«Montréal va devoir se réveiller», affirme Gestev

La Coupe du monde de ski de fond... (Le Soleil, Erick Labbé)

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La Coupe du monde de ski de fond s'ajoute à la liste des événements à succès au centre-ville de Québec. Une nouvelle carte postale qu'elle pourra afficher à côté de celles du ProTour (vélo), du Big Air (snowboard) ou du Red Bull Crashed Ice (descente en patins).

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Une communion parfaite entre le sport et la ville. La Coupe du monde de ski de fond s'ajoute à la liste des événements à succès au centre-ville de Québec.

Une nouvelle carte postale qu'elle pourra afficher à côté de celles du ProTour (vélo), du Big Air (snowboard) ou du Red Bull Crashed Ice (descente en patins).

Je serais porté à y ajouter les courses de canots sur le fleuve, les traîneaux à chiens sur Grande Allée et le Pentathlon des neiges sur les Plaines.

Ces compétitions n'ont bien sûr pas le même impact ni la même résonance à l'extérieur, mais elles ont en commun de faire corps avec la ville et avec l'hiver.

Des images magnifiques.

La piste enroulée autour de la fontaine de Tourny; en arrière-scène, le parlement, la porte Saint-Louis, l'édifice Price, le Château Frontenac, les clochers du Vieux-Québec et les montagnes.

En cette période creuse pour le tourisme, la Coupe Sprint Québec a même forcé la main à un hiver qui ne finissait plus par arriver. Une finale sous la neige naturelle et une première tempête 36 heures après. Un effet boule de neige.

Il n'y a pas (encore) de données fiables sur le nombre de visiteurs ou le nombre réel de spectateurs, mais le succès de foule et d'estime fut indéniable.

Un «événement signature», se réjouit le président de Gestev, Patrice Drouin, étonné par l'impact de la Coupe du monde, notamment dans les médias de Montréal.

Peut-être parce que le ski de fond est davantage grand public que le patinage extrême ou le snowboard, évalue M. Drouin.

Peut-être aussi parce que l'absence du hockey professionnel donne plus de temps et d'espace pour parler d'autre chose, convient-il.

Mais il a aimé la «mise en perspective» de la Coupe Sprint Québec dans les médias. Les liens qu'on y a faits entre la ville de Québec, le sport, l'hiver, la santé et les jeunes.

À l'évidence, la capitale inspire. «Montréal va devoir se réveiller», croit-il.

«Il y a à Montréal un besoin clair.» Et M. Drouin ne cache pas son ambition d'y débarquer. Rien de formel encore, mais des idées et une «démarche structurées», notamment auprès de la Régie des installations olympiques. Il a visité les coulisses du stade et la suite ne «tardera sans doute pas», dit-il.

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La vision de Gestev est de rechercher l'adéquation entre une ville et un événement de sport. Le plus bel exemple est le Crashed Ice, du «sur-mesure» pour Québec, évalue-t-il.

M. Drouin rappelle que Montréal était à l'époque le premier choix de Red Bull, mais il n'y avait pas trouvé de site adéquat.

Inversement, Gestev a abandonné le projet de descente de ski en parallèle au centre-ville de Québec, à cause du manque d'espace et des coûts jugés trop élevés. Le parallèle pourrait cependant convenir à Montréal, pense-t-il.

Il est relativement facile de trouver à Québec un lieu qui «s'identifie avec la ville», constate M. Drouin : cap Diamant, fleuve, Château Frontenac, parlement, etc.

C'est plus compliqué de trouver à Montréal une image signature forte qui identifie la ville d'un seul coup d'oeil. Peut-être le Stade olympique ou l'oratoire Saint-Joseph, suggère-t-il. À la rigueur le mont Royal, mais encore.

La F1 l'a cependant réussi sur l'île Notre-Dame avec la ville en fond de scène. On peut aussi penser au marathon avec un départ sur le pont Jacques-Cartier ou au ProTour, autour du mont Royal.

L'avantage comparatif de Montréal sur Québec est sa taille et ses infrastructures d'accueil, croit M. Drouin : circuit de l'île Notre-Dame, stade Saputo et Parc olympique, Ronde, parc Jean-Drapeau, parc Jarry.

Comment ancrer de nouveaux événements dans ces endroits-là? C'est le «genre de réflexion» qu'il a actuellement pour Montréal.

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Le désir de Gestev d'élargir ses horizons tient aussi à une autre réalité dont personne ne parle : le risque de «saturation» à Québec.

«On n'est pas rendu là», dit-il. Mais il «voit venir le jour où ça pourrait arriver». «Le marché a une capacité limite» et «tout ne peut pas s'arrêter à Québec».

Un risque de saturation de l'intérêt et du temps des citoyens-spectateurs. Un risque de saturation des commanditaires ou du soutien des gouvernements.

M. Drouin reconnaît s'être aussi posé la question du retour éventuel des Nordiques. «Est-ce que ça va nous affecter?»

Il en a conclu que son offre, celle d'événements gratuits ciblant des jeunes et de belles images télé, était assez «différente» pour ne pas «s'inquiéter trop trop».

Sans doute. Mais les budgets de commandite des entreprises ne sont pas plus élastiques que le temps et les dollars-loisirs des citoyens. Ou l'attention enthousiaste des médias.

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Ce qui m'a le plus frappé sur le site de la Coupe Sprint Québec en fin de semaine, outre la présence de nombreux Américains?

L'intérêt pour le très réussi monument des suffragettes, dévoilé la semaine dernière sur la pelouse du parlement. Les citoyens s'y pressaient pour entrer dans les photos de Idola Saint-Jean, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, Thérèse Casgrain et Marie-Claire Kirkland.

Un hommage aux femmes en politique. Un sport extrême quand on pense aux pionnières de l'époque. Ou quand on regarde aller Mme Marois cet automne.

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