La paix sociale... vraiment?

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(Montréal) «Alors, vous devez être heureux», m'a lancé Pauline Marois mardi midi, en sortant de son point de presse. J'ai senti là une petite pointe de sarcasme à l'endroit des journalistes dont je suis, qui avaient prédit l'échec du Sommet sur l'enseignement supérieur.

C'était de bonne guerre. Parce qu'à l'intérieur de L'Arsenal où se tenait le sommet, le gouvernement avait de quoi pavoiser. Malgré la frustration des recteurs et le désappointement des leaders étudiants, Pauline Marois a reçu une main d'applaudissements à la fin de son discours de clôture. Les Québécois qui ont suivi cette rencontre en direct à la télévision ont probablement conclu que le gouvernement avait gagné son pari: la paix sociale était de retour et la plupart des participants promettaient de participer à la bonne marche des nombreux chantiers et groupes de travail annoncés par le gouvernement.

«Sur l'essentiel, nous avons réussi à mettre l'affrontement derrière nous», a déclaré Pauline Marois. Évidemment, c'était avant la manifestation violente de l'ASSE dans les rues de Montréal. Cette fois, les manifestants n'avaient pas l'appui des centrales syndicales, de la FEUQ et de la FECQ, mais les images en direct à la télévision ont rappelé le climat de crise qui a prévalu tout le printemps dernier.

La paix sociale est-elle vraiment revenue? Les événements de mardi ont démontré que même isolée, l'ASSE a conservé une capacité certaine de mobiliser ses membres. La fin de la crise dont le gouvernement se donnait mardi le crédit n'est pas encore acquise. C'était peut-être le cas à l'intérieur des murs du bunker où se tenait le Sommet, mais pas dans la rue.

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Objectivement, le gouvernement Marois a quand même bien mené ce périlleux Sommet sur l'enseignement supérieur. Le ministre Pierre Duchesne a tellement multiplié les rencontres et les consultations préparatoires que tout le monde a fini par comprendre qu'il ne servait à rien d'insister pour en obtenir davantage.

Il a fallu quelques tordages de bras et des concessions pour arriver là. Une source à la CSN a révélé que le président Jacques Létourneau a subi les foudres de la chef de cabinet de Mme Marois lundi soir, à cause de ses commentaires pendant la journée. Il était plus sage mardi.

Du côté des fédérations étudiantes collégiale et universitaire, la pilule de l'indexation était en partie digérée. Pierre Duchesne a été bon prince en acquiesçant à la demande de Martine Desjardins qui voulait que les frais afférents fassent également l'objet du mandat du chantier sur le financement des universités. Rien de compromettant pour le gouvernement, mais un beau geste qui a permis à la FEUQ de sauver la face.

Il serait faux par ailleurs de crier au consensus. C'est bien davantage un constat d'incapacité budgétaire que les participants ont fait. D'où la création de tous ces chantiers et groupes de travail où les fonctionnaires tenteront, derrière des portes closes, d'inventer des miracles. Ce sera un exercice rapide, a promis Pauline Marois, qui aimerait bien arriver avec des changements importants avant la prochaine campagne électorale.

Il était assez ironique, dans ce contexte, de voir certains représentants du monde universitaire se féliciter de l'engagement financier à long terme du gouvernement qui leur permettrait d'embaucher 4000 professeurs, chargés de cours et employés de soutien d'ici 2018-2019. On a droit à l'optimisme, mais qui sait ce que nous réservent la politique et les finances publiques dans un délai aussi long?

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