Mieux habiter Saint-Roch

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(Québec) L'administration Labeaume garde le cap sur un immeuble de 16 ou 17 étages à côté de la bibliothèque Gabrielle-Roy, au coeur de Saint-Roch.

On souhaite «l'émergence d'un élément fort d'architecture et d'urbanisme», plaide le conseiller François Picard.

Le nouvel immeuble, planté au carrefour des grands axes de transports en commun et du futur tramway, dépassera ses voisins de plusieurs têtes.

La Ville fait le pari qu'un immeuble «effilé» peut devenir une signature forte pour Saint-Roch. Je suis d'accord.

Mais attention. Un immeuble lourdaud et insignifiant aurait l'effet contraire. Il entretiendrait la perception que la Ville n'a pas appris des erreurs passées et qu'elle cède à l'appétit des taxes sans se soucier des citoyens.

Le quartier Saint-Roch «n'a pas besoin d'un signal; c'est n'importe quoi», s'indigne la conseillère d'opposition Anne Guérette.

C'est vrai que Saint-Roch peut vivre sans ce «signal». Ce n'est pas un élément essentiel de la qualité de vie.

Mais ça peut devenir un élément de marketing et d'attraction d'un quartier; qui sait, de fierté.

Mme Guérette propose sept étages pour limiter les tourbillons de vent et assurer un maximum de soleil sur la place publique devant l'immeuble. La préoccupation est légitime.

Marc Grignon, du Comité des citoyens de Saint-Roch, est d'accord. Il croit que s'il doit y avoir un immeuble phare dans Saint-Roch, ce doit être la bibliothèque Gabrielle-Roy, un immeuble public.

D'autres groupes, notamment dans les milieux d'affaires, ont au contraire appuyé le projet à 16 ou 17 étages.

Comme c'est souvent le cas dans les débats publics, les divergences ont occulté les consensus.

En général, le PPU Saint-Roch est bien reçu et la décision de l'assortir d'une table de concertation d'acteurs du quartier fait l'unanimité.

Ce plan, axé sur le développement durable, consacre la personnalité de Saint-Roch comme quartier du savoir (universités), de culture et de «technoculture», même si je trouve ce concept encore flou et abstrait.

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Le débat sur les hauteurs a aussi occulté le principal enjeu du PPU : mieux habiter le centre-ville.

Les efforts publics des derniers 20 ans ont transformé Saint-Roch, créé un fort pôle d'emplois et des lieux de diffusion culturelle.

Mais le projet reste inachevé. Saint-Roch a gagné 800 résidants depuis 1991, ce qui porte sa population à 7700. La courbe va dans la bonne direction, mais on est loin des 20 000 citoyens de l'époque d'avant le déclin.

«Passé 5h, le quartier se dévitalise», constate la conseillère Chantal Gilbert. Les travailleurs repartent et les rues se vident.

Cela maintient une «problématique de perception de dangerosité» dans Saint-Roch, croit-elle.

Le meilleur moyen d'améliorer le sentiment de sécurité, c'est d'avoir des rues habitées et vivantes en tout temps. L'argument de la Ville est que des immeubles plus hauts permettent de loger plus de citoyens.

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C'est à croire qu'on ne parle pas du même projet. Le conseiller François Picard a déploré lundi la lenteur de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) à faire aboutir le projet de tour à côté de la bibliothèque.

Il a rappelé que le PPU Saint-Roch permet à la Ville d'exproprier un propriétaire qui ferait obstacle à ses plans. Presque une menace.

Le secrétaire-trésorier de la CSQ, Daniel B. Lafrenière, dit n'y rien comprendre. Il a déposé en décembre un projet remanié qui répond aux demandes de la Ville, perçoit-il. Depuis, plus rien.

«Ce n'est pas la Ville qui attend après nous; c'est nous qui attendons. On était sur une bonne lancée. Peu d'éléments nous séparent.» Le prix d'acquisition du terrain appartenant à la Ville est au centre de la discussion.

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La Ville permet officiellement un 16 ou 17 étages, mais la CSQ pourrait s'arrêter à 13 ou 15. Cela va dépendre de sa capacité à vendre des condos. Et à vendre Saint-Roch.

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