Véronique Hivon, la marraine des soins de fin de vie

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Véronique Hivon

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(Québec) Véronique Hivon a eu un mot pour sa mère, mardi, dans son discours sur le projet de loi 52 concernant les soins de fin de vie. «Ma mère, a-t-elle dit, qui a été une grande inspiration pour ces travaux-là...»

Françoise Brissette Hivon est décédée le 22 mars 2008, «à la suite d'une lutte digne et courageuse», peut-on lire sur l'avis de décès. Une lutte contre le cancer.

Faut-il y voir un lien avec la motion déposée par sa fille en décembre 2009, demandant à l'Assemblée nationale de se pencher sur les soins accordés aux personnes en fin de vie?

En partie seulement. «Le sujet m'interpellait depuis la fin de mes études universitaires», m'a-t-elle raconté, jeudi, une heure avant l'adoption de son projet de loi. «La cause de Sue Rodriguez [décédée en 1994] est survenue pendant mes études en droit. J'ai toujours eu beaucoup d'intérêt pour les questions de droit et d'éthique médicale. J'ai accompagné quelques personnes en fin de vie, proches de moi. J'ai pu voir des fins de vie absolument extraordinaires, et j'ai pu voir des soins palliatifs formidables, mais j'ai pu voir aussi que parfois, les soins palliatifs peuvent avoir des limites.»

Son intérêt était donc au rendez-vous, à l'automne 2009, lorsque le Collège des médecins a déposé un rapport demandant à l'Assemblée nationale de se saisir de cette question. Avocate de formation et membre du Barreau, Mme Hivon estimait alors qu'il était du devoir des élus de statuer sur ce sujet délicat, au lieu de laisser le fardeau aux tribunaux.

L'affaire aboutira quand même devant les tribunaux: une requête en Jugement déclaratoire a été déposée en Cour supérieure il y a 10 jours pour bloquer cette loi, sous prétexte qu'elle est contraire à la Constitution canadienne et aux droits fondamentaux. Mais la volonté exprimée par le législateur québécois est manifeste : après plus de quatre ans de travail, de débats respectueux, mais empreints d'émotivité, la loi 52 a obtenu l'appui de 94 députés contre 22.

Ce résultat marque la fin d'un long cheminement pour Véronique Hivon. Elle était dans l'opposition lorsqu'elle a déposé sa motion, à la fin de 2009, elle a piloté les travaux lorsqu'elle était au pouvoir en 2012-2013, et elle a vu l'adoption de son projet de loi cette semaine, de retour dans l'opposition. De retour devant un premier ministre, Philippe Couillard, à qui elle avait fait la lutte dans Jean-Talon à Québec, lors de sa première tentative de se faire élire à l'Assemblée nationale en 2007.

Vie et fin de vie...

Véronique Hivon a créé tout un émoi en démissionnant du Conseil des ministres de Pauline Marois, le 18 octobre 2012. Elle venait d'apprendre qu'elle était enceinte, une première grossesse qu'elle n'espérait plus, à l'âge de 42 ans. L'espoir de donner la vie l'a emporté sans hésitation sur les ambitions politiques.

Cette histoire fait image, parce qu'elle est survenue en parallèle avec ses efforts sur l'aide médicale à mourir et les soins de fin de vie. «La réalité du début de la vie et de la fin de la vie a toujours cohabité, explique-t-elle aujourd'hui. Quand ma mère était en fin de vie, ce à quoi elle s'accrochait beaucoup, c'était la venue de ma fille que j'ai adoptée au Viêtnam. Ma mère est décédée au printemps de 2008, mais l'espoir de rencontrer sa petite-fille était très présent dans son combat contre la maladie.»

Véronique Hivon est devenue députée et mère à une semaine d'intervalle. «Pendant la campagne électorale de 2008, j'ai su qu'on avait un enfant qui nous attendait au Viêtnam. Donc, j'ai été élue le 8 décembre, et le 18 décembre, j'ai eu ma fille dans mes bras.»

La vie... et la fin de vie. «Pour moi, ce sont deux étapes fondamentales de la vie, et c'est pourquoi je dis toujours que le projet de loi ne porte pas que sur l'aide médicale à mourir. Il porte également sur l'accompagnement des personnes dans l'étape ultime de leur vie, avec toute la complexité de leurs besoins et toute leur individualité.»

De Joliette à Québec

Véronique Hivon est née en 1970 à Joliette, d'un père dentiste, et d'une mère infirmière. Sa feuille de route scolaire est impressionnante : baccalauréat en droit civil et en common law de McGill; maîtrise en analyse et planification de politiques sociales de la London School of Economics; Barreau du Québec en 1996; études de deuxième et troisième cycles en administration publique à l'École nationale d'administration publique de 2003 à 2006.

C'est la bourse Jean-Charles-Bonenfant qui lui a ouvert les portes de l'Assemblée nationale en 1996-1997. Elle y a fait un stage chez Henri-François Gautrin et Serge Ménard. Ce dernier retient ses services, d'abord comme attachée politique et, ensuite, à titre de directrice de cabinet adjointe de 1997 à 2000. En 2001-2002, on la retrouve au poste de directrice adjointe du Centre de recherche en droit privé et comparé du Québec à la Faculté de droit de McGill. Sa carrière la ramène ensuite au gouvernement, d'abord au Conseil exécutif, et ensuite au ministère de la Justice jusqu'en 2008, année de son élection dans Joliette.

Ses loisirs vont du cinéma (une fan de Xavier Dolan) au ski alpin (Massif de Charlevoix) et aux voyages. Elle se passionne pour l'Espagne, où elle a appris l'espagnol.

*****

La succession de Pauline Marois?

La candidature possible de Véronique Hivon à la succession de Pauline Marois circule au Parti québécois depuis la défaite du 7 avril. Elle «ne l'exclut pas», admet que «plusieurs personnes lui en parlent», mais affirme que sa priorité, pour le moment, c'est de contribuer significativement au débat d'idées» qui s'annonce. «On ne peut plus faire l'économie d'un examen en profondeur, d'une remise en question.» Elle ne ferme «aucune porte», mais elle ajoute que pour elle, «les idées passent avant les personnes, et qu'il ne faut pas chercher un sauveur ou une sauveuse». Elle dit espérer «qu'on va se donner le temps pour permettre un débat d'idées avant la course».

Véronique Hivon croit en la politique. «Si j'ai décidé d'aller en politique, c'est vraiment pour aller au bout d'un engagement, d'abord pour la souveraineté du Québec, mais aussi pour plus d'équité, une meilleure égalité des chances pour les personnes vulnérables.» Elle se dit «profondément souverainiste». Elle explique qu'il y a «beaucoup de frustrations dans l'exercice du pouvoir, avec des pouvoirs qui ne sont pas complets et des leviers qui ne sont pas tous là. Juste dans le dossier de l'itinérance, j'y ai été confrontée».

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