la bourse, quand le gouvernement Marois a refilé une hausse de taxes aux commissions scolaires, en sabrant leurs budgets. Il est mal placé pour faire la morale.

La question est quand même pertinente. Les municipalités vont-elles vraiment assumer la coupe budgétaire du pacte fiscal, au lieu de la refiler à leurs contribuables comme l'ont fait les commissions scolaires? Après l'histoire des taxes scolaires, c'est donc un acte de foi que l'on demande à des contribuables devenus cyniques.

Le même déficit de crédibilité entache le tout dernier débat lancé par la nouvelle du Devoir, selon laquelle Québec s'apprête à moduler les frais de garderies selon les revenus des familles. L'opposition dénonce cette intention, au nom du sacro-saint principe de l'universalité. C'est précisément le même débat, sous une forme différente, auquel on a assisté pendant la crise sur les droits de scolarité. Le gouvernement Charest plaidait alors que ce sont les enfants des mieux nantis qui fréquentent le plus l'université et qui bénéficient donc des bas tarifs. Peu importe cet argument, les adversaires de la réforme Bachand réclamaient le statu quo, et même la gratuité scolaire!

Le débat sur les garderies se dirige dans la même direction. Le premier ministre Philippe Couillard a fait valoir mercredi que le régime doit protéger les familles de la classe moyenne, mais qu'il doit être «équitable» et refléter «la structure des revenus». Sur le fond, il n'a pas tort, mais il va se heurter une fois de plus au principe de l'universalité.

Mercredi, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a fait valoir que si le gouvernement désire instaurer une véritable progressivité dans le fardeau fiscal, il n'a qu'à augmenter l'impôt des plus riches. En théorie, c'est vrai. Mais les statistiques ont déjà démontré que les vrais riches ne sont pas si nombreux qu'on le pense. Si on veut qu'elle rapporte des revenus supplémentaires appréciables, une majoration des impôts devrait toucher également la classe moyenne.

C'est ça, la cause du déficit de crédibilité des politiciens. L'écart entre les principes défendus et les solutions proposées est généralement trop grand, et mène à des contradictions trop évidentes.

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