Les moutons noirs

L'«élément déclencheur» de la décision de Patrick Paquet... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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L'«élément déclencheur» de la décision de Patrick Paquet a été la charge du maire contre une collègue. Il s'agirait de Francine Lortie, présidente de l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Peu importe que les moutons noirs soient partis d'eux-mêmes ou parce qu'ils sentaient la soupe chaude chez Équipe Labeaume, il fallait du courage pour faire ce qu'ils ont fait jeudi.

S'en prendre au maire Régis Labeaume en public est une aventure risquée. On sait le sort qu'il réserve à ses opposants.

Patrick Paquet et Ginette Picard-Lavoie n'auront pas la vie facile au conseil. Jean Guilbault, qui a tourné le dos à Équipe Labeaume il y a deux ans, en sait quelque chose.

Les motifs se ressemblent. Manque de respect du maire pour les points de vue divergents, l'impression de ne pas être dans le coup et de manquer d'information.

Il y ajoute ses inquiétudes sur l'endettement de la Ville.

M. Paquet a raconté jeudi comment l'effet wow s'est émoussé. Il pense toujours que M. Labeaume est un «excellent maire», mais dénonce son «attitude irrespectueuse». Mme Picard-Lavoie a confié avoir été «mal à l'aise» de voir la façon dont sont traités de bons employés de la Ville.

Lorsque M. Paquet lui a téléphoné mardi, elle était mûre.

Leur départ ne menace en rien la suprématie d'Équipe Labeaume et aura peu d'effet sur la dynamique du conseil.

Mme Picard-Lavoie dit espérer que cela marque la fin des «attaques» sur les employés.

Je salue sa candeur, mais ça n'arrivera pas. Pas avec la grève des bleus, le retour des blancs, la guerre d'usure avec les pompiers et le débat sur les déficits des régimes de retraite.

Ce départ aura cependant un effet stimulant sur l'opposition.

Après la défaite cinglante de la partielle de Charlesbourg, en novembre, les groupes d'opposition ont repris les discussions pour unir leurs efforts. La perspective de recruter deux nouveaux indépendants devrait activer les choses.

****

Pour la petite histoire, j'étais curieux de savoir à quel moment le conseiller Paquet a pris la décision de partir.

Il y a 90 jours, dit-il, au sortir d'une rencontre du caucus.

Ce jour-là, le maire s'en est pris à une collègue, présidente d'arrondissement. Il lui reprochait d'avoir mal géré une consultation publique en laissant trop de place aux opposants.

Selon M. Paquet, le maire serait revenu plusieurs fois à la charge, invitant même la conseillère à laisser sa place si elle ne pouvait faire mieux.

Ce fut «l'élément déclencheur», dit-il. Sa décision était prise. Restait à choisir le moment pour l'annoncer.

M. Paquet n'a pas identifié sa collègue, mais je comprends qu'il s'agissait de Francine Lortie, présidente de l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge.

Celle-ci confirme avoir été prise à partie «quelques fois» par le maire. «C'est assez dur», dit-elle, mais elle prend la chose avec la «philosophie» de celle qui «a vécu».

Jamais, dit-elle, ces accrochages ne lui ont fait envisager de quitter le maire Labeaume.

Si cela s'est passé comme le décrit M. Paquet, celui-ci en a donc été davantage affecté que la principale intéressée.

Difficile d'aller plus loin. Il y a une règle chez Équipe Labeaume voulant que ce qui se passe au caucus reste au caucus.

Comme pour ce qui se passe à Las Vegas, dans le vestiaire des joueurs au hockey ou dans la chaloupe à la pêche.

****

M. Paquet mesure ses mots. L'administration Labeaume n'est pas un régime de terreur reposant sur la loi du silence.

«Mais comment ne pas avoir peur de M. Labeaume?» dit-il.

En fait, c'est moins la peur de la «droite de Labeaume» que de la «gauche de M. Côté», son chef de cabinet.

Louis Côté en mène large à l'hôtel de ville. Son style peut rappeler celui d'un ancien bras droit de Robert Bourassa, Mario Bertrand, surnommé à l'époque «l'abrasif».

Si le détail vous intéresse, sachez que M. Côté est effectivement un gaucher.

Un faux gaucher, car il écrit de la main droite, pour y avoir été contraint par les religieuses à l'école.

Peut-être ceci explique-t-il cela.

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