Bilan de l'administration Labeaume: pour le meilleur et pour le pire

L'administration Labeaume a été ce qu'elle avait annoncé,... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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L'administration Labeaume a été ce qu'elle avait annoncé, et le maire, fidèle à lui-même.

Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) C'est parti. Pour le meilleur et pour le pire. Il est de tradition en début de campagne de faire le bilan du mandat qui s'achève.

L'administration Labeaume a-t-elle rempli ses promesses? Les citoyens de Québec ont-ils reconnu le maire qu'ils ont élu presque par acclamation en 2009?

Je pense qu'il faut répondre oui. Il n'y a pas eu de surprise. L'administration Labeaume a été ce qu'elle avait annoncé, et le maire, fidèle à lui-même. Pas différent de celui du premier mandat écourté et coloré par la magie de 2008.

On peut avoir aimé ou ne pas avoir aimé, mais les citoyens n'ont été ni trahis ni trompés.

Cela n'empêche pas les divergences de perception. La dette par exemple, premier sujet à l'ordre du jour de cette campagne. Celle-ci a augmenté depuis quatre ans. Un fait incontestable.

Mais la Ville s'est dotée d'un «cadre» pour la réduire et en limiter l'impact sur le budget.

Équipe Labeaume a-t-elle rempli sa promesse de saine gestion et de performance? Veut-on voir le verre à moitié vide ou à moitié plein? C'est la difficulté des bilans.

On peut recenser une centaine d'engagements pris par Équipe Labeaume en 2009, la majorité à l'échelle des quartiers. Les journalistes avaient réussi à arracher un chiffre sur le coût de ces promesses : 270 millions $.

Ça vaut ce que ça vaut, et c'est surtout impossible à vérifier. Des projets ont été réalisés, d'autres en partie, certains plus tard.

Le taux de réalisation des engagements est aussi aléatoire. Équipe Labeaume dit avoir rempli 87 % de ses promesses.

L'évaluation est généreuse et certainement subjective, mais en étirant l'élastique, on peut trouver des faits pour la soutenir.

La promesse d'améliorer les conditions de déplacement des piétons, par exemple.

Équipe Labeaume a coché «oui» en évoquant une campagne de sensibilisation routière et le projet de radars photo.

J'ajouterais que la police de Québec a profité des semaines annuelles du piéton pour coller des contraventions aux... piétons.

L'administration Labeaume a-t-elle rendu la ville plus agréable et plus facile pour les piétons? On est ici dans les perceptions.

Vous trouverez sur le site Internet http://www.equipelabeaume.ca la liste complète des engagements de 2009 et des actions qui en ont résulté.

Je vous propose aussi mon propre bilan : les cinq grandes réalisations du mandat et cinq échecs. Je n'ai pas osé mettre de chiffres ni de pourcentages.

La liste des réalisations pourrait s'étirer longtemps. Nouveaux équipements de sport, nouveaux parcours Métrobus, PEPS, croisières en expansion, loisirs gratuits, etc.

Celle des échecs aussi : Clotaire Rapaille; renoncement olympique; vide au Patro Saint-Vincent; coffre-fort virtuel qui laisse de marbre, lenteurs de la technoculture, etc.

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L'amphithéâtre est en chantier. Promesse tenue.... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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L'amphithéâtre est en chantier. Promesse tenue.

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Les réalisations

>> L'amphithéâtre

C'était la grande promesse de 2009. Ce fut le grand dossier de ce mandat. L'amphithéâtre est en chantier. Promesse tenue. On peut chipoter que le montage financier n'est pas celui annoncé et que la Ville paiera plus cher. Mais elle recevra plus avec l'entente avec Québecor. Dans l'esprit des citoyens, l'administration Labeaume a livré ce qu'elle avait promis.

>> Les plans d'aménagement

Équipe Labeaume avait promis une ville plus verte et un plan de développement durable. Elle a tenu parole sur papier. Le plan de mobilité durable (avec tramway) a été la pièce maîtresse. La Ville a aussi initié des projets d'écoquartiers et livré des programmes particuliers d'urbanisme (PPU) qui annoncent une ville plus dense, mais offrant une meilleure qualité de vie.

>> La réorganisation

On avait promis de revoir le fonctionnement de la Ville, de simplifier des opérations, de réduire le nombre d'élus et le nombre d'emplois. Il y a des résultats : 600 postes abolis, permis simplifiés, nombre de districts réduit de 27 à 21; création de fonds de réserve, adoption d'un cadre financier, etc.

>> Une ville attractive

La ville la plus attractive au pays, disait-on. On va se garder une petite gêne, mais Québec est restée sur la lancée de 2008 avec des spectacles et des nouveaux événements : vélo et ski au centre-ville; Bordeaux, Noël, festival de bière et de cinéma, etc. Quelques bémols; des assistances en baisse au Moulin à images. En général, du plaisir, mais des retombées économiques pas toujours démontrées.

>> La moralité

Malgré de récentes révélations sur la collusion dans des firmes d'ingénieurs de Québec, l'administration Labeaume sort indemne d'une période turbulente marquée par la corruption dans le monde municipal au Québec. C'est en soit une réalisation importante.

À cause du trafic, la qualité de vie... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

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À cause du trafic, la qualité de vie se dégrade à Québec.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Les ratés

>> La circulation

Ce n'était pas à proprement parler un engagement, mais c'est le grand échec du dernier mandat. À cause du trafic, la qualité de vie se dégrade à Québec. Il faudra des réponses à court terme en attendant le grand projet salvateur.

>> La densification et la mobilité erratiques

Les objectifs sont irréprochables, mais le discours et l'exécution laissent parfois à désirer. Des citoyens se sentent bousculés. Le maire doit tenir compte de la réalité politique, mais on ne sait plus toujours où il loge, entre plus d'autos et plus de transports en commun.

>> Relations de travail

L'administration Labeaume ne réussit toujours pas à s'entendre avec ses syndicats sur les conventions collectives et les régimes de retraite. Ce n'est pas seulement la faute du maire, mais on voit à quel point il est difficile de remettre la pâte à dent dans le tube quand elle en est sortie.

>> Les taxes

La grogne des gens d'affaires le printemps dernier montre qu'il y a des limites à étirer l'élastique. L'administration a beau dire qu'elle a gardé les hausses de taxes sous l'inflation, ce n'est plus vrai pour beaucoup de citoyens.

>> Les Nordiques

Le maire n'avait rien promis et a tout fait ce qu'il pouvait, y compris nourrir l'espoir. Déception. Toujours pas de Nordiques.

La liste des réalisations pourrait s'étirer longtemps. Nouveaux équipements de sport, nouveaux parcours Métrobus, PEPS, croisières en expansion, loisirs gratuits, etc.

Celle des échecs aussi : Clotaire Rapaille; renoncement olympique; vide au Patro Saint-Vincent; coffre-fort virtuel qui laisse de marbre, lenteurs de la technoculture, etc.

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Je reviens dimanche sur les forces en présence et les grands enjeux de la campagne qui commence.

Celle-ci aura, comme chaque fois, ses temps forts, ses accidents, ses surprises. Mais je vois mal comment elle pourrait s'approcher du suspense et de la portée des grandes campagnes de l'histoire récente.

J'ai dressé mon «top 3» des 25 dernières années.

1: Jean-Paul L'Allier contre Jean-François Bertrand (1989)

Une collision entre deux visions de la ville.

La démocratie contre l'autoritarisme, incarnée par le parti de Jean Pelletier dont M.Bertrand venait de prendre la direction.

Un urbanisme de rénovation à échelle humaine contre celui des centres d'achats et des autoroutes.

Le vent avait tourné en faveur de M.L'Allier au débat télévisé des chefs.

2: Jean-Paul L'Allier contre Andrée Boucher (2001)

La bataille de la nouvelle ville. Le maire de la ville centre contre la championne des banlieues. La collision de deux personnalités fortes capables de s'aimer, de se détester et d'en rire. Le premier perçu comme élitiste; l'autre, comme une populiste. De l'émotion, de l'inconnu. M. L'Allier a été élu avec 57 % des voix contre 37 % pour Mme Boucher, mais fut minoritaire au Conseil.

3: Andrée Boucher contre Marc Bellemare (2005)

La campagne a fait mentir la fable du lièvre et de la tortue. M. Bellemare, parti tôt, longtemps favori et seul en piste, coiffé au fil d'arrivée par Mme Boucher, entrée en scène à la dernière minute.

Deux campagnes extrêmes. Celle de M. Bellemare, généreusement (et en secret) financée par des professionnels; celle de Mme Boucher, minimaliste et sans pancarte.

En fond de scène, deux acteurs de soutien, Claude Larose pour l'ancien parti de M. L'Allier et P-Michel Bouchard, aujourd'hui pdg du Centre des congrès.

L'élection de Mme Boucher a scellé la revanche de la banlieue et marqué le véritable début d'une ville nouvelle qui n'allait plus jamais regarder en arrière.

Bonne campagne.

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