Si 2013 m'était racontée...

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(Québec) L'humanité évolue la plupart du temps à partir de ses erreurs ou de ses crises. D'où la difficulté de prédire l'avenir, parce que les crises sont rarement prévisibles. Et même lorsqu'elles le sont, les sociétés tardent généralement à prendre les mesures nécessaires pour les éviter.

En Inde, c'est le viol collectif et le meurtre d'une jeune étudiante de 23 ans qui est en train de faire bouger le pays. Le problème était pourtant connu depuis longtemps. Les auteurs de viol jouissent souvent d'une véritable impunité dans ce pays. Certains policiers tentent même de convaincre les victimes de ne pas porter plainte contre les agresseurs et de les épouser...

Les manifestations qui ont suivi le meurtre de la jeune femme ont mené à l'arrestation des présumés coupables. Est-ce un pas vers un véritable changement? Ce n'est pas assuré.

Aux États-Unis, l'ouragan Sandy qui a dévasté la région côtière de New York a réveillé de nombreux Américains à l'urgence d'agir par rapport aux changements climatiques. Pourtant, nos voisins du sud sont encore très nombreux, surtout chez les républicains, à refuser de voir un lien entre les gaz à effet de serre et le réchauffement de la planète. Faudra-t-il d'autres Sandy?

De la même manière, l'horrible tuerie d'une vingtaine d'enfants et de six adultes dans une école primaire de Newtown a renforcé les convictions des tenants d'un meilleur contrôle des armes à feu, mais elle a eu l'effet contraire chez les adversaires d'un tel contrôle. Depuis cette tuerie, les gun shows, ou foires aux armes, sont envahis de citoyens américains qui veulent acheter des armes par crainte que le gouvernement ne limite leur droit constitutionnel d'en posséder. La tragédie de Newtown a frappé l'imaginaire partout sur la planète, mais elle n'a pas convaincu le lobby des armes à feu. Quelle autre crise faudra-t-il?

Plus près de nous, il a fallu des scandales à répétition à Montréal et dans les villes de la couronne Nord de la métropole pour forcer le gouvernement Charest à créer la commission Charbonneau et à doter les corps policiers de moyens d'enquête accrus. Nous avons été estomaqués, cet automne, par l'ampleur de l'infiltration de la mafia dans la construction et par la corruption d'élus et de fonctionnaires. Mais une fois les projecteurs tournés vers autre chose, le choc aura-t-il été suffisant pour éviter de tels abus à l'avenir? Ou au contraire, serons-nous incapables, comme le sont les Américains sur le dossier des armes à feu, d'acquiescer aux correctifs nécessaires?

Une autre crise qui a marqué 2012 est celle de la lutte des étudiants contre la hausse des droits de scolarité. Malgré la pause actuelle, le dossier n'est pas réglé. Les lobbies s'agitent et réclament le maintien de leurs privilèges. Aurons-nous la sagesse collective et le courage nécessaires à la mise en place d'une solution durable?

Si 2013 nous était racontée, ce serait facile de prendre les bonnes décisions. Mais dans un monde de plus en plus complexe et devenu accro à l'information instantanée, il est difficile de cerner les enjeux, de prédire les conséquences de nos erreurs collectives et des crises qui s'ensuivent.

Et surtout, il est tellement plus facile de se passionner pour le sujet du jour ou de l'heure, celui qui fait les manchettes quotidiennes, au lieu de s'interroger sérieusement sur les gestes à faire pour corriger les problèmes identifiés la veille ou l'avant-veille.

En ce début de 2013, souhaitons-nous donc le temps de réfléchir. Individuellement et collectivement.

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