L'histoire est truffée de cas où le choix des délégués a donné lieu à du maquignonnage pas très démocratique. Généralement, la clé de la victoire passe par la vente du plus grand nombre possible de cartes de membre pour «paqueter» la salle qui élira ces délégués. Dans le cas du PLQ, ils sont 24 par circonscription.
Raymond Bachand demande que l'on change cette façon de faire qui comporte un vice démocratique : le candidat qui a vendu le plus de cartes de membre dans une circonscription donnée parvient généralement à y faire élire tous les délégués. Avec comme résultat qu'à l'étape du congrès, les militants qui auraient préféré quelqu'un d'autre ne sont pas représentés dans le choix du chef.
La proposition de Bachand est simple : il suggère qu'au moment de choisir les délégués dans les circonscriptions, les membres se prononcent d'abord sur la course à la direction. À titre d'exemple, si Pierre Moreau obtenait 33 % des voix dans une circonscription, il aurait droit au tiers des délégués de cette même circonscription. En conséquence, les candidats à la direction auraient déjà leur ratio de délégués à leur arrivée au congrès du Parti. Dans le secret de l'isoloir, ces délégués pourraient voter pour qui ils veulent, mais la course serait plus démocratique.
Raymond Bachand n'aura probablement pas gain de cause avec sa proposition si ses adversaires ont l'assurance d'avoir déjà plus d'appuis que lui chez les membres. Mais il aura soulevé un bon point chez ceux, parmi les militants, qui aimeraient voir un changement de culture au PLQ.
Au suivant!
Décidément, la vie n'est pas facile pour les procureurs en chef de nos commissions d'enquête. En mai 2010, la commission Bastarache avait perdu son joueur du centre, Me Pierre Cimon, avant même le début de ses audiences publiques. Cette semaine, c'est la commission Charbonneau qui perd les services de Me Sylvain Lussier. Dans les deux cas, ils ont été victimes d'apparence de conflit d'intérêts.
Pierre Cimon avait fait des contributions variant entre 250 $ et 500 $ au Parti libéral, entre 2002 et 2007. Des contributions légales et modestes par rapport au maximum annuel de 3000 $ autorisé à l'époque par la loi. La critique péquiste Véronique Hivon avait tout de même exigé qu'il se récuse. «Je ne suis pas pratiquant, mais je donne chaque année à la fabrique parce que l'Église est une institution importante, avait rétorqué Me Cimon. Cela ne veut pas dire que je suis d'accord avec Mgr Ouellet.» Il avait néanmoins tiré sa révérence.
La situation de Sylvain Lussier était plus délicate. En 2008, il a représenté la firme Asphalte Desjardins, qui a fait mardi l'objet d'une perquisition des policiers de l'escouade Marteau. De plus, sa firme d'avocats est impliquée dans le Plan Nord. Me Lussier sait ce qui s'en vient à la commission Charbonneau. Aurait-il constaté que certaines révélations à venir pourraient le mettre dans l'embarras? Pas nécessairement. Mais compte tenu du climat de suspicion qui règne autour de la construction et des politiciens depuis quelques années, il lui fallait être plus blanc que blanc, même sur le plan des apparences. Il pourra dorénavant sympathiser avec les politiciens qui se feront griller devant ses anciens collègues de la commission Charbonneau, ne serait-ce que sur le plan des apparences...