L'heure qui fait la différence

L'administration Labeaume a décidé de réduire les heures... (Photothèque Le Soleil, Érick Labbé)

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L'administration Labeaume a décidé de réduire les heures d'ouverture des patinoires extérieures d'une heure, pour des économies de 100 000 $.

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(Québec) L'administration Labeaume a bien mal terminé l'année 2012.

La décision d'écourter les heures d'ouverture des patinoires extérieures est à sa face même incohérente et improductive.

J'ai beau retourner cette décision dans tous les sens, je n'arrive pas à trouver d'argument pouvant justifier la coupe dans ce «service essentiel».

Surtout pas celui de l'économie et du budget à équilibrer. On parle ici de 100 000 $ sur des dépenses annuelles de plus de 1,5 milliard $. Des peanuts.

Un principe veut que, dans la gestion publique, il n'y ait pas de petites économies, mais celle-là cause un dommage disproportionné. À la fois dans le service et dans l'image de la ville.

La Ville gaspille chaque année des montagnes de 100 000 $ pour des opérations et activités dont les citoyens ne voient jamais la couleur. Cette coupe dans les patinoires est bien mal choisie.

À première vue, le choix de ramener l'heure de fermeture des patinoires de 22h à 21h peut sembler anodin.

Qu'est-ce qu'une heure en moins si la patinoire reste accessible dix ou onze heures par jour?

Les jeunes familles n'en souffriront pas, c'est vrai. La décision fait cependant des victimes dans un autre groupe : les ados et les jeunes hommes. Plusieurs vont voter pour la première fois au municipal l'automne prochain.

Cette dernière heure de patinoire est souvent le seul moment où ils peuvent hausser la cadence au hockey sans risquer de blesser des plus jeunes.

Pour ceux qui travaillent, cette dernière heure peut faire la différence entre aller à la patinoire et ne pas aller à la patinoire.

Depuis son arrivée aux commandes, l'administration Labeaume a déployé beaucoup d'efforts pour promouvoir le sport en investissant dans des équipements, infrastructures et tarifications accessibles. Parfois même la gratuité.

Cela rend le choix de couper les heures de patinoires extérieures d'autant plus étonnant.

Le maire Labeaume est personnellement intervenu ces dernières années pour infirmer des décisions administratives qui auraient eu pour effet de réduire les heures ou le nombre de patinoires de quartier.

Encore l'an dernier, lors du dépôt du budget 2012, il s'était réjoui d'avoir réussi à épargner les services de proximité et avait pris pour exemple les patinoires de quartier.

On se souvient aussi de cet épisode du début de l'hiver 2009 où le maire s'était laissé attendrir par les jeunes Arnaud et Guillaume venus au conseil réclamer le maintien de leur patinoire au parc des Musiciens.

L'administration Labeaume a toujours soutenu qu'elle pouvait réduire les coûts de fonctionnement de la Ville sans toucher aux services aux citoyens.

C'est un engagement difficile à tenir et pas nécessairement souhaitable. Le niveau de services aux citoyens doit être mis dans la balance comme les autres dépenses de la Ville.

Mais à mon avis, les patinoires extérieures sont des intouchables. Elles font partie de l'ADN de cette ville.

Toutes les «tempêtes d'idées» sur les stratégies touristiques conduisent aux mêmes conclusions : mieux vendre Québec l'hiver.

Réduire l'offre de patinoires extérieures dans les quartiers ne va pas nuire au tourisme, il ne faut pas charrier, mais c'est contraire à l'esprit de développer l'hiver.

Une des spécificités de Québec est son hiver, plus long qu'à Montréal, et que dans les autres grandes villes de l'est du pays.

Il est dans notre intérêt de l'exploiter au maximum, en outre en ouvrant les patinoires dès que le climat le permet et en étirant la saison le plus loin possible.

Par les temps qui courent, Montréal n'a pas souvent été le modèle qu'on souhaitait imiter.

Mais pendant que Québec ferme désormais ses patinoires extérieures à 21h, Montréal garde les siennes jusqu'à 22h. C'est presque contre nature.

Les arguments s'additionnent.

Québec dit vouloir promouvoir la santé et la pratique du sport. Réduire les heures de patinoires va dans le sens contraire.

Québec est fière de son patrimoine. Les patinoires de quartier en font partie. Jouer au hockey le soir quand la glace craque à 20° sous zéro rappelle que nous habitons un pays où l'homme a su dompter l'hiver.

Québec veut être attrayante pour des jeunes couples et des jeunes familles. Réduire les heures de patinoire me semble aller dans le sens contraire.

J'y vois aussi un enjeu social. Aller jouer au hockey le soir ne coûte rien sinon un bâton et une paire de patins.

Je connais des jeunes qui n'ont pas joué au hockey organisé à cause des coûts d'inscription, mais qui fréquentent la patinoire de quartier le soir.

Cela commence à faire plusieurs raisons pour essayer d'offrir le maximum de ce qui est possible, plutôt que de chipoter pour 100 000 $. L'équivalent d'un soir de représentation du Moulin à images.

Il y a quand même une bonne nouvelle dans ce débat : l'hiver est jeune et il est encore temps de changer d'idée et de permettre le plaisir une heure de plus par soir.

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