Ça fait pitié, leur affaire. Plus ça va, plus la situation s'envenime. Pour atteindre le comble du ridicule lors du match du lundi soir, alors que les Seahawks de Seattle ont eu le dessus sur les Packers de Green Bay sur le dernier jeu de la rencontre. Jeu sur lequel à peu près tout le monde sur la planète a vu Golden Tate, des Seahawks, causer de l'obstruction sur Sam Shields, des Packers, avant de s'emparer du ballon en même temps que M.D. Jennings.
D'ailleurs, dans un communiqué publié en fin d'avant-midi, mardi, les dirigeants de la NFL ont admis qu'il aurait bel et bien dû y avoir pénalité sur la séquence. C'est bien beau l'admettre 12 heures plus tard, mais ça ne change rien au résultat. Tout à coup, Green Bay, un des favoris pour se rendre jusqu'au bout, a une fiche de 1-2. D'ailleurs, la principale raison pour expliquer tous ces résultats bizarres depuis le début du calendrier régulier, c'est la présence d'arbitres de remplacement.
Il faut tout de suite préciser que l'on n'en veut pas nécessairement à toutes ces gentilles personnes (on ne peut pas dire messieurs parce qu'il y a une madame dans le lot). C'est juste qu'ils ont été placés dans une situation qui dépasse leurs compétences. Déjà que les arbitres réguliers ne sont pas parfaits eux non plus, le sport ayant changé de visage au cours des dernières années pour devenir plus rapide et, surtout, plus violent.
Et c'est ce qui fait peur. Est-ce que l'on attend de voir un joueur gravement blessé avant de reconnaître que les zèbres qui tentent de conserver le contrôle des matchs sont incapables de le faire? Plus le calendrier régulier avance, plus les incidents se multiplient. Sentant l'impuissance des arbitres de remplacement à maintenir un certain niveau de discipline, plusieurs joueurs s'en donnent à coeur joie. Un peu comme dans la Ligue nationale de hockey, le respect d'autrui vient très bas dans leur liste de priorités.
Les coups salauds sont devenus monnaie courante, les bagarres aussi. Quand on en est rendu à voir les bancs se vider ou presque... Même les commentateurs les plus friands du jeu rude comme Jon Gruden, Tony Siragusa, Terry Bradshaw et Howie Long n'en peuvent plus. Le plus conservateur des duos, Al Michaels et Cris Collinsworth (Sunday Night Football), n'en peut plus non plus. Fallait les entendre maugréer pendant le match Ravens-Patriots, dimanche soir.
On est en voie de causer un tort irréparable, du moins pour cette saison, dans la NFL. Tout ça pour une question de principes. Pour des peccadilles lorsque l'on prend en considération la machine à imprimer de l'argent qu'est cette ligue. Les arbitres et Roger Goodell se coltaillent pour quelque chose qui représente entre quatre et six millions de dollars par saison. Incroyable lorsque l'on sait que la NFL génère des sommes qui frôlent les 10 milliards de dollars annuellement. On ne rentrera pas dans les pourcentages de hausses salariales offertes ni sur les questions de fonds de pension à prestations déterminées contre à cotisations déterminées. Ça nous passe 10 verges au-dessus de la tête.
Tout ce que l'on veut, c'est le retour à la normale. Parce que dans le moment, c'est tout croche. À peu près toutes les chroniques écrites par les spécialistes au cours des dernières heures commencent de la même façon : assez, c'est assez! Et voilà que nul autre que le président Barack Obama réclame sur son compte Twitter que l'on trouve une façon de mettre fin au conflit, ce qui est pour le moins révélateur. Vous savez, quand le ridicule tue...