Cela n'a rien à voir avec la personne de Charles-Eugène Bergeron ni avec les valeurs et les idées de son parti.
Cela a à voir avec les mathématiques : pour avoir la moindre chance contre la machine du maire Régis Labeaume, les forces d'opposition ne doivent pas diviser leur vote.
Le chef de Québec autrement, David Lemelin, l'a tout de suite compris. Depuis son entrée en scène, il s'est consacré à essayer d'unir l'opposition. Il a d'ailleurs réussi à rallier l'ancien Parti vert.
La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, s'est pour sa part obstinée à croire qu'elle peut gagner à elle seule.
Elle a refusé les mains tendues et ignoré les conseils des amis qui l'invitaient à se joindre à Québec autrement.
Si c'était au moins pour les bonnes raisons. Mais on a perçu qu'elle agissait davantage par ego que pour protéger des valeurs ou les idées propres à son parti.
On ne connaît pas encore le programme définitif de Québec autrement, mais on peut déjà affirmer qu'il n'y a pas de différences pouvant justifier l'existence de deux partis d'opposition distincts.
Ils ont en outre en commun de vouloir resserrer les finances et restaurer une culture de la consultation et du respect.
Le parti de M. Lemelin prépare de façon méthodique les élections générales de l'an prochain. Il compte sur un noyau de vieux militants de gauche, auxquels se sont greffés des plus jeunes qui brassent les idées et les traditions.
Pendant ce temps, Démocratie Québec a projeté une image brouillonne et erratique, peinant même à garder du personnel autour de la chef.
Cela a culminé avec une convention désespérée lancée dans Internet et le renvoi quelques jours plus tard du candidat choisi.
Mme Guérette a tendance à s'emporter et à avoir du mal à suivre son propre plan de match.
On lui reconnaît l'énorme mérite d'oser tenir tête à l'administration Labeaume et de proposer parfois des pistes utiles au débat.
Mais elle n'a pas montré que son parti pouvait devenir une option sérieuse et crédible.
L'épisode raté de la partielle de Saint-Rodrigue est certainement une bonne occasion pour Mme Guérette de réfléchir à l'avenir du parti qu'elle cherche à constituer.
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Pour Québec autrement, cela fait donc deux bonnes nouvelles de suite.
D'abord le débat sur l'éthique et sur la disponibilité du candidat d'Équipe Labeaume, Vincent Dufresne, qui prévoit demeurer directeur général de son hôtel, même s'il est élu. Puis ce retrait du candidat de Mme Guérette.
Québec autrement n'aura donc pas à se battre pour s'imposer comme la force d'opposition à Québec. Toute son énergie pourra maintenant être déployée contre Équipe Labeaume. Cela ne veut bien sûr pas dire que c'est gagné.
Charlesbourg n'a pas l'instinct rebelle et militant des quartiers du centre-ville. L'appui au maire Labeaume y est très élevé.
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Les citoyens souhaitent-ils plus d'opposition à l'hôtel de ville de Québec? C'est à mon avis le seul véritable enjeu de la partielle de Saint-Rodrigue.
C'est aussi la carte que joue Québec autrement.
L'élection d'une nouvelle conseillère d'opposition ne changera rien aux résultats des votes du conseil ni à la dynamique des débats.
Le maire va rester le maire, M. Bussières va rester M. Bussières et Mme Guérette de même. Pour le meilleur et pour le pire.
En faisant élire sa candidate Marie-France Painchaud aux côtés de M. Bussières, Québec autrement deviendrait cependant l'opposition officielle. Le parti profiterait alors de budgets de recherche accrus. Sans doute pas assez pour changer le cours des choses, mais il faut bien commencer quelque part.
Il est dans l'intérêt de la démocratie d'avoir une opposition consistante et structurée. Pas pour bloquer les projets, mais pour faire valoir d'autres arguments.
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À ceux qui s'inquiéteraient du retrait du candidat de Démocratie Québec, on peut rappeler ceci : la véritable démocratie n'est pas d'avoir le choix entre un grand nombre de candidats, mais d'avoir un vrai choix entre des visions différentes et crédibles.
Ce sera le cas avec l'émergence de Québec autrement, tant pour la partielle de Saint-Rodrigue le 18 novembre que pour les générales de l'an prochain.