Amphithéâtre de Québec: ce sera «l'Igloo»

L'architecte derrière l'amphithéâtre, François Moreau... (Le Soleil, Yan Doublet)

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L'architecte derrière l'amphithéâtre, François Moreau

Le Soleil, Yan Doublet

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Vers un nouveau Colisée

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Vers un nouveau Colisée

Un groupe de gens d'affaires veut doter Québec d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pouvant accueillir tant des matchs sportifs que des spectacles. Le projet a ses partisans comme ses détracteurs. »

(Québec) Réglons d'abord la question du nom. Il en faudra bien un si on veut s'approprier cet amphithéâtre.

Déjà plusieurs idées sur la table. Le Spoutnik, la soucoupe volante. D'autres qui volent moins haut, le détecteur à fumée, la caisse populaire.

Ma suggestion? L'Igloo. Ça fait déjà vu, mais ça m'est venu spontanément en découvrant les illustrations.

Je m'en suis d'abord amusé. Québec avait dit s'inspirer de Pittsburgh pour son nouvel amphithéâtre. Elle avait omis de préciser que c'est le vieux Mellon Arena, surnommé «l'Igloo», qui lui servait de modèle.

Mais le nom s'est ensuite imposé. Sa forme arrondie, l'évocation des blocs qu'on empile, les fenêtres dont le mouvement rappelle la neige poussée par le vent.

L'architecte François Moreau n'a pas utilisé le mot igloo pour décrire son concept, mais il semble qu'il a tout fait pour qu'on y pense.

Lorsque je l'ai questionné jeudi matin, j'ai vu qu'il trouverait plaisir à ce que son amphithéâtre devienne «l'Igloo».

En plus, le nom est «disponible», maintenant que Pittsburgh a démoli le sien. Et je ne vous parle pas de la bière qu'on y fera couler.

Ce sera donc l'Igloo.

En attendant que Québecor en fasse prosaïquement un Colisée Vidéotron ou un Centre QMI.

Si j'ai aimé? Oui, j'ai aimé.

Pas de surprise sur «l'expérience» qu'on espère créer à l'intérieur. On savait déjà pour les coursives ouvertes, le grand hall vitré, l'angle des gradins, le son de qualité, les vues sur la ville et sur les montagnes.

Il restait à découvrir l'enveloppe extérieure. C'est toujours un risque avec les amphithéâtres. J'en ai vu plusieurs que j'ai trouvé laids ou inintéressants. Parfois les deux.

Des murs aveugles, des accès hostiles pour les piétons, des stades plantés au milieu d'un océan de stationnements au bout d'une autoroute.

Celui de Québec sera beaucoup mieux : sa proximité avec le centre-ville, ses transparences, son architecture typée inspirée par l'hiver, sa place publique.

Je n'irais pas jusqu'à dire, comme le maire Labeaume, que l'amphithéâtre n'aurait pas pu être construit ailleurs, mais il est vrai qu'il sied bien à Québec.

J'ai aimé ce que j'ai vu jeudi, même si je crois qu'on n'a pas pris encore toute la mesure de ce que pourrait être l'apparence extérieure de l'Igloo.

L'architecte parle de la lumière mouvante du soleil sur les parois d'acier ou d'aluminium. J'imagine aussi ce qu'on pourrait en faire la nuit en y projetant des couleurs et du mouvement.

J'aime l'idée de projections ou de diffusions en direct sur l'écran géant de la façade les soirs de match ou de concert.

Un moyen de «démocratiser» l'amphithéâtre et d'y attirer aussi ceux et celles qui n'auront pas les moyens de se payer le billet pour entrer.

Parlant de place publique, j'ai sursauté en attendant les chiffres d'affluence possible sur la scène extérieure attenante : 80 000 à 120 000 personnes. C'est plus que sur les Plaines.

Il n'y a pas encore de scène ni d'artiste dessus qu'on gonfle déjà les assistances. On pourrait se garder une petite gêne.

Le contrat d'excavation et de pose de pieux est sorti 12 % plus bas que les estimations de la Ville.

Le beau temps et l'absence de pluie permettent des économies de chantier.

Les retards et les dépassements de coût provoqués par le changement de lieu ont rapidement été rattrapés.

Au fur et à mesure, les «économies» sont intégrées au budget et «libèrent» de l'argent pour des imprévus ou des extras qu'on voudra se payer plus tard.

Bref, ça semble bien se passer. On touche du bois. On finira bien par en mettre quelque part.

Le maire était enthousiaste. «Le rêve devient réalité.» «Nous livrons la marchandise.» «Une nouvelle icône pour Québec.»

On vient à peine de commencer à creuser et déjà les grands mots. Qu'est-ce qu'on va trouver à dire le jour où on livrera pour vrai?

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