Le verdict tombe sur le boisé Woodfield

Le promoteur du boisé Woodfield, dans Sillery, a... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le promoteur du boisé Woodfield, dans Sillery, a lancé hier les travaux de déboisement, 24 heures après la décision favorable de la Cour supérieure.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La cause avait valeur de symbole. Ses conséquences n'ont pas tardé. Au lendemain d'une décision de la Cour supérieure lui donnant raison, le promoteur du boisé Woodfield, dans Sillery, a lancé mercredi des travaux de déboisement.

Un premier érable centenaire a été mis au sol et un chêne suivra, puis une cinquantaine d'arbres plus petits et de peu d'intérêt. Les 10 autres centenaires du boisé ne seront pas touchés.

Ainsi prend fin (pour l'instant) une saga de quatre années de débats publics parfois bruyants sur la possibilité de construire près du cimetière Saint-Patrick, dans l'arrondissement historique.

Des lobbies de citoyens, historiens, scientifiques et acteurs politiques s'y opposaient, dont le maire Labeaume.

Ça n'a pas empêché la Ville de délivrer au printemps dernier le permis d'abattage et de construction pour 63 condos sur 5 étages et 107 cases de stationnement souterrain.

Le promoteur Bilodeau Immobilier détient aussi depuis décembre 2013 l'autorisation du ministère de la Culture.

C'est cette autorisation qui était contestée en cour. Le promoteur devait attendre le jugement pour procéder, ce qui est maintenant chose faite.

À moins d'une injonction, d'une procédure d'urgence ou d'un appel, le projet est désormais en route.

C'est un voisin, Les Jardins de Coulonge, qui a mené la bataille juridique. Il alléguait que le ministre d'alors, Maka Kotto, n'avait pas suivi les «bons critères».

Qu'il n'avait pas le droit d'écouter les avis externes comme celui de la Commission de la capitale nationale (CCN).

Dans cet avis, la CCN estimait que «le boisé Woodfield ne présente aucun caractère distinctif ou exceptionnel» et que sa valeur patrimoniale est «faible».

Peut-être la CCN avait-elle vu elle aussi les photos d'époque montrant que le terrain Woodfield n'était pas boisé il y a 40 ans encore.

La CCN rappelait aussi la présence d'autres espaces verts accessibles au public à proximité immédiate du boisé.

Le juge Marc St-Pierre croit que le ministre avait parfaitement le droit de considérer l'avis de la CCN et que cela faisait partie de son pouvoir discrétionnaire.

Le juge rejette aussi les autres arguments du voisin. Par exemple, que l'excavation va empiéter sur une bande boisée de cinq mètres devant impérativement être conservée.

Peut-être, note le juge, mais puisque cette bande boisée sera reconstituée ensuite, il n'y a pas grand dommage.

***

Les opposants au projet Wood-field trouveront peut-être une mince consolation dans quelques passages de la décision.

Le juge convient que la construction va amoindrir la valeur patrimoniale du boisé. Il admet aussi que des arbres que le promoteur a l'obligation de déplacer pourraient ne pas survivre.

Il rappelle cependant que «la cour n'avait pas à juger de l'ensemble de la preuve mais à évaluer les motifs de la demanderesse pour faire invalider la décision du ministre».

Le tribunal ne se prononce donc pas sur les questions de fond. Celles que soulève le projet Woodfield et celles des autres projets sur les terres patrimoniales des communautés religieuses de Sillery.

Le juge n'avait pas à le faire. Ces questions ne sont d'ailleurs pas d'ordre légal mais politique.

Est-il socialement acceptable de construire sur les domaines de Sillery? Si oui, à quelles conditions?

L'intérêt public est-il vraiment de conserver l'intégralité de chacun des domaines? Une posture dogmatique qui ne profite souvent qu'aux voisins immédiats.

Ou l'intérêt public ne serait-il pas plutôt d'en juger au mérite? Protéger ce qui doit l'être; y aménager si possible des accès publics; permettre pour le reste un lotissement raisonnable qui ne compromet pas le paysage, le patrimoine et la qualité de vie du voisinage. Des projets qui, de surcroît, rapportent des revenus de taxe et permettent de densifier un quartier déjà pourvu de services.

C'est le cas, me semble-t-il, du projet Woodfield que son promoteur a maintes fois remanié et revu à la baisse, jusqu'à le rendre socialement acceptable.

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