Le PQ sous haute surveillance

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(Québec) Il y a plus d'observateurs officiels à la conférence des présidents du Parti québécois (PQ) qui se tient samedi à Sherbrooke. Plus de 300 observateurs pour surveiller les 175 délégués officiels...

L'inscription se poursuit jusqu'à samedi, sur les lieux de la réunion. Il suffit d'avoir une carte de membre en règle depuis au moins 30 jours pour y participer. Une participation sans droit de vote, mais avec la possibilité de prendre la parole, ce qui n'est pas rien, au PQ.

De l'aveu même des organisateurs, on n'a pas vu un tel intérêt depuis la course à la direction du parti de 2005, qui opposait neuf candidats et qui s'était terminée par la victoire d'André Boisclair. Même si Boisclair était le favori des parieurs, il y avait une véritable compétition entre lui et Pauline Marois, sa principale rivale. Boisclair a obtenu une majorité au premier tour, mais Mme Marois a tout de même récolté 30 % des voix.

Or, de prime abord, ça ne semble pas être le cas samedi. La plupart des observateurs et des candidats potentiels tiennent pour acquis que c'est Pierre Karl Péladeau qui va l'emporter.

Mais ce que craignent beaucoup de militants et certains députés, c'est qu'une trop forte proportion d'élus se précipitent prématurément dans le camp Péladeau, sans prendre le temps de le connaître et de l'entendre défendre publiquement sa vision de l'avenir.

La sortie publique de Pascal Bérubé en faveur de M. Péladeau, cette semaine, a rappelé à plusieurs l'empressement de Sam Hamad à donner son appui à Philippe Couillard, pour s'assurer d'une place au sein d'un éventuel cabinet libéral.

Ce ne serait pas la première fois que les députés d'un parti se jettent les yeux fermés dans le camp du favori. On a vu le même phénomène au PQ en 1985, quand les députés se sont ralliés en masse derrière la candidature de Pierre Marc Johnson. Ce qui n'a pas empêché M. Johnson de subir la défaite quelques mois plus tard devant Robert Bourassa. À Ottawa, les députés libéraux ont connu le même sort en préférant John Turner à Jean Chrétien en 1984, parce qu'il leur semblait le meilleur «poulain» pour conserver le pouvoir. Turner s'est révélé maladroit et rouillé. Il a mordu la poussière trois mois plus tard aux mains de Brian Mulroney.

Pierre Karl Péladeau est-il un Jean Chrétien ou un John Turner? La course à la direction du parti permettra de l'évaluer. Mais pour bien faire, il devra mériter la confiance et l'estime des militants, ce à quoi John Turner avait misérablement échoué chez les libéraux fédéraux en 1984. En annonçant sa victoire devant les délégués, la présidente du parti, Iona Campagnolo, avait déclaré que c'est Jean Chrétien qui avait gagné le coeur des militants...

Voilà pourquoi un trop grand empressement des députés à se jeter dans le camp Péladeau serait préjudiciable au débat. Les péquistes ont tellement souffert de la défaite électorale d'avril dernier, qu'ils ont besoin d'un leader inspirant pour les motiver. Or contrairement à ses prédécesseurs comme Bernard Landry et Pauline Marois, M. Péladeau ne connaît pas bien le PQ. Malgré sa notoriété, il est encore peu connu des militants. Tout comme Bernard Drainville, il a rencontré privément plusieurs députés et présidents d'associations au cours des derniers mois. Mais à l'opposé de Drainville, qui a eu le temps d'établir des liens personnels avec les péquistes depuis 2012, M. Péladeau est un nouveau venu au parti. C'est là sa vulnérabilité, reconnaissent ses collègues au caucus. Celle de Drainville est d'avoir mené le débat sur la charte de la laïcité, et celle de Lisée tient à son image d'un Montréalais trop parfait.

Lisée et Drainville compteront parmi les principaux adversaires de Péladeau, le premier sur le plan des idées, le deuxième par son populisme et ses efforts pour s'inspirer de René Lévesque. Martine Ouellet et Alexandre Cloutier seront également de la partie. Dans les deux cas, leur participation annonce des débats de fond intéressants. Cloutier à cause de sa connaissance des rouages constitutionnels, et Ouellet parce qu'elle s'identifie à la gauche «pressée» du PQ, celle qui s'oppose aux propositions de report d'un prochain référendum sur la souveraineté.

Si le scénario d'un congrès à la direction du parti à la mi-avril est approuvé, c'est six mois de débats passionnés qui attendent les candidats. Et c'est M. Péladeau, parce qu'il est le cheval de tête, qui sera le plus mis au défi. «C'est long, six mois, m'a signalé un ancien ministre de Pauline Marois, en rappelant la dernière campagne électorale. En moins de deux mois, nous sommes passés d'un scénario de victoire à la défaite...»

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