Le NPD acceptait depuis toujours la présence de commanditaires syndicaux lors de ses congrès, continuant cette vieille habitude il y a un an encore, à Vancouver, malgré une interdiction claire de la loi.
Le Parti a d'abord tenté de jouer sur les mots, puis sur sa bonne foi, mais Élections Canada a jugé que cette présence n'avait aucune valeur commerciale.
Pour avoir vu leurs bannières, leurs dépliants et leurs tables de travail sur les lieux mêmes du congrès, je peux attester que les centrales présentes n'étaient pas là pour assurer leur publicité.
Les délégués et les journalistes n'ont rien appris là qu'ils ne savaient déjà.
Coût pour le NPD: 344 468$ à rembourser à 15 organisations amies du Parti.
Du côté libéral, le CRTC, responsable des «télécommunications non sollicitées», a jugé que l'équipe du candidat libéral Frank Valeriote, dans la circonscription de Guelph, avait violé les règlements sur les appels automatisés. Coût pour le PLC: une amende de 4900$.
Vous devez cependant savoir que les deux partis visés ont décidé de collaborer aux enquêtes sur leurs activités et de prendre les mesures nécessaires pour que ces infractions ne se reproduisent plus.
À trois semaines de la rentrée parlementaire, voilà du bonbon pour les démagogues conservateurs d'arrière-ban, et tant pis pour les gens de bonne volonté.
Car en même temps, des documents légaux révèlent que le nombre de plaintes contre des appels automatisés a doublé ces derniers mois.
Élections Canada a maintenant reçu 1394 plaintes, soit le double du chiffre enregistré le printemps dernier. Deux cent trente-quatre des 308 circonscriptions du pays auraient eu droit à ce traitement.
Si les deux autres partis ont admis leurs torts, les conservateurs, eux, nient tout avec l'énergie du désespoir, forçant même la Gendarmerie royale du Canada à se mettre à la chasse, en vain jusqu'ici, au fameux Pierre Poutine et à ses téléphones jetables. L'enquête suit son cours, selon l'expression consacrée.
Deux partis ont admis leurs responsabilités, pas le troisième. Mais ce dernier sort gagnant de l'exercice, car, c'est vrai, il n'a été ni jugé, ni condamné.
Comme quoi, en politique, la mauvaise foi et l'attaque permanente peuvent rapporter gros. Les conservateurs auront beau jeu, à la rentrée, de renvoyer les accusations de malversations à leurs auteurs libéraux et néo-démocrates.
Et hop, l'assurance emploi
Un référendum d'initiative populaire sur le rapatriement de l'assurance emploi au Québec?
Même pas besoin, expliquait hier le politicologue d'obédience conservatrice Tom Flanagan dans The Globe and Mail.
En fait, selon lui, le gouvernement Harper devrait se réjouir de cette demande et profiter de l'occasion pour se libérer de ce volet de l'État-providence centralisateur échafaudé par les gouvernements libéraux.
La générosité du professeur Flanagan n'a évidemment rien à voir avec la construction d'un État national québécois, aurez-vous compris derechef.
Pour lui, il s'agit simplement de constater l'existence de marchés du travail aux particularités diverses selon les régions du pays, d'où la nécessité de réponses tout aussi diverses.
Il a aussi raison lorsqu'il se porte à la défense du fédéralisme asymétrique: personne ne perd le sommeil, hors Québec, à cause de l'existence d'un régime de retraite distinct.
Sa chronique oublie toutefois de préciser qui comblera le manque à gagner d'environ 1 milliard$ par année si le Québec se retirait.
Regardons donc du côté des cotisants, entreprises et salariés, qui alimentent la caisse.