Bienvenue, c'est l'hiver des Indiens

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(Ottawa) Demain, les chefs des Premières Nations doivent rencontrer le premier ministre Stephen Harper, et peut-être la gréviste de la faim Theresa Spence, d'Attawapiskat, mettra-t-elle fin à son jeûne extrême.

Mais il ne faut jurer de rien, car au fil des demandes formulées par les autochtones, il faut compter en années et en décennies, pas en journées, avant de redresser ce qui doit l'être.

Juste pour vous expliquer l'écart entre «eux» et «nous», Mme Spence refuse de participer à la rencontre sous prétexte que le gouverneur général David Johnston, représentant de la reine d'Angleterre, ratera le rendez-vous. Elle a même rédigé son testament, nous dit la chaîne autochtone APTN.

Les autochtones devront s'y faire, la monarchie ne gouverne plus rien au pays. M. Johnston inaugure les chrysanthèmes, point à la ligne, et à leur place, je ne perdrais pas de temps à le convoquer, ni à bouder son absence. Il signera ce que le Parlement lui dira de signer.

Les autochtones se présentent en ordre dispersé. Eux qui devaient expliquer leur plan de travail et leurs objectifs aux médias, mercredi, ont annulé leur conférence de presse à 30 minutes d'avis.

Je comprends que l'abondance de contentieux entre eux et Ottawa exige plus de temps de leur part, d'autant plus qu'ils représentent une cinquantaine de nations réparties dans environ 600 communautés. Il est ardu de concocter des mandats de négociation, dans ce contexte.

Le mouvement Idle No More, que je traduirais librement par «Fini le niaisage», poursuivra de son côté ses manifestations sans demander de permission au pouvoir politique.

Cette stratégie a mauvaise presse parce qu'elle dérange notre confort et, surtout, fait souvent fi des lois. Un juge ontarien a même blâmé les policiers pour leur tolérance par rapport à des blocus, il y a quelques jours.

Mais l'expérience des divers printemps arabes comme des carrés rouges québécois de l'an dernier nous prouve qu'une réaction soit brutale, soit indifférente des pouvoirs publics favorise de tels mouvements.

Sans tomber dans les clichés, on peut admettre que pour les autochtones, sur le plan historique, de longs palabres règlent plus de différends que des interventions intempestives.

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Il y a plusieurs années déjà que la bienséance comme la réalité nous ont convaincus de remplacer le mot Indien par l'expression plus juste autochtone, ou encore par son volet plus politique,

Premières Nations.

Si la très officielle Cour fédérale a ramené le vocabulaire courant à l'avant-scène, mardi, dans son jugement fondamental sur leur statut, elle souligne qu'il s'agit là d'un «terrain miné».

Mais le tribunal doit s'en tenir aux termes de droit, et a décrété que les «Indiens non inscrits et les Métis» sont vraiment des «Indiens» et ont droit à ce titre au soutien et à la protection du gouvernement fédéral.

Sa décision bouleverse l'échiquier politique, en cette semaine où la pression monte littéralement d'heure en heure. Car les chefs traditionnels ne dansent pas sur les tables à la suite de ce jugement.

Le nombre d'autochtones inscrits et reconnus doublera d'un seul coup, si la Cour suprême approuve finalement cette décision voulant qu'une personne conserve et transmet son identité lorsqu'elle quitte sa réserve.

Les chefs n'ont aucune autorité sur ces 600 000 oubliés et, pire gifle encore, de leur bout de la lorgnette, ils devront éventuellement partager avec eux l'argent du fédéral.

Stephen Harper, peu friand de palabres, a réitéré cette semaine sa volonté d'agir «étape par étape» dans ce dossier. La méthode lui évite de formuler des objectifs trop ambitieux, ou trop limpides.

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