La conversion de Réjean Parent

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(Québec) Les lobbyistes ont droit de cité dans notre système politique, mais ceux qui affirment défendre l'intérêt public me font suer. J'ai failli tomber de ma chaise, en fin de semaine, en lisant dans les journaux de Québecor la prose de l'ancien président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, reprochant au ministre des Finances, Nicolas Marceau, d'avoir déposé «un budget à la petite semaine».

Le principal reproche de M. Parent est que le gouvernement a versé dans le clientélisme pour assurer sa réélection. L'ancien syndicaliste affirme que le problème du Québec est «ce traitement à la pièce d'enjeux majeurs comme si on devait construire une maison en n'ayant qu'une partie des plans». Il donne en exemple le sommet à venir sur l'éducation, le débat sur l'avenir des régimes de retraite, les demandes d'un sommet sur la santé et «une fiscalité qu'on rapièce de budget en budget».

Je n'essaie pas d'excuser les failles du budget Marceau, parce qu'il y en a. Mais je rappelle à M. Parent, avec respect, que si le gouvernement Marois prépare un sommet sur l'éducation, c'est à cause du conflit étudiant auquel les syndicats comme le sien ont largement contribué en finançant les associations étudiantes. Je lui rappelle également que si le budget Marceau traficote la fiscalité, c'est en partie à cause du manque à gagner causé par l'abolition de la hausse des droits de scolarité que réclamaient les étudiants... et les syndicats comme le sien.

L'ancien président de la CSQ dit avoir constaté que «les Québécois et les Québécoises veulent vivre à la scandinave en payant des impôts à l'américaine ou, en d'autres mots, tout avoir en ne payant pas». Ah bon! S'il le pense vraiment, pourquoi M. Parent a-t-il appuyé les étudiants qui réclamaient la gratuité scolaire? Est-ce à dire que le «citoyen» Parent a changé d'idée depuis qu'il ne préside plus la CSQ, qu'il s'est converti?

Il faut rappeler ici que les syndicats ont donné leur appui financier à la grève des étudiants à même les cotisations de leurs membres sans les consulter. Il me répondra peut-être que la Confédération des syndicats nationaux, qui représente les journalistes dont je suis, a également appuyé le conflit étudiant. C'est vrai, et je n'ai jamais été consulté sur cette utilisation de mes cotisations syndicales.

Avant de reprocher au gouvernement d'agir à la pièce, M. Parent devrait nous expliquer ce manque de démocratie de la part des syndicats. Il devrait aussi admettre que leur comportement pendant le conflit étudiant a contribué à la mise en place d'un climat de crise qui a forcé et qui force encore les politiciens à agir à la pièce.

Puisqu'on parle de lobby, celui de l'ASSE va de surprise en surprise. L'Association pour une solidarité syndicale étudiante, de laquelle était née la CLASSE, demande au gouvernement de reporter ses rencontres préparatoires sous prétexte que les étudiants ont besoin de temps pour mieux s'y préparer. Il me semble que ce groupe a eu assez de temps pour se faire une idée, d'autant plus qu'il a déjà lancé un site Web démontrant la viabilité de sa proposition. L'ASSE menace encore de claquer la porte à ce sommet si on n'y traite pas de gratuité scolaire et de financement des universités. Elle prévoit même une manifestation afin de mettre de la pression sur le gouvernement. Bref, l'ASSE se comporte comme un groupe qui veut dicter son point de vue et qui prépare la guerre si elle n'a pas gain de cause. Je vois mal, dans les circonstances, pourquoi on tenterait de l'accommoder dans un sommet qui cherche à bâtir un consensus.

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