La farce cachée de l'année 2012

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(Québec) 2012, c'est la guerre en Syrie. L'ouragan Sandy sur la côte est américaine. La crise en Europe. Le carnage dans une école du Connecticut.

N'importe quelle revue de l'année «sérieuse» vous le confirmera.

Il n'empêche que 2012, ce fut aussi douze mois loufoques au cours desquels les autorités iraniennes ont lancé une lutte sans merci contre... Barbie, accusée de décadence. Sans parler des scientifiques norvégiens ayant certifié que la férocité de l'ours blanc pouvait souvent être attribuée au mal de dents!

Mais ce fut d'abord une année parano. Le moment où une partie du globe est retombée en enfance, pour croire à une pseudo fin du monde.

À quelle autre époque aurait-on vu le message suivant, affiché dans un village de France : «Soirée de fin du monde, si la température le permet»?

Dans le Wyoming, la grande frousse a commencé dès le mois de janvier. Les élus locaux ont étudié un projet de loi visant à protéger leur État contre un effondrement total de l'économie et du gouvernement des États-Unis. Pour affronter cette menace apocalyptique, un comité devait examiner la possibilité pour le Wyoming de créer sa monnaie, son armée et sa flotte de guerre, notamment en faisant l'acquisition d'un porte-avions.

Au passage, un détail sans importance. Le Wyoming ne dispose pas d'un accès à la mer...

En 2012, le Québec a dû cesser de se raconter des histoires sur ses moeurs politiques.

Le printemps étudiant ressemblait à un signal d'alarme. À un indice que le nouveau n'arrive pas à naître, parce que l'ancien refuse de mourir.

Mais pendant qu'à Montréal, des manifestantes défilaient les seins nus, dans le Tennessee, des élus transformaient radicalement les cours d'éducation sexuelle à l'école secondaire.

Le nouveau programme, basé sur la chasteté, a été comparé à un cours de motoneige, donné dans le noir, au fond d'une piscine, à des étudiants équipés d'une raquette de tennis et d'un xylophone. Les organes génitaux sont rebaptisés «parties du corps passerelles». Et les parents peuvent poursuivre le professeur qui encourage ce que l'on surnomme une «activité passerelle».

Ne souriez pas. Un sénateur du Tennessee a même pu affirmer catégoriquement que les hétérosexuels ne peuvent pas contracter le VIH/Sida. Ce ne sont pas quelques millions de morts qui vont lui prouver le contraire...

Le mot de la fin appartient à une députée irlandaise, qui s'est écriée, au Parlement de Dublin :

«Les relations sexuelles sont probablement la principale cause de grossesses non désirées dans ce pays!»

Après quoi un collègue inquiet lui a demandé, à voix basse :

- Tu en connais d'autres?

Trêve de plaisanteries. Car depuis un an, le moral planétaire a connu plus de hauts et de bas qu'une paire de chaussettes dans la sécheuse.

Mais peut-être pas autant que les débats à l'hôtel de ville de Québec. Même qu'il apparaît tout indiqué de conclure avec cette blague, véritable condensé de l'année municipale, à Québec.

«Il était une fois un nouveau conseiller d'Équipe Labeaume.

Juste avant la première séance du nouvel élu au conseil municipal, le maire Régis Labeaume le reçoit dans son bureau, pour lui expliquer les règles de démocratie interne.

- C'est simple. Tu as le privilège de pouvoir prononcer deux mots tous les quatre ans. Pas plus. Pas moins.

Quatre ans plus tard, le conseiller se présente dans le bureau du maire.

«Mon ami, voici venu le moment d'exercer ton droit de parole, en prononçant deux mots», commence Régis Labeaume.

- Démocratie malade, explique l'autre.

Le maire ne réagit pas. Et l'élu retourne siéger au conseil.

Quatre années passent. Le conseiller est à nouveau conduit dans le bureau du maire.

«Exprime-toi, si tu as deux mots à me dire», lance Régis Labeaume.

- Respect insuffisant, déclare le conseiller.

Le maire ne dit rien. Et l'élu repart aussitôt.

Quatre ans s'écoulent. Le conseiller revient devant le maire. Mine de rien, cela fait 12 ans qu'il siège à l'hôtel de ville.

«Qu'as-tu à me dire?» demande Régis Labeaume.

- Je démissionne, dit le conseiller.

Le maire hausse les épaules. Il se tourne vers son directeur de cabinet. «Ça ne m'étonne pas, lance-t-il. Depuis qu'il est avec nous, il n'a fait que se plaindre.»

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