Pauline Marois minoritaire et menottée

Partager

(Québec) Pauline Marois a gagné son pari : elle deviendra la première femme à occuper le poste de premier ministre du Québec. Mais sa victoire est trop faible pour engager le Québec sur la voie des changements promis pendant cette campagne électorale. Elle sera menottée par les partis d'opposition qui seront à l'affût de toutes les occasions pour la bloquer à l'Assemblée nationale. Et plus encore, elle ne sera pas en mesure d'exercer les pressions qu'elle comptait faire porter sur le gouvernement Harper pour obtenir la juridiction sur l'assurance emploi et la culture.

La gouvernance souverainiste n'ira pas très loin. Finalement, avec une si courte victoire, il ne sera certainement pas question pour son gouvernement de déclencher un référendum sur la souveraineté du Québec. Les péquistes seront tentés de faire du maraudage chez les élus de la CAQ, mais ils sont trop fragiles pour en débaucher plusieurs.

Jean Charest a perdu son pari. Le déclenchement de cette campagne électorale en pleine période estivale après le conflit étudiant n'a pas sauvé son gouvernement. Mais le chef libéral sort néanmoins la tête haute de ces élections parce qu'il a évité le balayage que ses adversaires lui prédisaient. Le PLQ demeure l'opposition officielle et il pourra compter sur un caucus suffisamment nombreux pour s'atteler à la reconstruction.

François Legault a perdu son pari en terme de sièges à l'Assemblée nationale, mais il a fait des gains substantiels en allant chercher l'appui de plus du quart des électeurs du Québec. C'est énorme pour une aussi jeune formation politique qui ne disposait pas du budget et des machines électorales bien rodées du PQ et du PLQ. Plus encore, M. Legault aura la balance du pouvoir. Cela pourrait lui donner une influence considérable s'il est capable d'ouvrir un dialogue avec ses anciens amis péquistes, ce qui ne sera pas facile compte tenu de l'animosité de Pauline Marois à son endroit.

Victoire de Françoise David

Françoise David a gagné son pari. Québec solidaire demeure un tout petit parti avec seulement deux députés et des moyens modestes, mais son influence sur la politique québécoise sera beaucoup plus grande avec la présence de Mme David sur la colline parlementaire. Cette victoire de Mme David dans Gouin contre Nicolas Girard, une vedette du PQ, mettra beaucoup de pression sur le gouvernement Marois et sur le Parti québécois, qui demeure menacé sur sa gauche.

Jean-Martin Aussant a perdu son pari, mais il a fait une bonne campagne en compagnie de plusieurs candidats de valeur. Impossible de savoir ce qu'il adviendra de ce politicien de talent que le PQ n'aurait jamais dû se permettre de perdre.

Les Québécois ont gagné leur pari. Insatisfaits du gouvernement Charest, peu emballés par Pauline Marois, et méfiants devant le manque d'expérience de l'équipe de François Legault, ils ont joué de prudence. Ils ont élu un gouvernement péquiste sous haute surveillance, ils ont confié l'opposition officielle à une équipe libérale expérimentée, et ils ont donné à la CAQ suffisamment de députés pour bâtir un parti politique crédible. Dernier point et non le moindre, ils ont renforcé la conscience sociale du monde politique au Salon bleu, en y invitant Françoise David qui saura bien, avec Amir Khadir, donner la réplique aux tenants de la droite.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer