Tout le monde le fait, fais-le donc!

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(Québec) André Boisclair est-il à ce point talentueux qu'il valait la peine de mettre le gouvernement dans un tel embarras? Bien sûr que non.

Je ne sais pas qui a conseillé à Pauline Marois de nommer M. Boisclair sous-ministre adjoint aux Relations internationales en le désignant délégué du Québec à New York, mais il ne lui a pas rendu service. Ce n'est pas parce que Stephen Harper a fait la même chose pour Lawrence Cannon à Paris et que Jean Charest a multiplié les nominations partisanes qu'il faut copier la recette. Ce genre de réponse équivaut à dire : «Tout le monde le fait, fais-le donc.» Ça n'excuse pas les mauvaises décisions. Personne n'a mis en doute les qualités professionnelles de M. Boisclair. Ce qui est en cause, c'est le signal politique que son traitement de faveur envoie aux Québécois.

Si M. Boisclair ne pouvait pas accepter le poste à New York sans le «parachute doré» de la permanence d'emploi et du régime de retraite de la Fonction publique, il fallait chercher un autre candidat. En lui accordant un traitement de faveur après avoir promis la transparence et s'être drapée du foulard blanc de l'intégrité, Mme Marois envoie un mauvais message : elle gouverne comme Jean Charest. Pour le grand public, c'est un message comparable à ceux que nous ont envoyés les universités Concordia et McGill en versant de généreuses indemnités de départ à leurs dirigeants.

«C'est indécent», a lancé mardi Françoise David en commentant le cas de M. Boisclair. Elle aurait pu ajouter que c'est stupide. Pauline Marois dirige un gouvernement minoritaire déjà menotté par les partis d'opposition et les contraintes budgétaires. Elle a absolument besoin de la confiance de la population pour mener à bien les réformes qui lui tiennent le plus à coeur. Le traitement de faveur accordé à André Boisclair vient hypothéquer cette confiance.

C'est dommage parce qu'il y a beaucoup de talent et de bonne volonté dans son équipe de députés et de ministres. Tout comme dans le cas du projet de loi 204 concernant l'amphithéâtre du maire Régis Labeaume, les élus de son équipe n'ont pas été prévenus et encore moins consultés sur le cas Boisclair. J'imagine leur déception par rapport à cette décision qu'ils devront maintenant défendre auprès de leurs commettants.

Si M. Boisclair a vraiment à coeur les intérêts de ce gouvernement, il doit mettre une croix sur son poste de sous-ministre adjoint, et se contenter d'être le délégué du Québec à New York. C'est déjà très bien.

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