Budget de la Ville de Québec: cher mais responsable

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(Québec) M. Labeaume n'affichait pas l'enthousiasme d'un maire qui dépose le «budget le plus satisfaisant» depuis son arrivée.

L'air presque ennuyé quand on sait ce dont il est capable. Des chiffres en rafale, indigestes lorsqu'on ne les explique pas et ne les met pas en perspective.

Peut-être la baisse d'énergie d'une fin de saison. Ou l'aridité du sujet. Un budget de fonctionnement est, par nature, plus austère qu'un budget d'infrastructures plein de projets.

On ne pourra pas reprocher à l'administration Labeaume d'avoir été racoleuse en cette année électorale. Pas de cadeaux de taxes ou de tarifications. Pas de bonbons ni de clientélisme dans les services.

Au contraire. Des hausses de taxes très supérieures à l'inflation lorsqu'on inclut le rattrapage fiscal et les résidus de dettes des anciennes villes.

Le chiffre officiel d'une hausse de 1,9 % n'a de valeur que théorique. La réalité est que le fardeau fiscal de l'immense majorité des citoyens sera supérieur à l'inflation.

Pas si étonnant. Les dépenses sont aussi en hausse au-delà de l'inflation (4,4 %).

La Ville insiste que ses dépenses de fonctionnement suivent l'inflation, mais cela ne dit pas tout. Il faut ajouter les autres dépenses, comme les infrastructures payées comptant.

C'est un choix sage de payer plus d'équipements comptant. Mais cela n'efface pas les factures à payer l'an prochain.

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Ce budget 2013 montre des signes que la Ville commence à reprendre le contrôle de ce qui avait semblé lui échapper : dette, masse salariale et déficits actuariels.

Il reste beaucoup à faire, mais la volonté politique se maintient.

1. La dette.

Pour la première fois de mémoire de journaliste, Québec bouclera une année avec une dette inférieure à ce qu'elle était au début de l'année.

Vingt millions de dollars en moins. Encore peu et plutôt symbolique sur

une dette supérieure à 1,5 milliard $. Surtout que la dette repart à la hausse les années suivantes, pour ne redescendre qu'en 2016.

Le signal intéressant n'est pas l'accident de parcours de 2012, mais les projections d'endettement, en baisse par rapport aux scénarios précédents.

Cela tient aux efforts pour réduire les emprunts et accélérer le remboursement de la dette.

Cela tient aussi à des outils comptables plus précis. On inscrit dans les projections seulement les projets réalisables à court terme, plutôt que tous ceux du Programme triennal d'immobilisations (PTI).

2. La masse salariale.

Le poids de la masse salariale diminue : 39 % en 2013, contre 43 % en 2007. L'élimination de 500 emplois donne des résultats.

En chiffres bruts, la masse salariale atteint pourtant un sommet à 510 millions $, mais comme les autres dépenses grimpent davantage, la masse salariale semble peser moins lourd.

3. Les déficits actuariels.

Les régimes de retraite restent la bête noire de l'administration Labeaume.

La Ville est les syndicats ne s'entendent pas sur l'ampleur réelle de ces déficits.

À l'évidence, les derniers chiffres officiels, déficit de 517 millions en date de la fin 2010, ne tiennent plus. L'administration Labaume parle de 750 millions $, mais cela reste à démontrer.

Ce qui est certain, c'est que les rendements restent inférieurs à ceux budgétés et que les déficits se creusent.

J'ai été surpris lundi d'apprendre que Québec utilise encore des tables de mortalité périmées, ce qui a aussi pour effet d'aggraver les déficits.

Voici plusieurs années que la Ville signale cette anomalie. On aurait pu croire que la correction avait été faite. Ça ne l'a été qu'en partie. L'accord des comités de retraite patronal-syndical est nécessaire pour aller plus loin. On n'est pas sorti de l'auberge.

Le tiers des déficits actuariels (240 millions $) est hérité de l'ancienne ville de Québec. Le calendrier de remboursement initial devait courir sur quelques décennies encore.

L'administration Labeaume vient de décider d'accélérer la cadence et de l'éliminer en 15 ans.

Une bonne décision sur le plan financier et social. Cela évitera que des citoyens payent encore dans 25 ans le déficit du régime d'employés morts depuis longtemps.

Ce budget 2013 n'a rien de flamboyant et on peut trouver qu'il est encore élevé pour une ville qui dit chercher à réduire ses dépenses.

Mais je pense qu'il s'agit d'un budget juste et d'une gestion responsable.

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