Sans grandes conséquences

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La libérale Janet Jones, qui a dû se contenter de la deuxième place lundi, a pu compter sur le soutien de son chef Philippe Couillard.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Il en aura coûté 600 000 $ pour redonner un autre député caquiste à Lévis. Cette élection complémentaire ne nous a rien appris de nouveau sur l'humeur des Québécois.

Le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Paradis, a obtenu un plus fort pourcentage que Christian Dubé en avril, mais la libérale Janet Jones a maintenu la position du Parti libéral du Québec (PLQ). Les deux partis ont profité du désarroi temporaire au sein du Parti québécois (PQ), la CAQ plus que les libéraux, probablement à cause de la notoriété de son candidat. Il faudra donc attendre l'élection complémentaire dans Richelieu visant à remplacer la péquiste Élaine Zakaïb. Richelieu appartient au PQ depuis plus de deux décennies. La CAQ et le PLQ y ont fait du coude à coude en avril dernier. C'est là que le PQ devra démontrer qu'il a encore un avenir. Et c'est là que libéraux et caquistes auront une chance de modifier le rapport de forces à l'Assemblée nationale.

***

Les chartes et PKP

Pierre Karl Péladeau a raison: les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés protègent son droit de faire de la politique active. 

L'article 22 de la Charte québécoise, cité par M. Péladeau, est clair: «Toute personne légalement habilitée et qualifiée a droit de se porter candidat lors d'une élection et a droit d'y voter.» L'article 3 de la Charte canadienne dit la même chose: «Tout citoyen canadien a le droit de vote et est éligible aux élections législatives fédérales ou provinciales.»

Mais tant qu'à invoquer ses droits constitutionnels, M. Péladeau aurait pu parler également de l'article 2 de la charte fédérale, qui garantit «la liberté de la presse et des autres moyens de communication».

Parce que c'est également de ce droit dont il serait question: la présence d'un propriétaire de presse en politique active pose-t-elle des contraintes indues à ses employés journalistes chargés de couvrir, d'analyser et de critiquer son travail de politicien? Je vois déjà la Fédération professionnelle des journalistes répondre par l'affirmative à cette question.

Je ne suis pas juriste. Mais je suis journaliste et je sais d'expérience qu'il sera délicat, sinon impossible pour les chroniqueurs de Québecor de critiquer objectivement le travail de M. Péladeau à la tête du PQ s'il demeure leur grand patron. Et je suis également convaincu qu'il serait tout aussi délicat pour les journalistes de Québecor de faire des enquêtes poussées sur les agissements d'un gouvernement Péladeau. Les journalistes et les chroniqueurs de Gesca seraient dans une situation tout aussi difficile si André Desmarais se faisait élire et devenait chef du Parti libéral.

Indépendamment du mérite de la chose, c'est un débat fascinant que vient d'ouvrir M. Péladeau en se réclamant des chartes des droits. Que ferait la Cour suprême si on lui demandait de trancher entre le droit de faire de la politique et la liberté de presse? Que diraient les juges si on leur faisait la démonstration que la propriété d'une entreprise de presse par un politicien constitue une entrave à la liberté de ses journalistes?

Quoi qu'il en soit, ce débat ne sera jamais porté devant les tribunaux. L'Assemblée nationale ne fera pas l'erreur d'interdire à M. Péladeau de diriger le PQ, et ce dernier ne voudra certainement pas voir les tribunaux se pencher sur son cas.

D'autant plus que sur le fond, ce n'est pas de droits constitutionnels dont il est question ici, mais de conflit d'intérêts. Les chartes n'ont pas pour rôle de définir ou de décrire les situations de conflits d'intérêts. C'est le mandat des commissaires à l'éthique, et il a déjà été démontré qu'il y a parfois incompatibilité entre la vie politique et le monde des affaires. Ce sont d'ailleurs les raisons invoquées dans le passé par le PQ pour forcer David Whissell à choisir entre la politique et sa compagnie d'asphalte.

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