Le Parti québécois (PQ) voulait rappeler que c'est sous son gouvernement que l'immeuble a été bâti et que s'est amorcée la relance du centre-ville de Québec.
Symbolique aussi parce que voisin du siège de l'Université du Québec bâti à la même époque et que la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault se propose d'abolir.
Cela donnait à Pauline Marois le prétexte pour revenir sur le «manque d'ambition» de la CAQ pour Québec. Abolir le siège de l'Université du Québec «coûtera plus cher», prévient-elle, comme pour les commissions scolaires et les agences de santé.
La CAQ «joue dans les structures», mais il faudra bien que l'ouvrage se fasse quand même, plaide Mme Marois.
Après les libéraux cette semaine, le PQ a dévoilé vendredi son plan régional. La CAQ suivra la semaine prochaine.
L'exercice est devenu une sorte de passage obligé. À mon souvenir, seuls les conservateurs ont sauté un tour il y a quelques années.
Une plate-forme régionale permet de mesurer les connaissances d'un parti. Là s'arrête son utilité.
On ne gagne pas d'élections avec des engagements ou des enjeux locaux. Je doute même qu'on y gagne ou y perde des députés.
Ça se joue ailleurs. Sur les enjeux nationaux, sur la tête des chefs, dans la lassitude ou l'écoeurement des citoyens, dans l'air du temps, le désir de changer, même si on ne sait pas toujours ce qui peut en résulter.
Il est fréquent que des plates-formes régionales se ressemblent, car les partis essayent d'y consigner des projets ou visions qui font déjà consensus.
Hormis la promesse concernant la promenade Samuel-De Champlain et l'évocation du rêve olympique par Jean Charest, le Parti libéral (PLQ) s'en est tenu à la «liste d'épicerie» du maire Labeaume
Le Parti québécois n'y fait pas de référence explicite. Il parle plutôt d'orientations et d'objectifs. Sur le fond, pas de différences significatives. Ni avec le maire, ni avec le PLQ.
C'est finalement assez rassurant.
Une des explications du succès de Québec ces dernières années fut la cohésion de ses acteurs, de ses institutions et de ses projets. Ça ne semble pas menacé si le PQ prend le pouvoir.
Le seul élément où le PQ se démarque, c'est dans l'intention d'acheter du fédéral le manège militaire pourle restaurer.
C'est aussi le seul élément de programme que l'on sait à l'avance que le PQ sera incapable de livrer.
On peut bien s'impatienter devant la lenteur du fédéral par rapport au manège militaire. Comme devant sa lenteur à repeindre le pont de Québec.
Mais penser que le fédéral acceptera de payer la reconstruction du manège pour le céder ensuite à un gouvernement du PQ est complètement farfelu.
Je suis certain que le PQ n'y croit pas une seconde non plus. Son calcul est plus probablement qu'il n'est jamais mauvais d'entretenir quelques litiges avec Ottawa.
Je me suis toujours étonné du peu d'insistance que le PQ mettait à préciser sa vision de Québec capitale éventuelle d'un État indépendant.
J'aurais cru qu'il y avait là quelques arguments économiques et de rayonnement international que le PQ voudrait faire valoir dans une région qui le boude.
Ça viendra peut-être si référendum il y a un jour. En attendant, la réponse de Mme Marois sur les ambassades reste générale et sur le pilote automatique.
Le PQ préfère miser sur un argument local moins controversé: le lieu de naissance de Pauline Marois.
Le dernier premier ministre du Québec né à Québec fut Louis-Alexandre Taschereau (1920-1936), a rappelé Agnès Maltais.
Et le dernier à être élu dans la région fut Jean Lesage (1960-1966).
Ça vaut ce que ça vaut. Mais à voir les sondages des derniers jours, il faudra plus qu'un baptistaire de la bonne adresse pour ramener la région de Québec au PQ.