Faire payer les «vieux»?

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(Québec) Il y avait des écrans partagés sur les grands réseaux de télévision lundi et mardi.

D'un côté, la commission Charbonneau, où l'on cherchait à comprendre comment on a pu se faire voler des centaines de millions de dollars par des entrepreneurs véreux et des fonctionnaires corrompus.

De l'autre, les délibérations du Sommet sur l'enseignement supérieur, où l'on se demandait où prendre les centaines de millions de dollars supplémentaires qui nous manquent pour financer l'éducation sans endetter les étudiants.

Ce n'est qu'une caricature du Québec 2013 que nous renvoyait le petit écran, l'image d'une société partagée entre ses besoins et ses moyens. Une image plus complète nous aurait annoncé un autre débat en devenir qui risque d'opposer deux générations: l'éducation et la santé, les jeunes et les moins jeunes.

La santé, c'est l'explosion des coûts à cause du vieillissement de la population.

L'éducation, c'est l'absence de moyens pour contrer le décrochage scolaire du secondaire jusqu'à l'université. Un décrochage qui va nous priver des milliers de diplômés dont on aurait besoin pour contrer la pénurie de main-d'oeuvre de cette société vieillissante... et payer des impôts pour lui assurer les services essentiels.

Ironie du sort, Pauline Marois a été ministre de l'Éducation et de la Santé. Tout comme François Legault, d'ailleurs. Les deux connaissent très bien les enjeux.

Depuis le tournant de l'an 2000, c'est la santé qui a retenu l'attention. La grève des infirmières sous Lucien Bouchard et l'envoi de cancéreux aux États-Unis pour y recevoir des traitements sous le ministère de Pauline Marois ont dirigé les projecteurs de l'actualité vers les besoins criants du réseau de la santé. Jean Charest a été élu en 2003 sur la promesse d'injecter des milliards de dollars dans ce réseau. Il a tenu parole, mais les besoins sont toujours aussi criants. Les coûts du vieillissement de la population sont un gouffre financier sans fond.

La révolte des étudiants le printemps dernier a relégué la santé au second plan. Ce sont les besoins en éducation qui font dorénavant la manchette. Le gouvernement Marois promet d'injecter 1,7 milliard$ de plus dans le réseau universitaire d'ici 2018-2019 si l'économie va bien... C'est un gros si. Les nombreux chantiers dont la première ministre a annoncé la création à l'issue du Sommet sur l'enseignement supérieur n'annonceront pas d'économies. Il y aura des factures supplémentaires dans les conclusions de ces chantiers.

Et je ne parle même pas des montants qui seront réclamés par les réseaux scolaires du primaire, du secondaire et du collégial, pour contrer le décrochage et nous rendre concurrentiels avec les institutions ailleurs au Canada et dans le monde.

L'éducation et la santé sont déjà les deux plus gros portefeuilles des enveloppes budgétaires du gouvernement. La santé, c'est les vieux; l'éducation, c'est les jeunes. Après avoir demandé aux jeunes de payer davantage, c'est peut-être vers les moins jeunes que nos gouvernements vont se tourner, tous partis politiques confondus...

La crise sociale est derrière nous, disiez-vous? J'en doute.

P.-S. - Aux fins de cette chronique, les «vieux» ne sont pas nos personnes âgées. Ce sont les boomers qui se dirigent massivement vers la retraite.

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