L'opposition loin du compte

Le résultat de dimanche n'est sûrement pas un... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le résultat de dimanche n'est sûrement pas un jugement sur la valeur des candidats Vincent Dufresne et Marie-France Painchaud (avec Yvon Bussière sur la photo).

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Il n'y aura même pas eu de suspense. Dès les premières boîtes de scrutin, le candidat d'Équipe Labeaume s'est enfui avec une avance insurmontable.

Au final, plus de 64 % des voix pour Vincent Dufresne. C'est moins que les 84 % d'Équipe Labeaume à l'élection générale de 2009. Mais cela reste convaincant.

Les forces d'opposition voudront sans doute se consoler à l'idée d'avoir plus que doublé leur score dans St-Rodrigue : 36 % dimanche soir, contre 16 % en 2009.

Elles restent cependant loin du compte si elles veulent ouvrir une brèche dans la forteresse du maire au conseil. On mesure de mieux en mieux l'ampleur de ce qui l'attend l'opposition au cours des douze prochains mois.

Le taux de participation anémique, à moins de 20 %, n'est rien pour arranger les choses.

Il est difficile de mobiliser les citoyens dans une ville où le sentiment général est que l'air est sain et que les choses vont bien.

Québec autrement dira avec raison que le pari de St-Rodrigue était ambitieux. Probablement impossible, compte tenu des résultats de 2009 et des taux de satisfaction maintenus depuis par le maire Labeaume.

Dans ce contexte, tout progrès électoral peut être perçu comme encourageant. Sauf que l'écart reste si grand qu'on ne peut pas parler de victoire morale.

Québec autrement n'aura même pas l'excuse ou l'explication d'une division du vote d'opposition. Le parti d'Anne Guérette n'a pas présenté de candidat et même en attribuant à Québec Autrement les 13 % des deux indépendants, cela n'aurait pas suffi.

Un rappel que l'opposition ne pourra se permettre aucune dispersion si elle veut avoir la moindre chance d'élire des conseillers l'an prochain.

Il aurait été plus facile pour Québec autrement de percer dans un quartier plus près du centre-ville ou en haute ville. Le terreau y est plus propice pour les idées de gauche et la dissidence.

C'est pourquoi il serait hasardeux d'extrapoler sur la seule base du résultat de dimanche.

À son premier test électoral, Québec autrement n'a pas eu le luxe de choisir son champ de bataille.

Lorsque la partielle a été déclenchée dans St-Rodrigue, le parti de David Lemelin n'avait pas le choix d'y être s'il voulait se poser en opposition crédible.

Déçu du résultat? Nécessairement. «Mais nous étions réalistes», dit-il. «Pas de lunettes roses, ni de scénario hollywoodien. On savait à qui on a affaire, un adversaire coriace... Déçu, mais pas abattu.»

Québec autrement avait dans cette partielle plus à gagner qu'Équipe Labeaume. Mais aussi plus à perdre.

Plus à gagner parce ce que le nouveau parti avait la possibilité d'entrer à l'hôtel de ville et d'y devenir l'opposition officielle.

Cela aurait signifié un statut reconnu et de meilleurs budgets de recherche, ce qui n'est pas inutile à un an de la générale.

«À défaut d'être l'opposition officielle, nous sommes officiellement l'opposition», se résigne David Lemelin.

Plus à perdre aussi parce que Québec autrement avait, quoi qu'il en dise aujourd'hui, mis la barre haute dans cette partielle en lui donnant un caractère référendaire : souhaitez-vous avoir une opposition mieux organisée à l'hôtel de ville?

Dans le contexte de la commission Charbonneau et des débats qui occupent actuellement le Québec, la réponse est troublante. Québec autrement reste convaincu que le «besoin d'opposition est sincère». «C'est vital si on ne veut pas ressembler à une ville comme Laval», plaide M. Lemelin. Reste à en convaincre les citoyens.

Équipe Labeaume aurait pour sa part préféré faire l'économie de cette élection partielle, ce qui baissait d'entrée de jeu les attentes. Le ministre des Affaires municipales en a décidé autrement.

J'ai du mal à penser que le résultat de dimanche soit un jugement sur la valeur des candidats Vincent Dufresne et Marie-France Painchaud.

Dans une ville où le maire occupe autant l'espace public, il suffit de se placer derrière la locomotive pour être aspiré dans le sillage. Cela ajoute aux aptitudes et mérites personnels du candidat.

M. Dufresne aura aussi obtenu plus de visibilité média que son adversaire de Québec autrement.

Pas nécessairement pour les raisons qu'il aurait voulues. Sauf que la controverse sur son inscription tardive au registre des lobbyistes aura contribué à le faire connaître.

À l'évidence, les citoyens n'ont pas trouvé que cela posait de problème éthique. Comme ils n'ont pas vu de problème au fait que M. Dufresne conserve provisoirement son emploi à l'Hôtel Pur.

Il est un courant en politique voulant que la meilleure protection contre les dérapages et la corruption dans les administrations publiques, c'est la transparence et les contrepoids au pouvoir en place.

Il y a là un beau sujet de réflexion pour la prochaine année.

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