«Je sais très bien que le sommet que souhaite la première ministre doit se dérouler dans un climat paisible, favorable à de saines discussions. Il devra y avoir des suites à ce sommet et des consensus devront en émerger. Nous savons tous deux que je n'ai pas le droit à l'échec [...] Il faut démontrer à des groupes qui carburent au rejet de l'autre depuis des mois - alimentés par un gouvernement libéral qui nourrissait cette division pour favoriser sa réélection - que nous sommes condamnés à s'entendre. Vaste chantier.»
Les attentes de Pauline Marois sont élevées : elle ne veut pas de chicanes. Pierre Duchesne doit organiser un sommet où les participants tenteront vraiment de s'entendre, au lieu de se quereller devant les caméras. Dans un monde politique dominé par les lobbies, ce n'est pas un vaste chantier, c'est une «mission impossible».
Déjà, dans le secret des réunions du ministre avec les participants à ce sommet, l'enjeu financier devient de plus en plus évident, et complexe.
Deux questions se posent :
1. Le gouvernement Marois tiendra-t-il sa promesse de compenser intégralement les universités en ce qui a trait au manque à gagner causé par l'annulation de la hausse des droits de scolarité? Et pour combien de temps?
2. Le gouvernement sera-t-il en mesure de couvrir totalement les frais subis par les institutions d'enseignement à cause de la crise étudiante du printemps dernier?
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La réponse à la première question est complexe. Pauline Marois s'est engagée publiquement à compenser les universités pour l'année en cours, pour un total évalué à 42 millions $. Les recteurs ont obtenu l'assurance, cette semaine, du bureau de Pierre Duchesne, que cet engagement serait respecté.
C'est à plus long terme que ça devient moins clair. Le cadre financier du Parti québécois, présenté le 24 août, prévoyait que cette compensation atteindrait 150 millions $ par année en 2016-2017. Mais si on se fie au budget Bachand, c'est à 216 millions $ que s'établira à terme le manque à gagner des universités, un écart de 66 millions $. Ce n'est pas un écart énorme, mais ce n'est pas tout. En contrepartie à la contribution des étudiants, le gouvernement Charest s'était engagé à hausser de 300 millions $ sa contribution annuelle aux universités, d'ici 2016-2017.
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La réponse à la deuxième question devra attendre l'évaluation en cours des frais supplémentaires subis par les institutions d'enseignement à cause du conflit étudiant. On parle notamment des salaires versés aux enseignants pour la reprise des cours perdus. De plus, au bureau de Pierre Duchesne, on fait valoir que le «printemps érable» a causé des dépenses imprévues ailleurs, notamment à la police de Montréal et à la Sûreté du Québec. Une fois qu'on aura fait le total, l'addition sera salée.
C'est dans ce contexte budgétaire serré que devra manoeuvrer Pierre Duchesne. Si le gouvernement n'avait que l'éducation à financer, la partie serait plus facile, mais il a d'autres promesses à respecter. Et je ne vous ai même pas parlé des étudiants qui réclament la gratuité...
Le ministre n'a pas droit à l'échec? Sa police d'assurance, c'est que le gouvernement au complet n'a pas droit à l'échec dans ce dossier.