Le club des amis de Zorro

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(Québec) Je sais. Personne n'a daigné vous inviter au chic club privé 357c, dans le Vieux-Montréal. Rassurez-vous, je n'insisterai pas. À quoi bon tourner le chemin de fer dans la plaie béante?

Mais je vous en prie, épargnez-moi la fausse modestie d'un Groucho Marx, qui s'écriait : «Je n'accepterais jamais d'adhérer à un club privé qui m'accepterait comme membre!»

Il suffit de rappeler aux simples mortels que le 357c, c'est un endroit bien. Le lieu parfait pour régler des affaires à l'abri des regards indiscrets. Pas le genre de place où vous risquez de croiser un ministre de l'Environnement qui ne paye pas son loyer, si vous voyez ce que je veux dire...

Juste du beau monde. Juste des gens sérieux qui comprennent la game, comme on dit.

Même que la liste de ceux qui fréquentent le club constitue une sorte de Who's Who du pouvoir politico-financier au Québec.

Est-ce le fait d'entrer au club qui donne de l'importance? Ou est-ce l'importance qui fait entrer au club? demandent les cabotins.

Impossible de répondre. Comme pour le sceptique qui débarque dans un congrès d'ésotérisme, en s'écriant : «Que tous ceux qui croient à la télékinésie veuillent bien lever ma main»!

Bien sûr, tous les habitués du 357c ne sont pas des enfants de choeur.

Mais vous connaissez la chanson. Si tu voles 100 $ dans un dépanneur, tu es un minable. Si tu détournes 1 million $ de fonds publics, tu es un caïd futé.

Nous sommes au Québec, que diable! Une société tellement riche, que même si (presque) tout le monde vole l'État depuis 20 ans, il en reste encore...

Ne nous éloignons pas du sujet. Revenons au 357c.

Car le nom du club surgit parfois aux audiences de la commission Charbonneau.

Cette semaine, par exemple, c'était au tour de l'ancienne ministre libérale, Line Beauchamp, de se retrouver sur la sellette. En 2007, Mme Beauchamp aurait déjeuné deux fois au 357c en compagnie d'une brochette d'entrepreneurs et de promoteurs immobiliers, dont plusieurs éprouvent désormais de graves ennuis avec la justice. Et comme le premier déjeuner s'est déroulé en pleine campagne électorale, il est difficile d'imaginer qu'on y ait longuement discuté de l'influence du menuet sur l'ambiance des bals masqués du XVIIIe siècle, en Nouvelle-France.

À la limite, l'ancienne ministre aurait pu s'en tirer avec une pirouette. Du genre : «Il ne faut jamais juger quelqu'un d'après ses fréquentations. Judas en avait d'excellentes, paraît-il.»

Mais Mme Beauchamp a choisi de «défendre son intégrité». Elle a soutenu qu'en 2007, rien ne permettait de douter de l'honnêteté des convives présents. Elle a même confié que les déjeuners au 357c constituaient une façon de descendre «de sa tour d'ivoire» et «de rester proche des préoccupations de gens»!

Vous avez bien lu! Madame voulait rester près des gens en allant dans un club privé! Mieux, en rencontrant secrètement des grosses légumes, dont plusieurs donnaient des milliers de dollars à la caisse électorale du Parti libéral!

Plus connecté sur les préoccupations des gens que cela, tu risques l'électrocution...

Je sais. Personne ne vous a invité au 357c. Pour vous consoler, je vous offre la blague suivante. Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées ne serait attribuable qu'à un malencontreux hasard.

«Cinq politiciens québécois purgent de longues peines de prison, reliées à la corruption. Pour s'amuser, ils se racontent encore et encore les meilleurs mensonges qu'ils ont propagés pour duper tout le monde.

Les trois compères ne veulent pas que les gardiens entendent le récit de leurs exploits. Alors ils ont donné à chaque mensonge un numéro.

29! s'écrie l'un d'eux.

Les autres se mettent à rire.

41! s'écrie un autre.

Éclat de rire généralisé.

Un jour, un autre prisonnier remarque le manège. Il décide d'entrer dans le jeu. 29! s'exclame-t-il. À sa grande surprise, personne n'éclate de rire. Les politiciens ne sourient même pas.

- Comment est-ce possible? Qu'est-ce que j'ai fait de travers? demande-t-il.

- Oh, tu sais, lui explique avec condescendance un politicien. Savoir bien raconter un mensonge, ce n'est pas donné à tout le monde.»

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