Au village sympathique

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(Québec) L'événement J'ai ma pelle a été en proportion de l'énergie et de l'attention publique consacrées depuis trois ans au projet d'amphithéâtre : rassembleur et démesuré.

Un succès de foule et de visibilité, comme le furent la Marche Bleue, la campagne de J'ai ma place, les offensives de partisans dans les stades de la Ligue nationale de hockey.

Cela atteste encore une fois du large appui populaire et de l'enthousiasme pour le projet et pour le rêve qui le sous-tend.

Il est inusité, pour ne pas dire inédit, de voir une telle mobilisation pour un rituel de première pelletée de terre habituellement réservé à quelques élus et dignitaires.

Le tout-Québec sur le chantier, comme si l'avenir collectif en dépendait. J'imagine mal qu'un chantier, aussi gros et important soit-il, puisse attirer autant d'attention dans une vraie grande ville. C'est notre côté «village sympathique».

Il y a bien sûr un effet d'amplification attribuable aux médias privés comme CHOI Radio X et la famille Québecor, qui en ont fait un événement de promotion maison. Mais cela va au-delà des intérêts privés d'entreprise.

Il y a là un symbole et un exorcisme collectif. Les Nordiques sont partis (entre autres raisons) à cause de l'absence d'un amphithéâtre moderne. Ce chantier rend désormais un retour possible.

Québec continue ainsi de tourner la page sur l'époque des échecs, des divisions et de la morosité de la décennie 1995-2007.

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Le gouvernement Charest a appuyé dès le départ le projet de nouvel amphithéâtre et haussé sa mise lorsqu'il est apparu que le fédéral n'y participerait pas.

Le Parti québécois a aussi soutenu le projet en prenant l'initiative de la loi 204, avec les conséquences que l'on sait sur l'unité du Parti.

Pas étonnant que Jean Charest et Pauline Marois aient tenu, en cette veille d'élection, à être de la cérémonie «apolitique» de J'ai ma pelle.

D'autant plus que le Parti libéral et le Parti québécois sont au coeur de la lutte pour les deux ou trois circonscriptions de la région dont le résultat semble encore incertain : Jean-Lesage, Jean-Talon et Louis-Hébert.

M. Charest dit croire que l'issue de l'élection d'aujourd'hui se jouera à Québec. Pour l'avenir et l'image du Parti libéral peut-être, si les seuls sièges à majorité francophone qu'il devait conserver devaient être ceux de Québec.

Mais l'évidence du nombre est plutôt que l'issue de l'élection se jouera dans le 450, autour de Montréal.

L'autre exagération de M. Charest est celle voulant que pour favoriser le retour des Nordiques en bleu, il faudrait voter rouge. Faut pas charrier.

Il est probable que la LNH puisse préférer des environnements stables sur le plan économique. Probable aussi qu'un référendum commandé par le PQ puisse créer de l'incertitude, voire des turbulences.

Mais on pourrait aussi imaginer l'argument contraire. Une ville qui deviendrait la capitale d'un pays attirerait des ambassades, peut-être des sièges sociaux, certainement une activité touristique et économique accrue.

Ce qui voudrait dire un marché potentiel supplémentaire pour aller applaudir les bleus.

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On s'était inquiété un moment des conséquences sur la démocratie d'une campagne électorale en plein été pendant que les électeurs sont en vacances.

Ne risquait-on pas d'amplifier le cynisme et l'indifférence des citoyens? Déjà que les taux de participation aux élections ont tendance à décliner.

On fera les analyses savantes au lendemain du vote, mais à première vue, ce fut exactement le contraire de ce qu'on appréhendait. Un intérêt électoral qu'on n'avait pas senti depuis longtemps et des taux de participation inégalés au vote par anticipation.

Cela tient sans doute aux luttes serrées et au suspens qui se sera maintenu jusqu'au dernier jour.

Le gouvernement sera-t-il ou pas majoritaire? Qui formera l'opposition officielle? Qui détiendra la balance du pouvoir?

Mais peut-être peut-on aussi conclure déjà que l'été n'est pas un si mauvais moment pour déclencher des élections.

Les déplacements sont plus faciles et moins hasardeux qu'en hiver; les citoyens, moins bousculés par les horaires et contraintes familiales.

Il y a surtout une grande «disponibilité» des médias, moins accaparés par les activités habituelles : Ottawa, villes, hockey, saison des spectacles, etc.

Imaginez le luxe pour la région de Québec. Une campagne pendant que le maire Régis Labeaume est en vacances. Tout le temps et l'espace média qui s'ouvrent pour les candidats et les débats d'idées.

Avec l'accès Internet accessible sur toutes les plates-formes incluant les téléphones, l'argument de l'absence des électeurs ne tient plus.

Je n'ai entendu personne se plaindre de ne pouvoir voter faute d'avoir entendu les arguments et programmes des partis.

À la réflexion, la fin août est une excellente saison pour une campagne électorale. J'ai même le goût de voter pour les élections à date fixe. En été.

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J'ai aimé la coïncidence. Lundi soir, la finale des Chefs! dans la cuisine de Radio-Canada. Ce soir, celle des autres chefs dans sa salle des nouvelles.

La première dédiée à la gastronomie; la seconde, bien souvent, à la poutine.

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