À la table des géants

Une table de 8000 milliards $US. L'organisation a... (Photo fournie par IIR)

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Une table de 8000 milliards $US. L'organisation a fait construire à Saint-Augustin une table démontable qui la suit désormais les réunions de l'Institutionnal Investors Roundtable à travers le monde. Sur la photo, la salle de bal du Château Frontenac l'an dernier. La rencontre ayant depuis pris le l'ampleur, une deuxième rangée sera ajoutée derrière la première.

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(Québec) Des dirigeants de grands fonds d'investissements totalisant plus de 8000 milliards $US se réuniront discrètement au Château Frontenac la semaine prochaine.

Ces investisseurs, dont le portefeuille fait 30 fois le budget du Canada et près de 100 fois celui du Québec, viendront des Émirats Arabes Unis, des États-Unis, du Canada, de l'Europe, de la Chine, de la Russie.

Ils représentent 38 fonds de pension et fonds souverains des cinq continents. La Caisse de Dépôt (188 milliards $US), Omers (61 milliard $US) et Teachers' (132 milliards $US) seront du nombre, bien que des joueurs modestes à cette table de géants.

Quel intérêt ont ces investisseurs concurrents à venir s'asseoir à une même table? Vous ne serez pas surpris : un intérêt d'affaires. 

Ces fonds cherchent à améliorer leurs rendements à long terme et à élargir leurs horizons. 

En partageant leur expertise, il leur devient plus facile d'investir directement dans des projets sans passer par Wall Street et les fonds spéculatifs. Ils peuvent ainsi économiser de coûts de gestion et obtenir de meilleurs rendements. 

Ces rencontres d'initiés permettent aussi de soutenir l'innovation et de repérer des partenaires potentiels pour des projets dans des marchés moins familiers.

Un des thèmes de la semaine prochaine et des années à venir sera l'Afrique. Le sujet était à l'ordre du jour avant la crise du virus Ebola et le restera après. 

Cette crise rappelle que l'Afrique souffre d'un sous investissement dans les infrastructures de toute nature, notamment en santé.  

Les grands investisseurs peuvent ici faire une différence, mais n'agissent pas sous le coup de l'émotion ou l'urgence du moment. 

Ni en réaction aux contextes politiques locaux, comme les manifs pour la démocratie à Hong Kong ou le conflit en Ukraine.

S'il en était ainsi, les investissements seraient remis en question à chaque soubresaut de l'actualité et le concept du long terme s'en trouverait compromis.

Cela peut soulever des enjeux éthiques qu'il appartient à chaque fonds de gérer selon ses valeurs. On verrait mal la Caisse de Dépôt du Québec qui gère l'argent des payeurs de taxes s'associer à des dictatures. D'autres fonds auront moins de scrupules, mais s'ils veulent travailler en partenariat, devront peut-être relever leurs standards.  

Les rendez-vous IIR (Institutionnal Investors Roundtable) ont été lancés en 2011. Ils se tiennent depuis deux fois par année, en alternance à Québec et dans une autre ville (les dernières ont eu lieu à Beijing, Banff et Abu Dhabi).

La rencontre de la semaine prochaine sera la neuvième et la plus importante à ce jour. À Banff l'an dernier, on ne comptait que 27 fonds totalisant un modeste 2000 milliard $US ! 

Pourquoi se réunir à Québec qui n'est pas la porte d'à côté pour les grands fonds ni une plaque tournante de la finance internationale? 

Simple. Parce que l'idée de cette «Conférence de Québec» est née ici. Un avocat d'affaires, Christian Racicot, en est l'instigateur et le président. 

L'impulsion de départ remonte à 2003. M. Racicot cherchait alors un moyen d'aider des entreprises de Québec à mieux réussir par un meilleur accès au capital de risque. 

Il s'est associé à Steven Hurwitz, un avocat conseil de Boston, avec qui il a organisé les premières rencontres de «VC» (Venture Capitalists) à Québec. L'idée était de partager le savoir-faire et de créer des occasions de contacts avec des entreprises et chercheurs locaux. 

Le projet a cependant pris de l'ampleur et a glissé avec les années vers une rencontre de gros investisseurs institutionnels plutôt que de «VC».

Le lien avec la ville de Québec a fini par devenir de plus en plus ténu. C'est ce qui pousse Me Racicot à vouloir revenir aux sources cette année.

Il fera coïncider la rencontre des investisseurs institutionnels avec une conférence destinée aux entreprises locales et à des décideurs publics. 

Le «VC» Jeff Bussang de Boston, auteur de Mastering the VC game en sera le point de mire.

L'objectif est encore une fois d'offrir aux entrepreneurs des outils pour «se brancher sur l'écosystème du smart money», explique M. Racicot.

Ceux qui réussissent diront qu'il y a toujours de l'argent pour les bons projets. La réalité de Québec est cependant qu'une majorité d'entrepreneurs ne connaissent pas le mode d'emploi du capital de risque et se privent ainsi d'un levier intéressant.

En cette période où l'argent public est si rare, il est presque impensable de voir à Québec une telle concentration d'argent et de pouvoir. 

Il suffirait que les géants aux poches profondes échappent quelques milliards sous la table en se relevant et on se prend à imaginer tous les projets qui pourraient naître : TGV, tramway, etc. On serait même contents d'une peinture neuve sur le Pont de Québec.

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