Daniel Breton: un ministre condamné

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(Québec) C'est vrai que tout le monde a le droit au pardon, comme l'a dit jeudi Pauline Marois en parlant de Daniel Breton. Mais encore faut-il dévoiler ses fautes pour le mériter, ce qu'avait négligé de faire son ex-ministre.

Il y a des règles incontournables en politique. La première est de tout révéler de son passé lorsqu'un parti politique vous fait le privilège de vous accueillir dans sa députation. Et la deuxième est de dire toute la vérité à son leader lorsqu'il vous invite à faire partie du Conseil des ministres.

M. Breton a manqué à ces deux règles élémentaires, illustrant par là un manque de jugement déconcertant. Pire encore, il a nié les faits dans un premier temps lorsque la porte-parole de Mme Marois l'a interrogé sur les allégations de La Presse. À sa face même, il n'avait pas le choix et devait remettre sa démission. Je ne sais pas si on lui a forcé la main, mais on ne l'a pas dissuadé. C'est tout dire. Pauline Marois affirme que c'est lui qui a pris l'initiative de la rencontrer jeudi matin pour remettre sa démission. C'est probablement vrai, mais je suis persuadé que c'est après avoir consulté quelqu'un de haut placé au gouvernement qu'il a pris sa décision.

En bougeant rapidement, Daniel Breton a rendu service à son gouvernement et il s'est évité le pire. S'il s'était accroché à son poste, il aurait subi un long calvaire de la part des partis d'opposition, et tout particulièrement des libéraux qui ont encore sur le coeur les accusations du PQ à leur endroit lorsqu'ils étaient au pouvoir. Il était destiné tôt ou tard à quitter son poste.

Sur le fond des choses, M. Breton n'a ému personne en faisant état, jeudi, de la précarité de sa situation financière dans le passé. Il n'a certainement pas ému les dizaines de milliers de Québécois qui vivent de l'aide sociale, qui respectent la loi et qui trouvent le moyen de payer leur loyer.

Le cas Breton soulève par ailleurs de graves questions sur les enquêtes de sécurité menées par la Sûreté du Québec sur le passé des politiciens avant qu'ils n'accèdent au cabinet. Ces enquêtes ne visent-elles que les infractions au Code criminel? Si c'est le cas, ce n'est pas suffisant. L'intérêt public commande que le premier ministre connaisse tout du passé des gens qu'il ou elle invite à occuper des fonctions ministérielles aussi importantes.

Cette démission du cabinet Marois pose des problèmes momentanés au gouvernement, mais elle le soulage d'un ministre qui était devenu le souffre-douleur de l'opposition. M. Breton était déjà controversé depuis sa visite inappropriée au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. Il devait d'ailleurs s'en expliquer devant un comité parlementaire. J'imagine que les partis d'opposition ne pousseront pas la cruauté jusqu'à maintenir cette convocation maintenant qu'il n'est plus ministre. Ce serait une perte de temps. Il a suffisamment payé ses erreurs de jugement.

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